dimanche, mars 25, 2007

Je vous ai laissés voila maintenant… un bon bout de temps. Alors essayons de profiter du fait que ce soir, mes collocs ne soient pas là pour voir si on arrivera à quelque chose.

Je ne m’attarderai pas ici sur ma vie professionnelle, car vous comprendrez aisément qu’étant données les importantes responsabilités qui sont les miennes ainsi que les enjeux financiers qui se cachent derrière ces importants projets dont j’ai la charge, je ne me puis m’aventurer à en parler au risque de laisser passer inconsciemment quelques informations confidentielles qui compromettraient la pérennité du groupe. Ainsi à part des événements insignifiants, comme la dernière fois quand j’ai vu le patron de la boite échanger une valise avec un monsieur qui portait des lunettes de soleil, il n’y a pas grand chose à rapporter.

En ce qui concerne ma vie “civile” celle qui n’est pas soumise aux pressions de la mondialisation et du capitalisme à outrance, l’événement le plus important de ces dernières semaines, ou tout du moins, celui qui risque d’avoir les conséquences les plus visibles, c’est sans doute cette lettre que nous avons reçue. Dans la série “Les bons plans d’Arnaud, on les aime tellement qu’on en redemande”, nous avons appris que notre maison allait être mise en vente (pour ceux qui ont du mal à lire entre les lignes, ca veut dire “vous avez de grandes chances de vous faire dégager a grands coup de pieds dans le cul bande de jeunes branleurs parasites !”). Bon alors forcément, je suis monté sur mes grands chevaux en menaçant d’appeler les syndicats afin que les trains se mettent en grève mais malheureusement, ça ne marche pas comme ça ici. Donc du coup, un samedi, au moins 30 personnes ont visité la maison pendant l’heure d’inspection “ouverte” du week-end. Je n’étais pas là mais mes collocs y étaient. Ils ont essayé de décourager tous les visiteurs un par un. D’après ce que j’ai compris, mon colloc a passé son temps à fumer des clopes en disant aux gens que les avions et les gens bourrés du quartier, c’était vraiment invivable afin qu’ils se disent « Non mais ce n’est pas possible, je ne peux pas élever mes enfants ici ». Tout ceci fut vain et, le marché immobilier étant tellement saturé à Sydney, la maison fut achetée le lundi, malgré le fait que chaque visiteur n'y soit pas resté plus de 3 minutes. Alors il nous restait un espoir : c’est un investisseur qui a acheté la maison et il nous laissera y vivre. L’agent immobilier l'a vite brisé en nous disant qu’elle pensait que c’était un particulier. Nous attendons donc la lettre qui nous apprendra que nous avons 30 jours pour dégager fissa.

A part ça, comme je vous l’ai dit, mes collocs, Isabelle et Felipe sont venus à Sydney à la mi-février. Outre le fait que ce fut un bonheur de les revoir (je dis ça parce que je crois qu’ils lisent ce que j’écris parfois, alors faut les flatter un peu), j’en ai profité, avec Isabelle (qui est arrivée avant Felipe) pour visiter un peu plus Sydney. Vous m’excuserez, mais malgré votre soif de culture, je passerai sur la description des musées et des quartiers pour m’arrêter sur le cinéma en plein air. En effet, il y a un mois, se déroulait le cinéma en plein air de Sydney sponsorisé par une grande banque australienne. Isabelle et moi avions décidé d’y aller et avons appelé, un samedi, le service de réservation téléphonique pour avoir une place pour le dimanche soir. Isabelle est tombée sur un répondeur qui disait en gros « désolé les cocos, mais comme vous le savez probablement parce que vous en profitez, c’est le week-end et on ne bosse pas !». Bon je dis ça, mais c’est quand même plus simple de faire du shopping le weekend en Australie qu’en France. Abattus par cette nouvelle terrible nous avons décidé de ne pas nous démonter et sommes allés sur place pour voir si on ne pouvait pas réserver directement là bas. A l’entrée, se trouvait une longue queue et aucun guichet. Nous avons donc demandé à un agent de sécurité si nous ne pouvions pas réserver sur place. La réponse fut sans appel « Euh… Vous êtes bien gentil mais ce soir c’est le dernier jour, et en plus on vient de le rajouter, ce n’était pas prévu. Alors bon il reste toujours des places pour les gens qui se pointent, mais là vu la queue, je pense que vous pouvez rentrer chez vous ». Nous comprenions mieux pourquoi le répondeur téléphonique nous avait rembarrés et avons néanmoins décidé d’attendre, une personne du staff nous ayant promis que même si on se faisait gicler à la fin, l’attente ne durerait pas plus d’une heure. Ainsi, sans savoir pour quel film nous attendions, nous avons décidé de faire la queue comme un bon australien (un bon australien fait tout le temps la queue, même en attendant le bus – ce qui est assez marrant, ça fait une rangée de gens s’étalant sur 100 mètres sans que rien, à part un poteau, n’indique la raison de cette disposition intrigante). Et bien nous avons réussi à passer. Quelque mètre plus loin, nous attendait un tapis rouge bordé de caméras et de journalistes. Alors je ne sais pas lequel d’entre vous je dois maudire pour avoir prévenu la presse australienne de ma venue à Sydney, mais je l’ai très mal pris. Heureusement, j’avais dans ma poche un sac poubelle dans lequel j’ai enfouie ma tête et j’ai réussi à traverser le tapis rouge sans trop d’encombre. Arrivé devant le guichet (et oui, malgré les caméras et la pub que ça leur faisait, ces connards m’ont fait payer) j’ai vu l’affiche du film que l’on allait voir : Rocky Balboa, l’aboutissement de plus de 100 ans de cinéma.

L’endroit était génial. L’écran était couché à l’horizontale sur l’eau et nous avions en toile de fond la « city » de Sydney (les grattes ciels etc.), l’opéra et le pont. Une fois la nuit tombée, la musique de Rocky a été diffusée à fond et l’écran s’est dressé magistralement sous les applaudissements et les cris enthousiastes des spectateurs. Une personne est alors montée sur l’estrade et nous a expliqué que, comme nous le savions déjà (savoir quoi connard, on est arrivé là par hasard !) c’était une soirée exceptionnelle et que d’ailleurs la vente de billets avait battu un record avec 1200 tickets vendus en 27 minutes. Mais sans plus attendre, il allait désormais laisser la place à la personne que nous attendions tant (Sarkozy ici ???)… Sylveter Stallone ! Alors tout d’abord, je me suis senti coupable d’avoir éclipsé son arrivée par ma présence, mais je me suis ensuite réconforté en me disant que c’était la faute de l’un d’entre vous. La pseudo-star a malgré tout fait entrée. Arborant une coiffure du meilleur goût Sylvester nous a servi un speach très émouvant d’au moins 30 secondes (un voyage US-Australie en première classe pour 30 secondes, avouez que c’est la classe) que voici traduit pour vous, amis français : « Euh…Coucou, c’est moi… Euh… vous ne me croirez pas mais j’adore ma coupe de cheveux… Euh… Alors merci pour votre accueil… Euh, j’adore Sydney, c’est vraiment une ville que j’aime bien… Euh, parce que c’est bien Sydney quand même… Euh ça fait longtemps que je ne suis pas venu ici… Euh… Sinon, le film que vous allez voir, euh… c’est vraiment un film que j’aime bien… Euh… Parce que c’est un bon film Euh… Merci… Au revoir… ». Réponse de la foule « OUAIS !!! T’ES TROP GENIAL, j’adore tes cheveux, demain je vais chez le coiffeur et je me fais la même coupe ! OUAIS ! ».

Les cheveux de Sylvester. Photo piquée sur un autre site. Malheureusment je n'ai pas réussi à trouver de photo avec l'écran et la vue.

Bon le passage émouvant, c’était son retour à Sydney, vu que les lendemain et surlendemain, il faisait la une des journaux, non pas pour ses qualités oratoires, mais pour s’être fait chopper à l’aéroport avec plein de stéroïdes et pour avoir été surpris par la police en train de jeter des trucs par la fenêtre de sa chambre d’hôtel alors que la police venait juste dire bonjour. Alors forcément, quand il dit qu’il aime la ville et qu’il n’y était pas venu depuis longtemps, se dire qu’il n’y reviendra jamais parce qu’il est en procès, ça fait un petit pincement au cœur.

Donc bref, avec Isabelle ça nous faisait marrer de s’être incrusté en tenu de touriste dans une soirée prisée « événement » sans le savoir. A part ça, le film était à la hauteur de mon espérance. En gros, Rocky est vieux mais sympa et il ne se remet pas de la mort de sa chère et tendre. Un jour, au ¾ du film, un gars vient le voir et lui dis « tu veux pas te battre contre un jeune très fort ? ». Ce à quoi il répond « Bah ouais pourquoi pas, ça me sortirait de mon train-train ». Après il se retrouve sur un ring pour le grand combat. Alors bon, vu son grand âge il ne gagne pas mais arrive quand même à foutre de grosses patates à l’autre, et surtout, il ne se fait pas mettre KO, donc du coup c’est lui le vrai vainqueur et l’Amérique vit le plus beau jour de sa vie. Enfin malgré tout, l’ambiance était carrément bien, le fait d’être en plein air avec le superbe paysage derrière encourageait les gens à hurler et applaudir à chaque passage « second degré ».

Sinon, autre événement de cette période auquel a été la plus grande vague d’immigration que l’Australie n’ait jamais connue. Immigration d’un nouveau genre, puisqu’il s’agissait de l’immigration massive de personnes âgées avec l’arrivée le même jour du Queen Elisabeth 2 et du Queen Mary 2. Bon alors, moi, en bon touriste ravi de voir la fierté de la construction navale française arriver à Sydney, j’avais prévu le coup et était arrivé le matin au bureau avec mon appareil photo afin d’aller y faire un tour après le boulot. Le QM2 était arrivé le matin, mais le QE2 n’arrivait qu’à 18H, et visiblement, je n’avais pas imaginé l’ampleur de l’événement.

Là, quelque chose me disait que j'étais sur le bon chemin pour voir le QM2

Bon l'histoire de rajouter une photo, j'en ai de plus près mais c'est peut être moins impressionant parce que tout ne rentre pas dans le cadre

Sur les bords du port de Sydney, des milliers de personnes attendaient avec impatience l’arrivée du second navire. En plus de ça des dizaines de bateaux de particuliers s’étaient déployés dans le port (j’attendais avec impatience que l’un se fasse broyer par le QE2 mais ce n’est pas arrivé) et 13 hélicoptères peuplaient le ciel. C’était un événement « historique » : les deux plus gros bateaux de croisière britanniques, « les deux reines » comme ils les appellent, se rencontraient pour la première fois, et c’était à Sydney. Le QE2 a fait son entrée dans le port, précédé d’un autre bateau projetant dans l’air des gerbes d’eau, le tout sous les acclamations de la foule émerveillée. Une fois à hauteur du QM2, qui était trop gros pour pouvoir amarrer là où les bateaux de croisières « normaux » le font, le QE2 a « klaxonné » (je sais ce n’est pas le bon terme, on m’a proposé comme j’y avais pensé « sonner la corne de brume » mais je n’ai pas trouvé ça terrible non plus), ce qui en tant que gros bruit fort et désagréable a provoqué les applaudissements des spectateurs.

L'arrivée du QE2 dans le port de Sydney

Une fois la nuit tombée, comme si ça ne suffisait pas, un feu d’artifice à été tiré. Le lendemain, c’est limite si les australiens ne demandaient pas la démission du ministre des transports à cause des embouteillages que ce cirque avait provoqué, et le ministre s’est excusé en disant qu’ils avaient sous-évalué, comme moi (mais moi je ne suis ni ministre des transports ni australien), l’ampleur de l’événement.

Et hop ! un petit créneau pour se garer sur Circular Quay, facile

Et alors que je rentrais chez moi, les chauves souris de Sydney, elles, se réveillaient

A part ça, la vie se déroule tranquilement, mais tout de même plus intense qu'à Brisbane. Mon problème principal étant que je ne peux plus me lever à 13H. Un des grands avantages de Sydney sur Brisbane (mis à part l'intérêt de la ville et de sa population), c'est la proximité immédiate de la plage. D'ailleurs, comme j'ai entendu dire que ça c'était refroidi chez vous (et bah oui, le réchauffement climatique ça se mérite et ce n'est pas en prenant les transports en commun ni en ratifiant le protocole de Kyoto que vous allez vous payer le luxe d'avoir des Hiver à 20°) je vais pour terminer vous mettre quelques photos de Bondi Beach où nous avons été ce week-end l'Histoire de décompresser de l'épouvantable stress de la vie professionnelle climatisée (mais surtout aussi pour se remettre de la soirée de la veille où un espagnol avait la facheuse tendance d'offrir des shots de tequila à tout le monde - en plus des autres boissons. Ce fut d'ailleurs une soirée très rentable). Bondi Beach, c'est LA plage emblême de Sydney. Donc en gros ça veut dire, surtout des touristes et des surfers qui se la pètent. Bon alors en plus il y a un skate park avec à côté une scène où des groupes de punk américain... euh non pardon.. australien ont l'extrême amabilité de nous faire partager leur mélodieuses compositions.

Bondi Beach avec des surfers qui "attendent LA vague". Le surf est finalement un sport de patience où l'attente doit représenter 98% de l'activité.

Une des piscine d'eau salée de Bondi Beach pour ne pas être déranger par les vagues (et les requins aussi)


Donc voila, ça suffira pour aujourd'hui. Au prochain épisode, soit ce qu'il s'est passé ce dernier mois, soit directement ce qui ce sera passé du 5 au 9 avril car je pars à Melbourne avec deux françaises en VIE à Sydney pour le weekend de Pâques.