samedi, octobre 28, 2006

Grand Jeu Concours : l’enquête de la semaine

La femme de ménage : «Qui a dormi dans la nouvelle chambre ??»

Nous : « Aucune idée »

La femme de ménage : « et où est la housse de couette ? Elle a disparu ! »

Nous : « Aucune idée »

La femme de ménage ferma donc rageusement la porte de la chambre à clé et s’en alla en ronchonnant.

Qui avait donc pu dormir dans cette chambre, et qui plus est, voler sans le moindre remord la merveilleuse housse de couette de ce qui était sans doute le seul lieu propre de la maison (un endroit sacré en gros) ? Un nouveau mystère s’était donc abattu sur la paisible maison du 23 Longlands St (envoyez vos dons) qui possède néanmoins de grosses enceintes et un gros ampli.

Nous nous sommes donc réunis le soir même pour discuter de ces événements troublants et commencer à prendre des dispositions afin que ceci ne se reproduise plus (vous savez comment c’est, ça commence par une housse de couette et ça fini par un Ipod). Seulement, impossible de comprendre comment cette disparition avait pu avoir lieu. En effet, ayant à nous 7 regroupé 6 neurones, nous restions bloqué à :

- Oui mais si c’est quelqu’un de l’extérieur (sachant que c’est toujours open chez nous, sauf le soir où j’ai fait mes acrobaties de salle de bain) il n’aurait pas piqué qu’une housse de couette, on a plein de trucs plus chers partout.

- Ouais, c’est vrai…

Après 20 minutes à se torturer la méninge, le mystère restait entier.

Je ne voyais plus qu’une seule solution : prendre mon courage à deux mains et descendre dans les bas fonds lugubres de notre demeure où se terre dans sa grotte caverneuse notre inquiétant norvégien non communiquant, je veux bien sûr parler de ce cher Hakon.

Hakon était assis dans un canapé en bas, son ordinateur posé sur les genoux, un casque sur les oreilles, le regard dans le vide. J’ai alors compris pourquoi nous n’avions pas d’oiseaux au rez de chaussée : nous avions un épouvantail (Gaëlle-Anne, ceci est une variante de la blague sur les pièges à lions que tu avais, me semble-t-il, beaucoup appréciée).

Je l’ai néanmoins sorti de son état végétatif, non sans le faire sursauter (il n’a pas l’habitude que des gens lui parlent) et lui ai donc demandé en craignant une réaction ultra-violente de sa part, s’il savait ce qu’était devenue la pauvre petite housse de couette. Son visage se décomposa :

- Euh, Euh… Oh…. Euh… Hm… It’s quite embarrasing…

- ???

- Euh, Euh… Oh…. Euh… Hm… I had to borrow it

- Ah ok, but just think to put it back

- Euh, Euh… Oh…. Euh… Hm… I put it back yesterday

- Ok, but that’s strange, the maid came today and she said the bed sheet was missing.

- Euh, Euh… Oh…. Euh… Hm… Mine was dirty, so I borrowed it

Bien que n’ayant pas répondu à mon interrogation concernant la chronologie des événements, Hakon a néanmoins soulevé le deuxième et plus important mystère de la journée : Qu’a donc t-il fait avec sa housse de couette et qui soit « embarrassing » et « dirty » ?

Nous n’avons pas non plus réussi à résoudre ce mystère (mais peut-être n’avons-nous pas voulu le résoudre) et c’est pour ça, amis lecteurs, que je me tourne vers vous. Postez vos solutions en commentaire et gagnez un morceau de la housse de couette d’Hakon !

-----------

A part ça, et plus sérieusement, Mila, notre colloc Singapourienne nous a quittés mercredi. Je vous passe les détails, mais en gros ça commence à puer la fin. En ce qui me concerne, j’ai semble-t-il une piste sérieuse pour un stage à Sydney, mais mes chances de revenir à Noël semblent très compromises. Plus d’infos mercredi (j’ai un entretien téléphonique).

Bon bah vous l'aviez deviné, c'est Mila sur la photo.

mardi, octobre 24, 2006

Un cadeau, pour vous...

jeudi, octobre 19, 2006

Series noires

Il y a certains moments où l’on est surpris par l’accumulation et la fréquence d’événements imprévisibles et agaçants. Ce genre d’accumulation qui vous amène au bord de la dépression nerveuse car on se dit que, décidément, Dieu existe et qu’il veut se venger du fait qu’on ne croit pas en lui. Et puis bien sûr ces petits trucs irritants arrivent au moment le moins opportun.

Et bien sachez que le dernier week-end fut un festival de malchance. Déjà, commençons par planter le décor afin de conférer relief et poésie à ce récit féerique. J’avais 3 « assignments » (ce que nous traduirons vulgairement par devoir ou dossier) à rendre, ce qui signifiait beaucoup, beaucoup de travail, sachant qu’il fallait également que je refasse mon CV anglais pour l’envoyer à quelqu’un à qui je l’avais promis pour lundi.

Bon, je dis que le week-end était atroce mais comprenez tout de même que mon week-end commence le jeudi. Et tout commença jeudi. J’avais cours de 17 à 20 heures, mais avais rendez-vous avec mes amis chinois à 16 heures. Je passais donc ma matinée et début d’après midi à travailler sur mon projet de base de données quant tout à coup une coupure de courant se produisit.

Rien de bien inquiétant me direz-vous. C’est ce que nous pensions. Bien sûr, nous connaissions l’existence du disjoncteur et allâmes vérifier que tous les fusibles étaient correctement positionnés. Ce qui était le cas. Nous conclûmes donc qu’il s’agissait d’une coupure générale. Cependant, amis lecteurs, vous me connaissez et savez pertinemment qu’une hypothèse basée sur du vent ne peut suffire à satisfaire mon esprit cartésien. J’enfilai ma paire de Converses qui ne ressemble plus trop à rien et partis à l’aventure, faire le tour du voisinage à l’affût de la moindre lumière ou preuve indiquant la présence d’électricité dans le quartier. Je n’eus pas à chercher bien loin. Le magasin qui vend des salles de bain et des toilettes et qui est situé à deux maisons de chez nous était tout éclairé. Cette découverte me remplit d’émoi et mon esprit semblait devenir fou «Comment se fait-il que ce magasin peut continuer à mettre en valeur ses magnifiques cabinets et leur conférer cet aspect imposant et magistral grâce à un éclairage judicieusement adapté alors que moi, je ne peux pas aller sur Internet et trouver les informations nécessaires à la parfaite réussite de mon dossier et que bientôt, mon ordi n’aura plus de batterie ».

Après de longues heures de débat, nous conclûmes que c’était très certainement le propriétaire (notre ennemi de toujours que nous ne connaissons pas) et qui avait très certainement oublié de payer l’électricité. En effet, pensâmes-nous, que pouvaient donc être toutes ces lettres qui arrivaient au nom du propriétaire et qui ressemblaient aux genre d’enveloppes qui contiennent des factures. Et puis d’ailleurs, n’avions-nous pas décidé d’ouvrir la dernière en date ? Et qu’indiquait-elle ? Et bien que le proprio n’avait pas payé le gaz ! Nous étions dans une rage totale. Felipe qui devait partir à Darwin le soir hésitait même à rester pour combattre avec nous l’agresseur arrogant. Tout comme la Corée du Nord, nous étions bien décidés à ne pas nous laisser imposer cet embargo énergétique.

Notre réponse fut donc à la mesure de l’agression : nous appelâmes l’agence de location. Tina, la manageuse de notre somptueuse villa, décrocha. Nous lui expliquâmes notre énervement et notre haine de la société et lui dîmes que nous étions prêts brûler la maison si rien n’était fait dans les plus brefs délais. Paralysée par la peur, elle nous déclara qu’elle allait appeler la compagnie d’électricité et qu’elle nous rappellerait dans les plus brefs délais, ce qu’elle ne fit évidemment pas. Malheureusement, j’avais rendez-vous avec mes amis chinois et ne puis aider mes colocataires à préparer notre révolution.

Arrivé à mon rendez-vous, je décidai d’allumer mon ordinateur afin d’expliquer les difficultés que je rencontrais dans l’avancement de mon travail. Cependant, mon ordinateur ne démarra pas. Tout ce qu’il se passa fut cet étrange bruit émanant du disque dur au moment de l’affichage du sublime écran Windows : RRRR RRR RRR. Et puis boum ! Il redémarrait. Bon normalement mon cher ordinateur me faisait ça une fois par semaine mais il finissait toujours par démarrer au bout de la 20e ou 30e tentative. Pas cette fois. Je dû donc quitter mes camarades sans que ce rendez-vous ne me soit d’une quelconque utilité (leur partie du travail était beaucoup plus compliquée que la mienne et j’étais donc parfaitement inutile dans les débats).

Rentré à la maison, l’électricité n’était pas de retour. Nous avons essayé de rappeler la voluptueuse Tina, mais celle-ci ne décrochait pas. Sans doute avait-elle toujours à l’esprit nos déclarations agressives et intimidantes formulées lors du précédant coup de fil. La nuit approchait (il était bientôt 6 heures !) et bientôt nous nous retrouverions dans le noir, sans bougie ni rien. Nous décidâmes donc d’appeler le numéro d’urgence, celui spécifié dans le contrat si on est en galère en dehors des heures d’ouverture de l’agence. La chose qui nous a beaucoup fait rire fut le message d’accueil : « Bonjour, bon alors on vous prévient tout de suite, si on envoie quelqu’un chez vous, ça sera 200$ la demie heure, enfin tarif dégressif quand même, on est sympa ». Bon, nous avons tout de même décidé d’appeler et nous disant que de toute façon Tina n’avait pas rappelé et que c’était notre seule solution de récupérer l’électricité (l’idée de passer une soirée sans musique nous terrifiait). La personne que nous avons eue au bout du fil, après avoir vérifié qu’il n’y avait aucun problème auprès de la compagnie d’électricité, nous dit qu’elle serait là dans l’heure. Nous raccrochâmes, forts satisfaits de nous même. C’est alors que la sulfureuse Tina nous rappela : « Pas de panique j’arrive ! ». Nous ne lui avions pas dit au téléphone que nous avions appelé le numéro d’urgence, nous voulions, comme au théâtre, un dénouement avec tous les personnage dans la même salle.

Après avoir dégagé les 4 grosses poubelles qui bloquaient l’entrée de notre jardin pendant que nous observions la scène en rigolant, Tina fit son entrée au volant de sa BMW. Je descendis l’accueillir et elle sortit de sa voiture avec son oreillette bluetooth, l’air grave. Me demandant ce qu’elle venait foutre ici car je ne la voyais équipée ni d’un casque-torche, ni d’un voltmètre, je lui dis qu’on avait déjà regardé le disjoncteur et que tout allait bien. Son visage se défit alors mais elle décida tout de même de le constater par elle-même, ce qu’elle fit dans la seconde. On lui expliqua alors, parce qu’il le fallait et parce qu’on voulait voir sa réaction, qu’on avait appelé le numéro d’urgence.

Tina comprit. 200$ la demie heure (mais tarif dégressif). Tina paniqua :

- « Mais peut-être que le propriétaire voulait appeler quelqu’un d’autre ! ».

- « Euh, on vous a appelé, on n’a pas eu de nouvelles. On a donc suivi les instructions spécifiées dans le contrat ».

- « … »

C’était très drôle.

- « Vous avez le numéro de portable de la personne que vous avez appelée ? »

- « Oui, le voici »

Entre Tina et l’électricien :

- « Vous êtes où ? »

- « Oh, pas loin, je suis là dans 15 min ! »

- « Ah… A tout à l’heure alors… »

On jubilait.

Enfin ceci dit, on a bien fait d’appeler ce numéro. Le problème se situait en fait sur le poteau à l’extérieur. Le fusible situé à 3 mètres du sol sur le poteau était mort. L’électricien a dû l’attaquer avec une sorte de longue perche. Il l’a changé. Ca remarchait. Il nous a alors annoncé que ça n’allait pas durer longtemps. On a cru qu'il déconnait. Il nous a expliqué :

- « L’installation sur le poteau est complètement foutue, ça va recramer très bientôt. N’utilisez pas le four. Si ça déconne encore appelez ce numéro ».

Mais il est revenu quelques minutes plus tard en nous disant qu’il avait appelé la compagnie pour signaler le problème et que de nouvelles personnes allaient débarquer pour changer tout ça dans la même soirée et qu’ils allaient sûrement nous recouper le courant. Effectivement, 1 heure plus tard, vers 20h30, un camion grue a débarqué devant chez nous, a déplacé les voitures qui gênaient l’accès au poteau et nous a changé l’installation. Bon ça n’a pas duré longtemps, 15 minutes pas plus, mais c’était quand même marrant.

Le lendemain, je me suis donc levé tôt pour rattraper le boulot que je n’avais pas pu faire la veille. Seulement, mon ordinateur ne démarrait toujours pas.

--- Attention passage Geek---

J’ai donc tenté de le remettre en marche et ai essayé la merveilleuse fonction « fixboot » offerte par le CD d’installation de Windows. Et ben, ça a tout empiré. Mon ordi ne reconnaissait même plus la partition de Windows. Enfin il la voyait, mais disait qu’elle était en FAT32 alors que c’était du NTFS, et ne repérait pas qu’une version de Windows était déjà installée. Mes compétences en informatique ne me permettant pas de résoudre ce problème, j’ai dû formater et ai par conséquent perdu toutes mes données. Ce qui impliquait automatiquement que je devais refaire tout le travail que j’avais déjà fait. Comme si je n’avais que ça à faire, très franchement. Ma journée fût donc consacrée à la remise en marche de mon ordi, tout en sachant que mon disque dur était endommagé et que ça allait redéconner un jour. Je me disais cependant que je n’avais que deux jours pour rendre mes travaux et qu’il devrait tenir le coup. En milieu d’après midi, quand l’ordi semblait à peu près en état de marche, je me décidai alors à installer ce logiciel dont j’avais besoin pour rendre un de mes travaux. Malheureusement, ce logiciel nécessitait que le Service Pack 2 de Windows soit installé pour fonctionner : 3 nouvelles heures de téléchargement et d’installation. Une nouvelle journée était passée.

--- Fin du passage Geek, je m’excuse pour la gêne occasionnée ---

Dépité et démoralisé, je me décidai à sortir le soir avec mes collocs en me disant que j’avais bien mérité de sortir m’amuser un peu après toutes ces merdes. En effet, Sarah, une amie australienne de Felipe complètement givrée et très rigolote est passée à la maison avec son amie Mel. Son copain venait de la demander en mariage et elle était bien décidée à fêter ça. La soirée fut très sympathique, cependant, Thorsten ne se souvient pas de tout.

Le lendemain, réveil à 9 heures. Installation du fameux logiciel : 2 heures. Ma journée fut très studieuse. J’ai fini mon premier assignment que je devais rendre pour le jour même, samedi. Je suis allé à la fac et ai rendu mon truc. Bon c’est toujours pour le même cours avec les australiens de 40 ans. A chaque fois je fais des trucs tout pourris pour ce cours. A chaque fois je choppe la moyenne. C’est tout ce dont j’ai besoin, de toute façon ce cours me gave. Un de mes compères chinois m’a également appelé. On devait se retrouver le lendemain avec tout le groupe pour se répartir les tâches qu’il restait à faire. Je lui ai dit que j’étais dans l’impossibilité d’endosser plus de travail. Je lui ai décrit, certes plus brièvement, ce que je viens de vous raconter, et on a conclu que je ne viendrai pas à la réunion du lendemain. En plus, il est dans un autre de mes cours pour lesquels j’avais aussi un truc à rendre pour lundi, et on a convenu qu’on se répartirait le travail. Il ferait la troisième partie. Je ferai les deux premières. Je les avais déjà presque finies (enfin j’avais perdu les données, mais je m’en souvenais à peu près), j’étais soulagé. Je me suis par conséquent autorisé une petite soirée sur la terrasse.

Dimanche, j’ai encore rebossé toute la journée. J’avançais pas mal. Quand, cette fois, c’est internet qui nous a lâché. Je n’y croyais pas. Electricité, ordi, et maintenant internet. Etait-ce une caméra cachée ? En plus j’exécutais, habilement je dois bien le dire, une tâche nécessitant des recherches très poussées sur Internet. Impossible donc de continuer. J’ai tout de même pris soin d’avertir mes camarades chinois que mon internet était HS et que donc je ne pourrais pas les joindre. Grand bien m’en a pris puisque quand la connexion s’est remise en marche vers minuit, j’ai découvert cet email où l’un d’entre eux appelait à l’aide car il ne s’en sortait pas avec son boulot. J’ai pu ignorer ce mail. J’ai fini ma soirée vers 3 heures, mon CV refait et envoyé.

Lundi, je devais retrouver pour la dernière fois mon groupe de travail pour rendre le dossier. Je suis donc arrivé au rendez-vous une demie heure en retard. En effet, je n’étais pas censé consulter mes emails et donc, je n’ai appris que très tardivement le RDV de 2h (en fait, ils y étaient depuis midi). Je leur ai dit que je ne pourrai pas y être avant 2h30. J’avais tout le temps de boire mon café. Arrivé sur place, je me suis rendu compte qu’ils n’avaient pas fini leur part du travail (oui, je suis d’accord, c’est honteux). Je me suis donc senti très inutile et je leur ai dit que je reviendrai plus tard, après mon cours qui se finissait à 8 heures (et oui, ils avaient encore beaucoup de travail à faire). Je suis donc rentré chez moi, dégoûté de mon aller-retour inutile et ai commencé à effectuer des sauvegardes dans le but de remplacer le disque dur de mon ordi. Je suis ensuite allé à mon cours de 6 heures.

Sur le chemin, la pédale de mon vélo est une nouvelle fois tombée. J’étais vert de rage. Je venais de le récupérer depuis une ou deux semaines et il est retombé en rade pour le même problème que quand je l’avais amené en réparation. De plus nous arrivions à l’accumulation électricité + ordi + service pack 2 + Internet + vélo, ce qui n’aidait pas à maintenir ma jovialité naturelle et mon amour de la vie. J’ai donc du faire le chemin à pied, la pédale à la main. Les gens rigolaient sur mon chemin, je leur aurais fait bouffer la pédale.

J’ai tout de même assisté à mon dernier cours de Protocoles et services internet, c’était un grand moment d’émotion, j’ai presque versé une larme. J’ai ensuite poireauté 30 minutes, le temps que mon camarade finisse son travail, et nous avons imprimé et rendu notre dossier de 60 pages (je n’en ai écrit que 9 et ils m’ont félicité, je les adore). Vers 9 heures, je suis rentré chez moi, à pied. Il a commencé à pleuvoir beaucoup. J’étais trempé. Mon Ipod n’avait plus de batterie. Je me demandais pourquoi le monde s’acharnait contre moi.

Heureusement, le soir même, Charlotte, que l’on hébergeait depuis quelques jours et qui nous avait déjà ravis en nous préparant des steaks de kangourous au barbecue accompagnés de riz et d’abricots cuits, avait décidé se soir là, son ami hollandais l’ayant rejoint, de nous préparer un autre délicieux repas. J’étais apaisé. Tout était rentré dans l’ordre, le boulot fini, l’électricité fonctionnant toujours et l’internet aussi.

Mardi, j’ai changé le disque dur de mon portable. Il va très bien et vous remercie de l’intérêt que vous lui portez.

Et un autre post de 4 pages de torché !

mercredi, octobre 11, 2006

Bon, après l’interlude nécessaire de la semaine dernière, revenons maintenant à ce qui vous intéresse tous. Ce pour quoi vous venez chaque jour de plus en plus nombreux sur ce blog et y laissez vos milliers de commentaires en réponses à mes écrits provocateurs qui suscitent réflexions et débats, je veux bien sûr parler de ma passionnante vie à Brisbane !

Alors, comme vous l’avez sûrement compris (enfin je l’espère pour vous), je suis rentré sain et sauf de vacances mardi (vacances sans intérêt, puisque je n’ai pas vu de crocodile ou de casoar – c’est la traduction pour cassowary, merci Maman). A mon retour, une jolie lettre de notre nouvelle agence de location m’attendait et m’exhortait de payer mon loyer, ce que je n’avais pas fait depuis le 19 septembre (nous étions le 3 octobre). Ma première grande action de mon retour à Brisbane fût donc de les appeler pour leur dire qu’ils étaient mignons tout plein avec leur lettre, que ça m’avait beaucoup touché, mais que je ne les connaissais pas et que donc, s’ils voulaient que je les paye, il fallait qu’ils me disent comment faire. Toutes mes tentatives désespérées de trouver un moyen de les payer sans me déplacer échouèrent et je décidai donc de m’y rendre le vendredi.

Jeudi, j’ai vu mes amis chinois de mon groupe de travail pour un cours où on a un truc super chiant à rendre. Ils étaient ravis, parce qu’on a eu 87,5/100 à notre premier dossier, dossier dont ils sont les principaux auteurs. Mais jeudi était aussi la dernière soirée de Nadine à Brisbane et nous nous devions donc de sortir. Nous sommes allés au Victory, un bar qui commence un peu à me saouler. C’était bondé en bas, et en haut la musique était naze et trop forte, le genre d’endroit où on fait un bond d’un mètre de haut à chaque fois qu’une basse retentit (heureusement, ils ont fixé le plafond à 3 mètres du sol). J’en ai donc eu marre, et j’ai décidé de rentrer plus tôt. N’ayant pas envie de payer un taxi tout seul, je suis rentré à pied jusqu’à chez moi, ce qui a pris 45 minutes. Arrivé à la maison, je me suis rendu compte que j’avais oublié mes clés (en fait normalement je ne les prends jamais mais je rentre toujours avec les autres). J’avais bien 3 collocs qui étaient à la maison et qui dormaient (dont le fameux et inquiétant norvégien) mais je n’avais pas envie de les réveiller. J’ai donc fait le tour de notre vaste propriété et ai essayé chaque porte. Visiblement, ce n’était pas mon jour de chance, elles étaient toutes fermées (je n’ai pas essayé celle qui donne de dehors à la chambre de l’épouvantail norvégien). J’ai donc refait un tour en essayant toutes les fenêtres, mais là encore, elles étaient toutes fermées… sauf celle de la salle de bain d’en bas, une toute petite fenêtre à plus d’un mètre du sol. Mon seul espoir. C’est une petite fenêtre qui s’ouvre en glissant vers le haut, sauf que celle-ci n’avait pas de petit loquet pour la laisser ouverte. Qu’à cela ne tienne, je monte sur un truc surélevé et commence à rentrer la tête la première. J’ai une vu plongeante sur la salle de bain, c’est tout à fait magnifique. Mon buste est à l’intérieur, mes pieds à l’extérieur, la fenêtre est refermée sur mon dos. Je me dis juste qu’heureusement personne n’est là pour me prendre en photo. Je redoute en même temps de voir surgir Hakon, le très troublant norvégien, avec un fusil, décidé à protéger sa propriété des cambrioleurs. Je continue ma descente, je pose une main sur le rebord de la baignoire, l’autre sur le lavabo. La fenêtre râpe mon dos. Je fais rentrer un pied à l’intérieur que j’arrive à poser sur le sol. C’est très acrobatique, j’ai l’impression de jouer à twister. J’arrive finalement à rentrer. Je suis très fier de moi. Je monte sur la terrasse et décide d’ouvrir une bière pour fêter ça. A ce moment là, mes collocs rentrent à la maison.

Et enfin nous arrivons à vendredi, la journée la plus exceptionnelle de la semaine. Je me réveille prend mon café et m’enferme dans ma chambre, la vie en collocation m’ayant rendu de très mauvais poil le matin. Un peu plus tard, une fois mes esprits retrouvés et entendant du bruit sur la terrasse, je me décide à faire une première sortie. Je ne fus pas déçu. Le gars des travaux étaient en train de nous installer un nouveau barbecue sur la terrasse ! Enfin nos multiples coups de gueules avaient porté leurs fruits. Je m’empresse donc d’aller répandre la nouvelle aux différents étages, puis vais voir le courrier. Deuxième bonne nouvelle, ma carte bleue est arrivée. D’une humeur éclatante, je file donc prendre ma douche pour passer au bureau de poste. J’enjambe le vélo de Sandra (le mien étant au magasin et venant d’être réparé), mets mon magnifique casque qui me donne cet air intello que j’affectionne tant, et m’en vais. Je descends donc Longlands Street, une rue en pente, à toute vitesse, lorsque tout à coup, Vlan !

Non, je ne suis pas tombé (haha, vous êtes déçus hein ?) mais ai reçu un coup sur le casque. Je me demande ce que c’est et me retourne. Je me rends compte que je suis pris en chasse par un oiseau plus grand qu’un pigeon. Celui-ci est revenu 5 fois à la charge. Toujours la même chose : je me retourne, le vois, je regarde la route, j’entends FFLLL FLLL FLL, et CHPOK ! sur le casque. Il m’a bien suivi sur 200 mètres. Bien que parfaitement indolore, c’est assez désagréable d’être attaqué comme ça par un oiseau. Surtout que franchement, lui, c’était un acharné de la vie. Très probablement un vieil oiseau aigri passant son temps à faire souffrir les autres pour oublier ses propres échecs (c’est ça ou boire). Enfin bon, il a fini par partir. Au début, je me demandais si ce n’était pas une feinte et s’il n’allait pas surgir d’une boite aux lettres, mais non, visiblement il s’était découragé.

Sur le chemin du retour, je l’ai cherché mais pas trouvé, j’étais pourtant bien décidé à l’éclater. Parce que si y’a bien un truc qui m’énerve, ce sont les animaux qui se la pètent. Qui est-ce qui détruit la nature ? Qui est responsable de l’extinction d’un très grands nombre d’espèces chaque année ? Le réchauffement climatique, c’est qui ? Et ben malgré ça, ce petit piaf ridicule a osé se mesurer à moi. Donc sur le chemin du retour, j’avais décidé d’appliquer le principe « tolérance zéro » et passer l’oiseau au karcher. Je pense qu’il a senti ma rage et n’a pas osé me reprovoquer.

Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive en Australie. Une autre fois un autre tout petit oiseau m’avait aussi attaqué, mais cette fois j’étais immobile, il m’a attaqué 3 fois et a arrêté (je devais baisser la tête pour l’esquiver). En fait, ce sont des oiseaux qui protègent leur nid, mais ils ont un peu trop la confiance.

Pendant l’après midi, nous sommes allés à Highgate Hill, là où se trouve notre nouvelle agence de location, après avoir récupéré nos vélos réparés (quand je vous dis que c’était une journée extraordinaire). Ce qu’il faut savoir, c’est que Highgate Hill est à Brisbane, ce que l’Everest est au monde (sisi). Nous sommes donc arrivés là bas complètement en sueur (en plus il faisait super chaud) et avons fait une entrée triomphale dans l’agence. Genre, puant la transpi, mouillant le sol et haletant comme des porcs. La nana de l’accueil s’est cachée derrière son bureau. Un gars est venu nous accueillir en se bouchant le nez.

- Bonjour ! On vient payer notre loyer

- D’accord

- Je peux payer par carte bleue ?

- Non

- Ah, il y a un distributeur dans le coin ?

- Non, le plus proche est en bas de Highgate Hill

- Euh, tu déconnes papi ?

- Non, mais vous pouvez payer dans n’importe quelle banque Westpac, comme celle qui est à côté de chez vous.

- Ah bon, bon bah au revoir.

Le soir, j’ai perdu au Monopoly face à Isabelle qui avait le pion en forme de koala, mais dans mon cœur, je sais que j’ai gagné.

Autre grand événement de cette semaine pleine de rebondissements, la sortie du samedi soir. L’objectif était de nous rendre à Caxton Street, juste à côté du stade où de jouait le match de foot Australie-Paraguay. Depuis la coupe du monde, le foot est en train de devenir de plus en plus populaire, et à la télé, ce stade de 50000 personnes avait l’air plein. Mes collocs voulaient donc aller là bas pour profiter de l’ambiance tristement beauf qui y régnait. Je n’ai donc pas eu d’autre choix que de les suivre. Nous sommes arrivés dans une espèce de grand endroit, visiblement réputé pour être le bar où les gens vont après les matchs. Tous les gens portaient des maillots australiens ou paraguayens, voire brésilien pour ceux qui avaient du mal en géographie. D’ailleurs, en parlant avec une australienne ce soir là, celle-ci disait « Le Paraguay ? Mais pourquoi on joue contre eux ? Pourquoi ils viennent à Brisbane ? Ils ne savent même pas où c’est ! Et nous, on ne sait pas où c’est le Paraguay ! ». J’ai trouvé cette phrase très belle et pleine de courage. A la fin de la soirée, nous avons décidé que nous avions besoin d’un drapeau d’une marque de bière pour décorer notre maison. Nous avons donc, en toute subtilité, quand le gars qui décrochait les drapeaux pour les ranger eut le dos tourné, subtilisé ce splendide drapeau XXXX bitter (je précise pour Christophe que XXXX, c’est une bière locale, pas un signe ayant un quelconque caractère pornographique, et que bitter signifie « amer »). Nous aurons tout de même une pensée pour l’homme aux drapeaux qui s’est sûrement fait licencier depuis.




Lundi, j’ai finalement racheté un téléphone portable. Je suis donc de retour dans le monde des vivants et vais même pouvoir commencer à envoyer des CV.

dimanche, octobre 08, 2006

M’étant encore une fois fortement emballé, le post original faisant 4 pages, j’ai décidé, sous les bons conseils de François, de le scinder en deux. La suite dans quelques jours.


Ce post est donc une annonce qui me tient à cœur et que j’avais promise à la personne visée dans ce texte.

Vous connaissez sans doute tous ces gens ennuyeux qui clament avec fierté leur adhésion à certains principes désuets. Ces gens qui méprisent l’humanité parce que cette humanité n’a pas été capable selon eux de résister comme eux à l’invasion des nouvelles technologies dans notre vie quotidienne. Ces gens qui sont à l’INT et qui donc ont vocation à faire carrière dans la vente de téléphones cellulaires et qui pourtant les détestent. Ces gens qui revendiquent une plus grande liberté d’action, voire même de pensée, alors que par ailleurs ils possèdent un ordinateur avec connexion Wifi et consultent 14 fois par jour leurs 7 adresses emails tout en restant branchés sur MSN.

Dans Le Concile de Pierre, livre hautement philosophique de Jean-Christophe Grangé datant du XIVe siècle, où à la fin les personnages se transforment en animaux de la Taïga mongole, ces individus sont décrits de la manière suivante (vous allez voir à quel point se livre est terriblement visionnaire pour son époque) : des personnes « semblant appartenir à cette nouvelle école, snob et décalée, qui refusent l'emprise de la technologie sur la vie quotidienne. Le genre de types qui peuvent se lancer dans l'apologie du cahier à spirale ou refuser de posséder un téléphone portable ». Et oui, le genre de personnes qui vénèrent les cahiers à spirale mais qui n’en ont jamais utilisés car ils ne connaissent que Word et son correcteur d’orthographe et de grammaire automatique.

Et ben, Mesdames et Messieurs, c’est avec la plus grande jubilation interne que je vous annonce aujourd’hui que l’un d’entre eux à cédé.

Et oui, Loïc, l’homme qui prenait des photos beaucoup moins vite et beaucoup plus souvent que son ombre, est récemment descendu plus bas que terre, il s’est publiquement humilié, fourvoyé et déshonoré. Il a brisé le seul principe qui, pensait-il, donnait du sens à son existence, et ses descendants (s’il arrive toutefois à trouver quelqu’un qui veuille bien de lui après telle déchéance morale) vivront honteux, se sentiront sales et se cacheront pendant 1001 générations.

Loïc s’est donc récemment procuré un téléphone portable. Raison officielle : « Ouais mais tu comprends, pour trouver un job, j’ai besoin d’avoir un numéro où on peut me contacter. Tu comprends c’est la way of life de today. Sans ça je suis out of the border of the life et je vais finir out of the system of the universe, j’ai pas le choice ! ». Utilisation réelle : réception de SMS indiquant les lieux des prochaines soirées. Bref utilisation classique du portable, fait pour rester en contact avec sa « tribu » (comme disait la pub pour les tatoos) et l’avertir à tout instant de sa dernière piqure de moustique.

Sonia doit sans doute trembler si elle lit ces lignes (Sonia de Suresnes – ou de Ris Orangis selon ses heures – pas Sonia du Burundi – Alors là, je viens presque de faire deux private jokes, une que seuls les gens de l’INT peuvent comprendre et l’autre que seuls ceux de Courbevoie – et de Rueil ou de Conflans Saint Honorine et maintenant Paris (oh putain encore une autre) - comprendront). Et oui Sonia, tu es la prochaine sur la liste. Ton seul allié t’a trahie alors que tu avais le dos tourné. Toi aussi, bientôt, tu te procureras un téléphone 3G avec GPS intégré sous prétexte que le livreur de ton nouveau frigo haut débit avec écran plasma et lecteur de DVD Blue-Ray intégrés avait besoin d’un numéro pour te contacter en cas d’urgence.

Bref, camarades équipés, je vous propose de vous moquer délibérément de lui. Pour cela, plusieurs méthodes

  1. Par email
  2. Par Msn (les personnes souhaitant obtenir ces informations n'ont qu'à m'écrire, Blogger interdisant le javascript, pas possible de mettre de script antispam sur ces adresses, et le pauvre Loïc, même s'il le mérite, serait sans doute la cible des robots collecteurs d'emails)
  3. commentaire sur son blog (oui parce qu’en plus il a fait un blog), voir la liste des liens
  4. commentaires sur mon blog
  5. et bien sûr le meilleur, par téléphone ou SMS au 00 64 21 02 45 59 26 (c’est cher mais c’est marrant)

A part ça, moi je pense que j’ai officiellement reperdu mon téléphone portable (je l’ai perdu le jour de mon retour de vacances, pour ceux qui n’auraient pas eu le courage de lire mon dernier post). La compagnie de taxi a rappelé en disant qu’elle n’avait rien trouvé. Je ne sais donc vraiment pas où il peut être. Et oui, vais-je réussir à égaler mes pertes INTiennes en Australie. D’un côté un appareil photo numérique, une caméra numérique et un Mont Blanc. De l’autre 2 téléphones et une carte bleue (mais en moins de 4 mois s’il vous plaît).

Donc, oui, moi je n’ai pas à avoir honte en affirmant que je vais racheter ce qui sera mon troisième téléphone en Australie et que je vais peut être même changer d’opérateur, parce que ça aussi, ça fait partie de la découverte de la culture locale. Loïc, lui, doit pleurer à chaque fois qu’il annonce à quelqu’un qu’il a un portable, bien fait !

mercredi, octobre 04, 2006

Avertissement : Le texte de ce post prenait 7 pages sous Word. Les esprits avisés se contenteront des photos ou passeront leur chemin.

Back from hollydays, laissez moi vous exposer mes 12 jours de vacances dans les New South Wales et dans le North Queensland. Au total : bien 5000 km dans les pattes, 3 avions, 4 taxis, 4 bateaux, 1 monorail, 2 trains (aller-retour), 5 bus, 5 auberges de jeunesse et beaucoup de marche à pied (Sandra et Nadine en feraient presque encore la gueule).



Ce voyage a également été l'occasion de rencontrer des animaux exotiques, comme en témoignent ces différents panneaux, croisés sur mon chemin.

Jour 1

Reveil très difficile à 6 heures du matin pour aller prendre notre avion à l’aéroport de Brisbane. Enfin, on y arrive tant bien que mal et j’ai même le temps de faire trois faux codes secrets au distributeur. Heureusement, les distributeurs ici n’avalent pas la carte et celle-ci est déjà dans la poche de son bienheureux propriétaire quand le code est composé. Je comprends néanmoins que ma carte est bloquée et appelle le numéro de téléphone au dos de la carte. Là, un gars me transfert vers quelqu’un de la Société Générale. Si les fans de Macha Béranger se demandent ce qu’elle est devenue après que son émission sur France Inter fût honteusement supprimée, et ben qu’ils appellent le service de nuit de la Société générale et ils auront l’heureuse surprise de l’entendre à l’autre bout du fil. Même depuis l’Australie, ça sentait la clope au téléphone. Enfin bref, Macha me dit qu’il faut que je rappelle mon agence le lendemain (il devait être 1h du mat’ en France). Je prends donc l’avion l’esprit léger en me disant que dans 8 heures, je pourrai faire débloquer ma carte sans soucis.

Nous arrivons donc à Sydney vers midi. Quel changement de décors par rapport à Brisbane ! Les gens sont tous pressés, y’a plein de voitures et du bruit partout. Je me sens comme un campagnard montant à Paris (spécial dédicace à tous mes amis campagnards). Après nous être fait allègrement arnaqués par le taxi, nous arrivons dans une auberge de jeunesse glauque, au milieu de Chinatown, mais qui a le mérite d’être la moins chère et d’être située au cœur de la ville. Nous passerons donc 4 nuits dans une petite chambre de 3 lits (je voyage à Sydney avec Sandra, ma colloc allemande, et Nadine, son amie venue en Australie pour les vacances). Nous quittons donc vite fait cet endroit déprimant et décidons de nous rendre à Circular Quay, là où se trouvent le fameux harbour Bridge ainsi que le superbe Opéra, emblèmes de la ville. Nous passerons donc notre après midi là. J’ai ainsi traversé le gros pont (après que les filles m’aient lâché car ellles avaient le vertige et ne supportaient pas ça…) et pris des dizaines de photos de l’Opéra, de quoi reconstituer une vision 3D du bâtiment à toute heure de la journée. Arrivés, pile sous l’Opéra en fin d’après midi, l’idée nous vient de boire une petite bière au soleil, entre le pont et l’Opéra. Erreur fatale… En effet, arrivés sur place, je repère un nouveau distributeur de billets et me dit que je pourrai refaire un test. J’insère donc ma carte dans l’attrayant engin, compose ce qui je pense est le bon code secret, attends, et obtiens pour seule réponse un ticket m’annonçant que la transaction a été refusée. Et oui, ce que je n’avais pas réalisé en insérant la carte, c’est que ce distributeur avalait la carte et donc, pouvait la garder. Et vu qu’auparavant, j’avais fait 3 faux codes, c’est ce qu’il se passa. Bien sûr, j’avais pris soin de choisir un distributeur désolidarisé d’une banque et il m’était donc impossible d’aller réclamer le précieux objet.

Alors maintenant, je vous laisse imaginer comment on se sent lorsque l’on est à l’autre bout du monde, premier jour de vacances, sans carte bleue et sans espèces. Surtout que si j’avais attendu deux heures et appelé la banque, ma carte aurait été débloquée, mais que malheureusement il a fallu que je tente dans un distributeur désolidarisé d’une banque et qui avale la carte. Et ben, j’ai eu le grand plaisir de goûter à ce très désagréable sentiment. Le reste de la journée fut donc consacré à trouver une solution et à transférer de l’argent sur le compte en banque de Sandra, afin qu’elle me serve de distributeur mobile pendant les 12 jours de vacances à venir.

Pour résoudre donc ce problème, il m’a donc fallu accéder à Internet ce qui m’a permis de consulter des emails. Quelle surprise fut mienne quand je vis, au milieu des 700 spams (merci à la liste assoce.bda) un mail de mon prof à qui j’avais envoyé la veille par email un devoir à rendre pour ce jour. Impatient de lire ses compliments sur mon travail, j’ouvris le mail et appris que j’étais censé rendre une version papier du devoir, et non l’envoyer par email. Et voici ma deuxième sensation agréable de la journée : je suis à Sydney, qui doit être à environ 1000 bornes de Brisbane et je dois rendre une version papier d’un travail à rendre pour le jour même.

Enfin, la journée se termine finalement par un bon dîner dans un restau italien.




Jour 2

Je me réveille, consulte mes emails. Mon prof me répond et me dis qu’exceptionnellement, parce que je suis un étranger pas très malin, je peux lui rendre mon devoir à mon retour, mais que c’est la dernière fois. Ouf, je suis soulagé. Les vacances peuvent donc suivre leur cours.

Pour ce deuxième jour, étant donné le beau temps, nous décidons de nous rendre Manly, une des plages de Sydney. Seulement, vu qu’il faisait beau, que c’était le week-end, que c’était les vacances, et que nous étions à Sydney, et ben c’était blindé. Et puis, il faut l’avouer, d’un intérêt assez limité, à part le fait que c’est une plage de Sydney. Enfin, nous avons pris le ferry pour y aller, ce qui m’a une nouvelle fois permis d’enrichir ma collection personnelle de photos de l’Opéra.


Jour 3

Début de la journée par l’aquarium de Sydney. Le plus rigolo c’est les tunnels sous marins qu’ils ont et où on est entouré par des requins, des stingrays, des tortues et des raies Manta. Y’a aussi l’aquarium de la Grande Barrière de corail, mais bon, j’allais y plonger deux jours plus tard.




Pour l’après midi, nous sommes partis à la recherche des chauves souris de Sydney. Ici, ils appellent ça des renards volants, parce qu’elles sont plutôt mastoques, mais se nourrissent exclusivement de fruits. Nous sommes donc allés à Hyde Park (qui est bien plus petit que son homologue londonien) mais point de bestioles volantes. J’ai donc reconsulté notre précieux guide et me suis rendu compte que j’avais mal lu et que ce n’était pas à Hyde Park, mais au Domain. Ragaillardi par ce nouvel espoir je repris donc ma marche vers cet autre parc (toujours suivi par Nadine et Sandra qui recommençaient à fatiguer…). Quelle ne fût pas ma déception, quand, arrivés au Domain, nous ne vîmes aucune chauve souris, mais juste des gars un peu tarés qui se tenaient debout sur des cageots, et criaient leurs opinions politiques ou religieuses et souvent s’engueulaient entre eux car ils n’étaient pas d’accord. Je rouvris donc à nouveau mon guide, où il était indiqué que parfois, on pouvait observer des chauves souris dans les jardins botanniques. Ceci était donc notre dernier espoir (enfin plutôt le mien, parce que les 2 autres n’en avaient plutôt rien à secouer de mes chauves souris) et il se trouvait que les jardins botaniques étaient à 2 pas de là où nous étions. Nous nous y rendîmes donc, et Ô miracle, nous aperçûmes ces volatiles. Enfin, en même temps, c’était difficile de les louper tellement elles étaient nombreuses. Perchées la tête à l’envers sur les arbres, on aurait presque dit des fruits. Enfin j’étais content et pouvais rentrer à l’auberge l’esprit léger.

Le soir, nous sommes allés manger des fruits de mer à Darling Harbour, en terrasse, avec vue sur ce petit port et les buildings éclairés de la ville.

Jour 4

Ce jour là, nous prenons le train pour Katoomba (j’ai vu des kangourous sauvages par la fenêtre), au cœur des Blue Mountains, des paysages superbes avec des montagnes (enfin plutôt des collines assez abruptes) le tout dans un environnement tout bleu car rempli d’une forêt d’eucalyptus, et apparemment, les vapeurs d’eucalyptus ça fait du bleu (au moins, vous aurez appris un truc). Donc, 5 heures de marche à monter et à descendre. Le plus rigolo étant sans doute le « giant staircase » avec ses 860 marches qui permet d’accéder aux Three Sisters et qui est assez épuisant. Sandra et Nadine étaient ravies quand j’ai annoncé que je voulais prendre cet escalier (et encore elles ne connaissaient pas sa réelle taille, moi non plus d’ailleurs…). Enfin vers 15-16h, Sandra est tombée de fatigue et nous avons dû rentrer sur Sydney. Mais bon nous avons vraiment été ravis de notre journée, car c’était vraiment superbe.

Pour notre dernière soirée à Sydney, nous avons opté pour un resto à Circular Quay, afin que je puisse prendre des photos de nuit du pont et de l’Opéra.


Jour 5

Dernier jour à Sydney, temps gris. Nous avons décidé d’aller voir un musée. Moi, j’étais partant pour aller à la New South Wales Art Gallery où il y a des peintures australiennes de toutes les époques (enfin en même temps, les époques australiennes, y’en a pas 4000 – ça se limite à aborigène, XIXe et XXe siècles). Sandra et Nadine étaient partantes pour l’Australian Museum où un truc dans le genre, où on pouvait voir des squelettes de dinos. Moi ça ne m’emballait pas des masses, je flairais le palais de la découverte version australienne avec plein de gamins. Mais bon, vu que j’avais déjà imposé pas mal de trucs, et qu’on est censé être en démocratie (bien que moi je veux être dictateur quand je serai grand), j’ai dû céder… jusqu’à ce qu’on arrive dans le musée. C’était rempli de gamin et quelques touristes et ça ne me donnait absolument aucune envie d’y aller. J’ai donc annoncé haut et fort que je ne foutrai pas les pieds là dedans, que moi j’allais dans mon Art Gallery et que si elles voulaient aller voir les dinos, elles pouvaient y aller et on se retrouverait après. Je ne sais pas pourquoi, elles ont ronchonné et m’ont suivi. En plus, c’était mieux parce que mon musée était gratuit, mais elles, elles s’emmerdaient. Mais bon, moi j’étais content. Bon l’art australien, c’est pas transcendant (enfin, si, les peintures aborigènes sont bien, mais très récentes – XXe siècles et leur intérêt réside surtout dans leur différence), et puis, ce musée, c’était pas le Louvre non plus (peut-être 10% du Louvre même pas). Enfin, y’avait quand même un peu de Monnet, Rembrandt et Picasso du côté européen. L’après midi, nous sommes allés voir les camps des bagnards à Sydney. C’était assez rigolo, les gens ils prenaient perpet’ pour avoir volé des moutons, des vaches ou pour avoir volé des gens. Et puis ce n’était pas de la prison grand luxe. C’était des pièces avec 80 hamacs les uns à côtés des autres pour la nuit et du travail forcé le jour.

Après ça, nous avons pris un taxi direction l’aéroport, où nous avons pris un avions jusqu’à Cairns, l’endroit de la grande barrière de Corail. Nous sommes arrivés dans notre nouvelle auberge de jeunesse à minuit et nous sommes endormis rapidement, car nous avions rendez-vous le lendemain à 8h30 sur un bateau pour aller plonger.

Jour 6

Réveil difficile, d’autant plus que le temps était à chier. Tout le monde est démotivé : plonger à la grande barrière de corail avec un temps de merde, ça craint. Nous nous levons tout de même car le centre de plongéé avait le numéro de carte bancaire de Sandra et donc on ne pouvait pas trop changer nos plans. Nous nous rendons donc sur place avec pour objectif d’arriver à annuler notre plongée et à la reporter au lendemain. Nous arrivons en retard et tout le bateau nous attend, genre énervé. Nous imaginons donc qu’il serait malvenu d’annuler le cours et embarquons donc à bord du petit navire. La mer est plutôt agitée et nous avons deux heures de trajet avant d’arriver sur place. 3 personnes à bord passent leur temps à vomir. Moi, ça va. Et puis quelques minutes plus tard, la magie opéra, le temps se dégagea complètement et l’arrivée à la Grande Barrière de Corail se fit sous un temps magnifique. Tout l’équipage était ravi.

Bon, ensuite je me suis fait arnaquer. J’avais déjà dû payer 125$ pour la plongée et 15$ de taxe parce qu’on plonge à la Grande Barrière. Mais ce n’était pas tout. En effet, je possède un niveau 1 de plongée, qui m’autorise à plonger à 18 mètres maximum en compagnie d’un autre niveau 1 (ou supérieur). Seulement, j’étais le seul à bord à plonger avec cette formule, les autres faisaient une introduction à la plongée et étaient donc des maxi débutants. Dans ce cas là, la seule solution, c’est de plonger avec un prof et donc de payer 11$ de plus par plongée. Et comme j’avais le droit à 2 plongées, ça a fait 22$. Et puis bien sûr, on a pris l’option touriste avec l’appareil photo numérique qui va dans l’eau : 35$. Mais bon, je n’ai pas encore reçu les photos.

En tous cas c’était superbe. Ca m’a rappelé ma plongée dans la mer rouge avec plein de superbes coraux et des poissons de toutes les couleurs et de toutes les tailles. J’ai vu un énorme poisson tigre, le plus gros que le prof n’avait jamais vu. Ce sont des poissons qui peuvent mordre et qui font mal. J’ai aussi vu des poissons clowns (Némo), et anémones bizarres qui se rétractent quand on claque des doigts, des énormes concombres de mer, des superbes étoiles de mer, et plein de trucs plein de couleurs. Malheureusement, je n’ai pas vu de requin (il y a des petits requins), de stingray (l’assassin de Steve Irwin) ou de tortue de mer.

Sur le chemin du retour, notre bateau a fait escale au kangaroo Explorer, un gros bateau qui sert de centre de plongée pour les gens qui restent plusieurs jours (et qui donc ne se farcissent pas le trajet quotidiennement). Notre bateau faisait en effet la navette, apportant de nouveaux gens et en ramenant d’autres. Nous avons donc récupéré à ce moment là Alistair et Thorsten, mes deux collocs français et allemands et sommes rentrés sur Cairns.



Jour 7

Direction Cape tribulation, à 90 km de Cairns, soit 4 heures de trajet sur les routes australienne. Cape Tribulation, c’est la plus grande et presque seule forêt tropicale d’Australie. « Where the rain forest meets the reef » est-il écrit partout. En gros c’est une forêt tropicale bordée par des plages et la mer. Exactement le genre d’endroit où King Kong vivait avant qu’on ne l’emmène à New York et qu’il se fasse sauvagement abattre au sommet de l’Empire State Building. C’est aussi le genre d’endroit où on rencontre des crocodiles ou des cassowaries (que nous appelions entre nous « Giant chickens » parce qu’on ne se souvenait jamais du nom), sorte d’autruches avec un casque sur la tête et un bec super dur, qui est en fait le premier oiseau tueur d’hommes d’Australie. D’ailleurs partout ils y a des panneaux disant « attention, si vous croisez un poulet géant, ne vous approchez pas, risk of serious injury or death ». Pareil pour les crocos, la consigne est de ne pas traverser une crique si on n’en voit pas le fond et de ne se baigner là où il y a des panneaux interdisant de se baigner à cause des crocos.

Notre première après midi à Cape Tribulation fut la plage, car nous sommes arrivés relativement tard et qu’ici le soleil se couche très tôt.

Jour 8

Nous avons une seule journée entière à Cape tribulation. Notre objectif, capturer un crocodile et un poulet géant. Nous avons repéré trois marches à faire et partons pour la première. Celle-ci s’avère décevante, très courte et remplie de touristes, réduisant comme peau de chagrin les chances de voir un cassowary. Nous rentrons donc déçus à l’auberge de jeunesse pour prendre notre déjeuner. Nous repartons alors pour la deuxième marche, celle qui nous emmènera au Swimming Hole un basin d’eau douce au milieu de la forêt tropicale. L’endroit est superbe. Nous sommes tout seuls dans la forêt avec cet espèce de petit lac et normalement on peut s’y baigner (nous avons déduit ça du nom de l’endroit). Cependant nous n’étions pas très rassurés, en effet, nous n’avons pas été capables de répondre à la question « qu’est ce qui fait que cet endroit n’a pas de croco ? On est au milieu de la forêt et on ne voit pas le fond… ». Qu’à cela ne tienne, nous nous lançons courageusement dans l’eau au milieu de tous les petits poissons bizarres et nous sentons obligés de jouer à Tarzan avec les lianes. Une heure plus tard, nous repartons pour notre ultime marche, celle dans la forêt tropicale, l’occasion où jamais de jouer à Steve Irwin et de mourir comme lui. Là encore, malheureusement, pas un poulet géant, ni croco. Juste des canards qui creusaient dans le sol et que nous avons donc baptisé « digging ducks ». En fait il paraît que ces animaux sont plutôt connus et typiques de la région, mais nous ce qu’on voulait, c’était un giant chicken de 2m de haut et pas un ridicule digging duck. Nous sommes donc rentrés très déçus de notre excursion.

Le soir, nous nous sommes rendus sur la plage où nous avons rejoint un groupe d’américains qui faisaient un feu de camp sous les étoiles. On espérait qu’ils fassent rôtir un cassowary, mais non.



Jour 9

Encore une journée de trajet, direction Mission Beach avec 3 heures d’attente à Cairns. Bien sûr nous avions pris soin de ne rien réserver et de se la jouer freestyle.

Nous avons quitté Cape tribulation vers 11h30 et sommes arrivés à Mission beach à 20h30, pour, je pense maximum 300 km. Sur place, nous arrêtons une première navette d’une auberge de jeunesse et demandons s’il y a de la place. Réponse : « non ». Nous en arrêtons une deuxième qui nous dit que ça devrait être bon. Nous embarquons donc à bord de la navette, pour arriver…15 secondes plus tard (je ne comprends toujours pas l’intérêt de cette navette, qui ne parcourt pas plus de 100 mètres). Finalement, on récupère un dortoir de 10 lits pour nous tout seuls. Tout va bien. Nous décidons d’aller dîner quelque part, mais malheureusement pour nous, il était 9 heures, passées, l’heure où les restaurants ferment en Australie, et nous avons donc dû nous contenter de bières et de chips achetées dans un distributeur (et aussi des bananes de cape tribulation super bonnes et pas chères). Nous nous sommes couchés joyeux vers une heure, car le lendemain, il fallait se lever tôt pour profiter un maximum de l’endroit, nous avions en effet un bus à prendre à 15h10.

Jour 10

Nous sommes donc allés sur la plage. Une superbe et presque désertique plage avec un sable assez jaune. Nous avons donc fait bronzette pendant 1 heure et avons décidé d’aller prendre notre déjeuner. Pour notre déjeuner, nous nous sommes dirigés vers « Mission beach », partant du principe qu’il aurait été débile d’aller à Mission Beach sans aller sur la « vraie » mission beach. Seulement, ce qu’on ne savait pas, c’est que Mission Beach se trouvait à 1 heure de marche. Je ne vous raconte pas la tronche de Sandra et Nadine. Nous, on était morts de rire. Pas elles. Elle ont d’ailleurs fait la gueule et n’ont pas déjeuner avec nous (nous on n’a pas très bien compris pourquoi et donc ça nous a encore plus fait rire). Pour le retour, elles ont décidé de prendre un taxi et ont donc raté cette autre marche sur cette superbe plage. A mon sens, c’est du gâchis.

Bref, nous sommes arrivés pile à temps pour le car. Sandra et Nadine ont finalement fait de l’auto-stop car il n’y avait pas de bus ni de taxi. Il faut dire que Mission Beach n’est pas du tout un lieu à touristes, et qu’on y est vraiment isolés, il y a juste un tout petit centre touristique avec des restos.


Nous avons donc grimpé dans notre nouveau bus, direction Magnetic Island. Le nom de cette île vient du fait que la boussole du Capitaine Cook (le gars qui, pour simplifier, a découvert l’Australie) serait devenue tarée au large de cette île. Mais comme dirait une australienne de Brisbane qui vient de là bas, « Il a sûrement dû abuser sur le rhum, ouais ! ». Enfin donc, notre bus nous a déposés à Townsville où nous avons pris un ferry pour l’île. Dans le ferry, nous avons décidé en dix minutes dans quelle partie de l’île nous allions passer nos deux nuits, et quelles seraient les auberges de jeunesse susceptibles de nous accueillir. Une fois notre choix fait, nous avons eu l’agréable surprise de découvrir un service de bus qui à la sortie du ferry nous amenait là où on voulait. La première auberge de jeunesse était complète et il ne nous restait donc plus qu’une chance avant d’aller dormir sur la plage. La deuxième auberge de jeunesse a pu nous accueillir, mais nous avons du nous diviser en 3 groupes (2, 2 et 1), chaque groupe dans une chambre différente. J’étais dans la même chambre que Thorsten, chambre de 6 lits occupée par 4 irlandaises qui se changeaient quand nous sommes rentrés. Tout de suite, elles nous ont donc détestés et ne nous ont presque pas adressé la parole. Et puis de toute façon, quand on rentrait le soir, elles dormaient et le matin aussi.

Jour 11

Encore une longue journée de marche devant nous. Alistair partant le jour même il fallait faire le plus de trucs possible, le plus vite possible. Notre objectif : voir les 3 baies et la marche des forts où des bunkers installés pendant la seconde guerre mondiale étaient censés protéger Townsville (bon alors effectivement, quand on voit Townsville, on se demande bien qui aurait pu avoir envie de la protéger, ou qui aurait perdu son temps à l'attaquer).

30 minutes de marche pour attendre la première plage. Et pas de la petite marche à plat. Une grosse montée et une grosse descente entre terre et rochers. Mais la marche valait le coup, la première baie était superbe avec une eau bleue à bien 27°C. Mais bon, bien qu’épuisés et ayant déjà bu la moitié de nos réserves d’eau (il y avait un soleil de plomb), nous devions repartir pour la deuxième baie. Nous avons donc remonté ce que nous avions descendu et descendu un chemin que nous n’avions pas pris. 20 minutes plus tard, nous étions sur une autre baie, très jolie aussi mais avec plus de gens car accessible en voiture (et d'ailleurs avec leurs 4x4 à la con, ils m'ont flingué une superbe photo avec des palmiers et la mer). Encore une fois, 10 minutes de pause et direction la dernière baie, où nous avions prévu de déjeuner et de nager avec masque et tuba car il y avait des récifs coralliens à cet endroit. Nous avons donc marché une nouvelle fois 30 minutes sous ce soleil brulant, pour revenir… sur la même plage ! Du coup, fou rire général (sauf Sandra et Nadine) et nouveau départ, cette fois dans la bonne direction. Encore 30 minutes de montée sur une route bien dégagée et nous sommes finalement arrivés à destination. Comme prévu, nous avons mangé et nous nous sommes baignés. J’ai vu encore de jolis poissons et une raie. Je ne pense pas que c’était une Stingray et je n’ai pas trop voulu m’approcher pour vérifier, ayant toujours en mémoire mon épisode favori des infos australiennes, la mort de Steve Irwin.

Apres une heure de pause, nous reprîmes la route en direction des Forts. Malheureusement, Alistair n’avait pas le temps de la faire et est rentré en bus. Sandra et Nadine nous ont prévenus qu’elles acceptaient de faire encore cette marche, mais qu’après, quoiqu’on fasse, elles rentraient en bus. Nous on essayait de leur expliquer qu’elles pouvaient faire ce qu’elles voulaient et qu’on s’en foutait, mais visiblement, elles se sentaient toujours obligées de nous suivre. Et puis de toute façon, nous aussi on voulait rentrer en bus vu qu’on n’avait plus d’eau depuis un bon bout de temps et qu’on commençait sérieusement à se dessécher. Pendant cette marche, nous avons donc eu l’honneur de voir des koalas et un oiseau complètement débile, un des emblèmes de l’Australie dont j’ai oublié le nom, et qui ne bouge pas quand on lui lance des trucs. Bon d’accord, Thorsten visait comme un pied, mais bon, ça lui passait à 4 cm de la tronche (bon on lui balançait des petits trucs aussi, rien qui ne puissent lui faire mal). Notre plan de capturer des koalas est aussi vite tombé à l’eau à cause des touristes béats et complètement attendris devant ces animaux inutiles qui passent leur vie à dormir. Moi je vais vous dire une chose, si ces saloperies avaient des prédateurs, elles ne passeraient pas leur temps à se la couler douce dans les branches d’un arbre. Enfin bref, du coup, c’était très simple de trouver des koalas, il suffisait de tendre l’oreille et de suivre les « Ho ! Ho ! Ho ! So sweeeeeeet ! Ho Ho ! Ho ! » lancés par les membres de la gente féminine présents sur le site. Notre plan était à la base de leur lancer des noix de cocos pour les faire tomber et les assommer, mais il y avait trop de témoins. Je tiens quand même à préciser que j’ai trouvé un koala tout seul grâce à mon instinct de chasseur, mais après avoir lancé l’alerte pour rameuter mes compagnons, des touristes nous ont rejoints.

Nous avons donc fini notre marche en haut du Fort (bâtiment sans intérêt qui n’est rien de plus qu’un vulgaire bunker comme on en trouve en Bretagne), où nous avons profité d’un super panorama de l’île et de la mer bleue.

Au total, notre excursion aura bien duré 6 heures, nous sommes rentrés lessivés.



Jour 12

Le dernier jour de vacances. Notre avion est à 16h à Townsville et nous devons quitter Magnetic Island à 12h15. Thorsten et moi repartons sur la première baie dans laquelle nous avions été pour nager une dernière fois dans cette superbe eau chaude et bleue, et dans ce superbe environnement désertique. Les filles, elles, sont devenues allergiques à la marche à pied et sont restées sur la plage immonde en face de l’hôtel.

Nous avons atterri à 18 heures à Brisbane. Je suis de retour dans ma maison. On a une nouvelle cuisine et les proprios nous ont laissé une énorme caisse de bières et une bouteille de vin pour nous remercier de notre patience pendant les travaux. Thorsten est ulcéré et veut de l’argent en compensation, même si, en bon allemand, il est très content d’avoir de la bière.

Je viens de me rendre compte que mon téléphone portable a probablement glissé de ma poche dans l’avion ou dans le taxi. Je commence sérieusement à en avoir marre, je pense peut être aller consulter un psy parce que là, ça devient gravos. Avant, je vais quand même appeler la compagnie de taxi et la compagnie aérienne…