mardi, juillet 31, 2007

La vie continue tranquillement son cours dans le charmant petit village de Sydney. Le retour en France est dans moins de 2 mois maintenant. Pile quand il va recommencer à faire beau ici et qu’il va commencer à faire moche là bas. Bien joué Arnaud. Quoique visiblement, il a toujours fait moche chez vous.

Enfin bon ceci-dit, les températures ont tout de même l’air de remonter, nous sortant ainsi d’une longue période de fortes tensions au bureau. Aujourd’hui on recommence un peu à respirer. Fini les réunions animées avec Quentin et Julie pour se mettre d’accord sur les lieux de notre déjeuner. Quel food-court est le mieux placé, le plus agréable, le mieux chauffé ? L'un dira Pitt Street, un autre Martin Place, le dernier penchera pour Bond Street. La situation s'envenimera, attisant haines et envies de revanche. Perfide pluie qui empoisonne les relations humaines les plus pures. Désormais, cette époque semble être révolue. Nous avons retrouvé notre parc. Après la période de forte pluie qui a accompagné puis suivi notre petit séjour en Nouvelle-Zélande, notre pauvre parc avait fortement souffert et il lui a fallu bien des semaines pour sécher complètement, nous empêchant pendant tout ce temps de pouvoir retrouver cette pelouse que nous avions tant aimée. Et que dire de ce vilain petit vent frais qui nous faisait greloter et refroidissait nos repas ?

La période de dépression est donc derrière nous. Le renouveau est lancé. Les siestes au soleil à midi sont de retour.

Si seulement tout ceci était si simple et qu'il suffisait d'un peu de soleil pour ramener joie et bonne humeur.

Quentin finit son stage cette semaine. Julie se fait envoyer à Pimpama, charmante petite ville paumée au sud de Brisbane. En gros, dans 2 semaines, je risque de me retrouver tout seul au bureau avec le stagiaire soporifique. Ca va être joyeux dis donc. Je vais retrouver mon ipod comme compagnon de déjeuner. Mais c’est les vacances en France, et le Fou du Roi n’est plus diffusé et je ne peux plus le télécharger sur le site de France-Inter. Merci maman de m’avoir fait parvenir des bouquins.

Et puis il y a tout ce surmenage aussi. Arriver à 10h, partir à 16h15. La visite des sites web favoris : les mails, Le Monde, Liberation, et mon blog aussi pour voir si quelqu’un d’autre qu’Antoine y a laissé un commentaire (merci Antoine, tu es mon premier fan). Et puis je me suis mis à Facebook aussi. Alors depuis hier, je cherche des amis. C’est une occupation très chronophage saviez-vous. En plus je réalise que je n’ai pas d’amis, c’est complètement déprimant. Plus mon rapport de stage et la saison 6 de 24. Les journées deviennent vite ingérables. C’est pour ça que j’ai demandé (et obtenu) 7 jours de vacances. Je pars lundi. Dans un lieu pour l’instant tenu secret. Ca va me faire du bien de m’éloigner un peu de l’agitation de la ville. 9 jours (avec le weekend), au milieu d’un lac, sur une barque à pêcher la truite dès 5h du matin, couché 21h. Un peu de repos et de calme pour ménager ma santé.

Pour l’instant, seuls les weekends me maintiennent en vie. 2 jours par semaine pour enfin m’occuper et prendre soin de moi, de mon esprit et de mon corps. Quelques petites soirées aussi, dans la plus grande intimité avec quelques amis de toujours, autour de 67 bouteilles de bières, à discuter, pour arriver à la conclusion que l’espèce qui succèdera à l’être humain sera soit la pieuvre, soit la baleine télépathique. Brefs, quelques instants volés dans une vie trop mouvementée, quelques instants pour rire, quelques instants pour pleurer, quelques instants pour de nouveau se sentir humain, tout simplement.

Dans ton regard glacé, c’est la lune voilée qui me sourit. Ton reflet ambré sur ce lac gelé et c’est là que je te reconnais. Si tu savais comme tu m’avais manqué. Petit crocodile.

Poème australien.

dimanche, juillet 22, 2007

Mes chers compatriotes. Je le sais, en ce moment en France, c’est les grandes vacances. Alors visiblement, ce qui semble devenir à la mode, c’est de voyager loin, même si on a qu’un seul week-end de 3 jours (travailler plus pour gagner plus sans doute).

En ce moment, à Sydney, c’est atroce. Plus moyen de pointer son nez dehors sans que fusent dans tous les sens, telles des flèches mal acérées, de magnifiques accents français dont on se demande s’ils proviennent plus de l’incapacité de l’orateur à prononcer certaines syllabes ou d'un moyen d’indiquer, non sans fierté, sa nationalité : « You no a ame freinch, so ze vaïne, a no wat it iz ! » (You know, I’m french, so the wine, I know what it is ) ou plus communément et plus distingué : « Hey ! You no ze freinch kiss ?? ». Le plus drôle étant sans doute le français qui va fanfaronner en parlant des essais nucléaires dans le Pacifique, dans le genre « Ah, on vous a bien emmerdé avec ça, hein ? ». Et puis, et vas-y que je te prends les mouettes en photo, que je vais poser à côté de l'aborigène "spécial touristes" qui joue du didgeridoo sur de la musique techno mais qu'il fait un peu trop frais pour jouer en slip alors du coup il porte son maillot des Wallabies, l'équipe de Cricket australienne. Et encore, je passe sur les râleurs de base, mais bon eux encore ça me fait rire, et puis je suis un râleur moi-même puisque je suis français, mais bon ça passe parce que l’australien ne comprend pas quand on râle en français, et effectivement, quel est l'intérêt de parler une langue que personne ne comprend si ce n'est pas pour balancer des vacheries.

C’est pourquoi, chers amis français qui avaient des envies de voyage, merci de penser à ceux qui, comme moi, se sont expatriés. Merci d’avoir un peu de respect pour le sacrifice émotionnel et financier qu’ont dû faire mes parents afin de satisfaire aux délires isolationnistes de leur fils. En plus sincèrement, en ce moment c’est l’Hiver. Z’êtes pas bien malin quand même. En Hiver à Sydney, on ne peut ni se baigner, ni faire du ski, alors à part faire 300 fois le tour de l’opéra à cloche pied (et au moins, ça ça serait drôle)…

Dans 2 mois, c’est bon, vous pourrez venir à Sydney, mais en attendant, si par hasard j’en croise un d’entre vous dans la rue, je le frappe.

Et pareil pour les gens qui se trimbalent avec le dernier bouquin d’Harry Potter et qui ont refusé le sac plastique gentiment proposé dans la boutique, juste pour l’exhiber et se la péter, comme si ça impressionnait vraiment quelqu’un. Genre démarche parfaitement naturelle de la nana qui se balade dans les rues en tenant fermement son livre contre sa poitrine, les bras croisés mais suffisamment espacés afin qu’on l’on puisse aisément lire le titre, parce que forcément, elle a pris soin de le tenir dans le bon sens - le tout en regardant dans les yeux chaque personne qu'elle croise. Enfin bref, avec tout le bordel que ça génère cette histoire de Harry Potter, j’espère au moins qu’elle l’a tué à la fin, sinon j’attaque pour publicité mensongère.

Et oui, hier je suis allé faire un tour dans la city, et ça m’a gavé. Maintenant, je ne sors plus de mon quartier, je préfère les punks et les drogués.

mardi, juillet 03, 2007

Nouvelle-Zélande - Part 4

Suite et fin...

(enfin)

En quittant Queenstown...

Après un bon petit McDo pour nous dépayser un peu plus, nous étions repartis. L’objectif était de se rapprocher le plus possible du glacier Franz Joseph. Julie a d’ailleurs conduit une bonne partie du trajet sur une petite route qu’elle a visiblement adoré a tel point que lorsque l’on voulait s’arrêter, elle, refusait de lâcher le volant. Nous avons finalement réussi à la convaincre de se montrer raisonnable (c’est le problème avec Julie, lorsqu’elle boit et conduit en même temps, ce qui finalement arrive assez régulièrement, elle devient vite ingérable) et avons trouvé un point de chute au bord d’un lac (pour changer) où, au moins, nous disions nous, aucun employé municipal ne devrait venir nous saouler. Et nous avions raison puisque nous avons retrouvé nos grasses mat’ inutiles mais habituelles. Nous avons toutefois atteint le glacier dans des temps raisonnables puisque nous avons dû y arriver vers midi. Les panneaux nous avertissaient toutefois qu’il était fortement déconseillé de nous approcher du glacier et qu’il valait mieux nous contenter du lookout point (les lookout - a prononcer loucoute - font patie de la grande famille des outes, très commune en NZ, avec les roundabouts (rondaboute) et les washout (wachoute). Les lookouts sont faits pour voir, les roundabouts pour tourner et les washouts pour faire attention). Nous n’étions cependant pas du genre a prendre peur par un simple panneau ridicule et avons fait comme 95% des gens, nous avons continué.

Bon bah, voila le glacier.

L'opération : "Allons sous la cascade parce qu'on n'a rien de mieux à faire". Loïc à gauche, moi à droite.

Le glacier est peut être l’un des endroits que j’ai le plus apprécié pendant ces 10 jours. Le bon point c'est qu'on a vraiment l'impression d'y être seuls, et vu que c'est plutôt spacieux et joli, c'est assez sympa. La première activité de la journée fut donc de se placer sous une cascade. Etant données les températures proches de 0 degrés, il n’était pas très raisonnable d’envisager de s’y placer sans précautions préalables. Ainsi, Loïc (toujours lui), sponsor officiel en équipement en tout genre, avait (bizarrement) pensé à ramener sa salopette de voile, qui combinée avec son manteau – k-way et ses chaussures de rando étanches constituait une parfaite combinaison à cascade. Juste pour la blague, parce que je suis avant tout quelqu’un de drôle, j’avais mal mis la salopette par-dessus la chaussure gauche, donc du coup je lui ai rendu une chaussure trempée. Pendant que nous amusions, bêtement certes, à nous prendre en photo sous la cascade, Julie et Quentin nous attendaient sagement au glacier, se demandant pourquoi on ne les suivait plus. Lorsque nous avons repris notre marche vers le glacier, nous les avons croisés qui revenaient (ça a bien dû nous prendre 30 minutes cette affaire). Quentin, qui apparemment avait discuté avec des gens qui l’avaient prévenu de l’arrivée imminente de gitans en quête de camping-car a décidé de rentrer défendre notre maison mobile. Quant à Julie, Loïc et moi, nous sommes repartis nous balader du coté du glacier. Nous n’avons pas trop tardé néanmoins car il nous restait encore beaucoup de route a faire. Il fallait vraiment commencer à remonter vers le Nord plutôt rapidement. Nous étions vendredi et nous avion un ferry à prendre le dimanche au Nord de l’ile.

L'antre du glacier à l'intérieur duquel nous pouvions entendre de gros blocs de glaces s'effondrer.

Nous avons donc roulé jusqu'à Punakaiki, qui sous son nom rigolo cache en fait le lieu où se trouvent les très fameux, et non moins rigolotement nommés, Pancakes rocks, appelés ainsi car ils sont striés (comme une pile de pancakes, quoi) et apparemment les chercheurs les plus respectables se disputent encore sur l’origine mystérieuse d’une telle formation. Encore une fois, ce fut toute une aventure de trouver un endroit pour nous poser. Nous avons même terminé dans un cul de sac, un petit chemin non pavé dans les broussailles ou il était impossible de faire demi tour et où nous avons bien galèré pour nous en sortir, réveillant au passage tout le voisinage, qui était en fait un petit amas d’hôtels et d’auberges de jeunesse (Notre sublimissime camping-car faisait bip bip quand il reculait, ce qui, couplé au bruit du moteur de camion en marche arrière bloqué dans la végétation florissante donnait une petite mélodie que tout mécano qui se respecte saurait apprécier). Nous avons malgré tout trouvé un emplacement, au bord d’une rivière et étions donc fin prêt à passer notre avant dernière soirée dans notre palace roulant.

Les fameux Pancakes Rocks. Alors, maintenant qu'il y a la photo, l'appélation ne devient-elle pas évidente ?

Le lendemain, nous sommes bien évidemment allés voir les Pancakes, idéal pour le petit déjeuner (hahaha) et avons recommencé à rouler, l’objectif était de se rapprocher au maximum de Picton, là où notre ferry nous attendait et où nous devions rendre le camping-car. Nous commencions donc à nous diriger clairement vers le nord et avons d’ailleurs roulé une bonne partie de la journée. Nous avons fait un premier arrêt alors que nous avions vu un pont suspendu sur la route. Ca nous a amusé alors on s’y est arrêté et nous sommes baladés dans le coin. Notre deuxième arrêt fut beaucoup plus intéressant puisque nous nous sommes arrêtés dans la charmante petite ville paumée de Murchison. Notre objectif était d’y faire des courses, de déjeuner (bien que nous étions déjà en milieu d'après midi) et de recharger nos appareils photos respectifs. Pour déjeuner, nous sommes allés dans le pub de la ville et nous ne fûmes pas déçus. En effet, plus le temps passait et plus la soirée approchait (17 heures dans cette région du globe), plus le nombre de clients augmentait - et quels clients ! Que des caricatures de familles fermières néo-zélandaises. A la fin, c’était toute la ville qui était là, même les enfants. Certains en short, t-shirt et bottes, comme le veut la vraie tradition et mode Néo-Zélandaise, et ce, même si (voire surtout si) il fait 0 degré. Bref on a eu le droit à un vrai petit défilé de tous les habitants, qui, pour verser encore plus dans la caricature, s'étaient en fait déplacer pour pouvoir suivre le match de rugby du soir.

Après avoir observé cette scène pittoresque pendant quelques temps (on a mit du temps à s'en lasser), fait nos courses, refait le plein d’essence et d’eau, nous partions pour notre dernier gros bout de route du trajet. Nous avions fait l’erreur de faire confiance à Loïc qui nous avait indiqué un endroit où l’on pourrait s’arrêter pour la nuit et qui nous permettrait le lendemain de grimper en haut d’un sommet afin de bénéficier d’une bien sympathique vue sur Marlborough Sounds. L’idée était de récupérer une petite route qui parcourait une sorte de presqu’île, jusqu’à une espèce de montagne (pour être précis). Malheureusement, cette route était beaucoup plus sinueuse que ce que Loïc avait prévu (en étant gentil et en supposant qu’il avait prévu quelque chose) et alors qu’il nous avait annoncé un temps de parcours de 40 minutes, nous n’avions fait, en une heure, que le quart. Nous avons finalement arrêté le camping-car à mi-chemin, à Portage, ayant eu largement notre dose de route pour la journée, mais aussi devant penser au timing du lendemain pour rendre le camping-car avant 17h et prendre le ferry. Ce fut une bonne idée, puisque nous avons réalisé le lendemain que la suite de la route était non goudronnée. Or, d’une, ça nous aurait pris un temps infini d’arriver jusqu’au bout, et de deux, nous n’étions pas autorisés à conduire notre bel engin sur une telle route.

C’était notre dernière soirée dans le camping-car, mais nous étions tous plutôt épuisés par toute la route que nous avions faite. Parmis les moments forts de cette soirée, la prise de photos ridicules de certaines personnes (enfin pas moi quand même) que je ne publierai pas ici afin de ne pas porter atteinte au concept de dignité humaine.

Nous avons pensé, à un moment, de décaler notre ferry et la remise du camping-car d’un jour afin d’avoir le temps de faire la randonnée en haut du sommet. Mais tout ceci allait dépendre du temps qu’il allait faire le lendemain, et bien sur, le temps fut un peu pourri donc nous avons décidé de conserver nos plans d’origine. Nous avons toutefois fait une petite balade, Quentin, toujours aussi parano, nous ayant encore une fois abandonné à la moitié du trajet. Le paysage était très joli mais le temps qu’il faisait a un peu ruiné les photos.

Un paysage, nuageux, de Marlborough Sounds

Il nous fallait ensuite retourner jusqu'à Picton, ville d’où partent les navettes faisant la liaison entre l’île du Sud et l’île du Nord. Nous avons passé une heure et demie à Picton, le temps de refaire tous nos bagages (le camping-car avait atteint un niveau de bordel ambiant assez élevé), de refaire le plein d’essence et de vider l’eau du camping car. Nous sommes arrivés avec une demie heure de retard à l’agence de location, chacun espérant secrêtement que l'agence serait fermée et que nous pourrions ainsi conserver notre camping-car, le 5e compagnon du voyage. Mais il n'en fut rien et l’employée de l'agence était tout sourriante, appréciant visiblement les heures supplémentaires. Les adieux au camping-car furent très difficiles et il est pour moi assez pénible de revenir là dessus étant données les violentes émotions que je ressens et surtout les inévitables sanglots qui m'envahissent à chaque fois que j'essaye de revenir sur cette épisode sensible de ma vie. Le lecteur comprendra ainsi que je ne souhaite pas m'y attarder.

La dame des camping-cars nous a alors conduit jusqu’au ferry qui, en un peu plus de 3 heures nous a amené jusqu'à Wellington, capitale de la NZ. Nous sommes ensuite, Julie Quentin et moi, directement allés nous coucher dans une auberge de jeunesse choisie au hasard (hasard limité tout de même puisqu’il s’agissait de la chaîne de backpackers la plus célèbre) et Loïc est sagement rentré chez lui.

Le lendemain matin, Julie et moi nous sommes levés relativement tôt, pendant que cette feignasse de Quentin continuait tranquillement sa nuit et, après un petit déjeuner bien copieux, nous sommes allés nous acquitter de notre devoir culturel du voyage en allant faire un tour du coté du musée de Wellington au nom rigolo (Te Papa museum) et avons profondément enrichi notre connaissance de la culture Maori ainsi et de l’histoire de l’immigration européenne en NZ (ce fut également l'occasion, sans doute unique dans une vie, d'admirer un possum focilisé dans le tarmac d'une route, fierté du musée qui cherchait par là à rendre hommage à tous ces possums victimes de l'incivilité au volant. Ceci nous a fait un petit pincement au coeur vu que nous nous en étions aussi faits quelques uns sur la route et avons également contribué à la fossilisation de centaines d'autres). Nous sommes ensuite allés rejoindre Quentin, qui s’était fait sortir de son lit par le staff de l’auberge, et Loïc, qui avait réussi à obtenir une pause déjeuner bien méritée après être arrivé une heure en retard au bureau et navigué sur Internet toute la matinée (y croyez-vous ? être en stage et n’avoir rien à faire, un comble…). Une fois la pause déjeuner terminée, Loïc est retourné sillonner l’Internet et Julie, Quentin et moi sommes partis visiter un peu le centre ville. Plus tard, Julie et moi sommes allés (en bus) au sommet du Mont Victoria où nous étions supposés avoir une belle vue sur Wellington sauf que le temps que nous arrivions en haut, il faisait très moche.

Une déclinaison de la Place de la Boule de Nanterre.

Nous sommes ensuite allés récupérer nos bagages à l’auberge de jeunesse afin de nous diriger vers chez Loïc. En effet, notre avion décollait à 6 heures du matin, et vu qu’il s’agissait d’un vol international, il fallait être à l’aéroport à 4 heures. Or, nous avions prévu le soir de se faire un restau et de sortir un peu pour notre dernière soirée de vacances et nous sommes donc arrivés à la conclusion que ça ne valait pas le coup de payer une nuit d’auberge de jeunesse pour seulement quelques heures. Par conséquent, par soucis d’économies, et aussi pour embêter un peu une dernière fois le maître de lieux, il a été convenu que nous squatterions chez Loïc jusqu’à 4 heures (tant pis, nous arriverions un peu en retard à l’aéroport) de telle sorte à ce que nous ne soyons pas, nous Sydneyiens, les seuls à arriver au boulot complètement décalqués le lendemain (ça c'est de la vraie solidarité de camping-carritstes). Ainsi, après un restaurant fort copieux, quelques bières et parties de billard dans un pub et une soirée à lutter pour rester éveillés chez Loïc et à regarder en boucle la vidéo de Sarko bourré (ou "content comme un petit garçon dans la cour des grands" si vous préférez), nous étions dans le taxi, direction l’aéroport. Puis ce fut l’attente interminable pour l’enregistrement des bagages, puis l’attente tout court à cause du retard, puis finalement le décollage et l’arrivée à Sydney vers 8h – 8h15 heure locale (il y a 2 heures de décalage horaire entre la NZ et l’Australie), puis une longue journée de comatage au bureau.

Et c'est ici que nous avons dû abandonner Loïc (oui, je sais, elle est facile)

Pour finir sur une petite touche poétique, une photo d'un bel arc en ciel sur un paysage nettement moins beau.

Et voici enfin, amis lecteurs, la fin de ce récit sur notre voyage en NZ. Je vous félicite, vous qui n’avez pas triché et vraiment tout lu, pour votre endurance et votre patience.

Pour ceux que ça intéresse, et je ne me fais pas d'illusions là dessus, moi et mes collocs ne sommes finalement plus virés de chez nous. Les nouveaux propriétaires veulent bien nous laisser jusqu'à Mai 2007 pour bouger. Bon, on n'a encore rien signé donc ça doit pouvoir encore changer.

Nouvelle-Zélande - Part 3

Bon, c'est décidé, il y aura 4 parties en tout et c'est déjà tout écrit donc ça ne changera pas. Et puis de toute façon, personne ne vous force à lire alors ce qui ne sont pas contents, tant pis.

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Hors-propos :

Avant de commencer, je voudrais vous informer que d'après le tampon sur mon passport, ça fait aujourd'hui un an que j'ai attéri sur le sol australien. Je me souhaite donc un bon anniversaire et mes voeux les plus sincères.

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Nous étions donc sur la route des fjords, encore une fois avec un temps superbe. L’objectif de la journée était de rouler un peu, puis de s’arrêter faire une petite randonnée en montagne de 3 heures, avant de repartir jusqu’à Milford Sound, c'est-à-dire au bout de la route « cul de sac » qui mène dans les fjords, et de là où partent tous les bateaux de croisière pour touristes.


Un paysage, visiblement.

Intégralement équipé de ma tenue recomposée du parfait petit randonneur, j’étais fin prêt pour cette marche à travers la forêt et qui devait nous mener jusqu’à un lac où nous pourrions nous y arrêter 3 minutes avant de redescendre car, d’après l’employée du visitor center de Te Anau, la route commençait à geler vers 3 heures de l’après midi et visiblement, elle n’avait pas l’air de nous considérer, au look, comme des as du volant. Ayant perdu pas mal de temps le matin à se lever, refaire le plein d’essence, remplir et vider l’eau, refaire le plein de gaz et acheter mes chaussures, il nous fallait être efficaces. Malheureusement, si il y a bien une chose qui nous a caractérisé pendant ces 10 jours, c’est notre manque d’efficacité et notamment notre incapacité à nous lever à l’heure prévue.


Les beautés de la symétrie axiale.

Nous avons donc commencé notre petite marche tranquillement, avons observé avec beaucoup d’intérêt un petit torrent, observation dont a découlé un nombre impressionnant de photos ratées et avons imperturbablement poursuivi notre ascension vers notre lac que nous avons atteint une heure et demie plus tard.


Le lac, photo un peu batarde mais c'était ça ou le contre jour.

Le même lac, mais vu un autre jour, d'un autre endroit et avec un autre temps.

Nous avons dû rester au lac quelque chose comme une petite heure, l’histoire de prendre quelques photos en contre-jour afin d’enrichir notre collection de photos ratées, de s’asseoir sur des cailloux pour discuter de je ne sais plus quel sujet terriblement profond que nous inspirait ce lieu et de laisser Loïc essayer son chapeau ridicule et moche qu’il avait décidé de prendre avec lui ce jour là et dont, on ne saura jamais comment ni pourquoi, il a pu en être fier et se résoudre à nous le montrer. Une fois toutes ces étapes indispensables à notre accomplissement personnel effectuées et une heure de retard sur notre planning, nous étions sur le chemin du retour. Quentin, grand amateur de marche à pied devant l’Eternel avait de l’avance et nous ne l’avons quasiment pas vu de la descente. Par conséquent, il n’a pas pu participer à nos riches débats qui ont animé notre parcours et dont je vous épargnerai l'énumération.


Randonnée en forêt.

Ca, c'est pour montrer que j'étais là.

Quitte à ce qu'il soit fier de son chapeau moche et ridicule, autant diffuser la photo.

Nous sommes arrivés à notre camping-car bien après 3 heures, mais il n’y avait aucune crainte à avoir puisque c’était moi qui allait conduire pour le reste de la journée. Ce fut d’ailleurs un petit plaisir de conduire ce petit bolide de 3 tonnes 8 sur des routes de montagne. Grâce à ma parfaite maîtrise des dérapages contrôlés avec freinage au frein à main à 90 km en descente sur une route en lacets verglacée, nous sommes arrivés sains et saufs à destination, malheureusement un peu tard et notre vue sur les fjords était un peu sombre (ceci dit, c’était parfait pour nos photos ratées) et le lendemain, le temps était plutôt bien nuageux.


Les fjords, de nuit et à marrée basse

Les fjords, de jour, à marrée haute mais avec temps pourri.

idem.

Puisque nous étions arrivés au bout de la route des fjords, il nous fallait maintenant faire demi-tour. Nous avions prévu une randonnée de 6 heures qui devait nous mener à un sommet et à une cascade. Malheureusement notre efficacité matinale n’ayant pas connue d’amélioration nous avons dû nous limiter à 5 heures de rando et avons abandonné la cascade. Quentin, qui pourtant a la randonnée dans la peau n’a malheureusement pas pu se joindre à nous car il tenait absolument a garder le camping car au cas où des gitans néo-zélandais essaieraient de nous le piquer, car il faut dire que c’était un bien beau model que nous avions là.

Nous avions tout prévu la veille et notamment de quoi manger avec une succulente salade de riz. Le problème, c’est que nous n’avions pas de Tupperware. La solution foireuse est donc venue de Loïc et de ses idées magiquement impraticables mais auxquelles il aime bien s’accrocher. Vu que nous avions acheté une grosse bouteille d’eau de 4 litres et que nous en avions bu plus de la moitié, nous pouvions transvaser l’eau restante dans des bouteilles vides de tailles normales que nous avions en réserve et ainsi mettre notre salade de riz dans la bouteille de 4 litres. Et c’est ainsi que nous avons passé une heure de notre soirée, et donc de notre vie, à remplir à la petite cuiller notre bouteille de 4 litres de salade de riz, qui une fois rebouchée ne présentait pas de risque de se renverser dans le sac. Bien sur, il s’agissait là d’une solution au problème. Une autre solution aurait été d’ouvrir le placard sous l’évier et de prendre les quelques Tupperwares que Pacific Horizon avait mis à notre disposition. Pourtant Julie nous avait bien assuré qu’elle avait regardé partout. Et oui, voilà le genre de personnes qui m’entouraient pendant ces 10 jours, et pourtant, j’ai survécu.

Nous sommes donc partis pour notre promenade et avons atteint le sommet assez facilement. Il était alors temps de déguster cette bonne salade de riz qui nous avait donné tant de mal la veille. Extraire la salade ne fut pas non plus une mince affaire et la pauvre bouteille a d’ailleurs fini décapitée à la fin. Une fois notre copieux repas englouti, un miracle se produisit : une éclairci pour nos photos. Celle-ci fut brève mais suffisante et nous pouvions alors continuer notre petite visite du sommet. S’en ait suivi une bataille de boules de neige dans laquelle j’ai humilié Loïc, puis une redescente et la décision de poursuivre notre randonnée dans une nouvelle direction vu qu’il nous restait pas mal de temps. Nous sommes ensuite retournés à notre précieux camping-car où Quentin nous a appris qu’il avait bravement repoussé 7 assauts de hordes de gitans sauvages aux dents crochues et fort aiguisées.

Les fameux plats raffinés et tout préparés du père Loïc.

Tellement succulent que tout a été englouti très rapidement (non, ce n'est pas juste parce qu'il faisait très froid et qu'on avait envie de bouger).

Un exemple de passage hautement périlleux auxquels nous avons été régulièrement confrontés.

Nous sommes alors repartis sur la route, direction Queenstown, la ville hype à la mode de NZ ou nous avions prévu d’aller skier si les conditions météorologiques nous allaient. Ce fut une longue route et une fois arrivés sur place nous avions une nouvelle mission « remplissage de gaz » à effectuer, ce qui nous a pris une bonne heure supplémentaire, le temps de trouver la station essence qui nous avait maintes fois été indiquée mais qui était si bien cachée. Tout ça pour nous rendre compte que la bouteille était encore bien pleine. Nous avons ensuite garé notre camping car en ville, au bord du lac où nous avons passé notre nuit.


Le lac de Queenstown de jour et de haut.

Le réveil fut inhabituellement efficace. En effet, aux alentours de 9h, de grands coups nerveux furent frappés à notre porte. Sans doute un voisin, un camarade de camping-car admiratif devant notre beau model, souhait-il faire notre connaissance en nous offrant un pack de bières pour le petit déjeuner. Quelle ne fut pas notre surprise en ouvrant la porte de trouver un employé municipal plutôt vénère nous exhortant à quitter les lieux rapidement si on ne voulait pas se taper une amende. Le fait que nous ayons garé notre sublime camping-car en plein centre ville n’était visiblement pas de son goût. Encore un citadin intolérant, nous sommes nous dit, qui ne comprend rien à la beauté du camping, perpétrant ainsi l’oppression d’une population pacifique de camping-carristes (terme trouvé sur les sites internet français voués au camping-car dont je vous recommande chaudement la lecture, et notamment le forum Yahoo Groups) qui errent de parkings en parkings à la recherche d’un emplacement où ils trouveront un peu de réconfort et non pas cette hostilité permanente des riverains qui, du haut de leur égoïsme et de toute leur prétention alors que leur maison à eux ne roule même pas, refusent de troquer pendant ne serait-ce que quelques jours, leur belle vue, contre celle, plus humaine, d’un groupe de sympathiques gaillards en short-tongues-marcel qui font sécher leurs slips sur une corde tendue entre leur camping-car et un arbre, le tout en faisant griller des merguez sur un barbecue. L’agent municipal, disais-je donc, nous a alors remis un petit papier nous expliquant qu’en Nouvelle-Zélande, le camping était interdit dans les agglomérations et dans un rayon de 10 km, sauf si nous allions dans un camping spécial, prévu a cet effet. Encore une fois, on nous chassait comme de vulgaires parasites. Devant si peu d’hospitalité, nous décidâmes donc de bouger notre véhicule dans un parking voisin, endroit charmant pour notre petit déjeuner.


Le lac et la ville.

Le golf de Queenstown.

La matinée devait être consacrée à faire quelques achats et l’après midi a skier. Un employé d’une station service nous ayant dit qu’il avait été skier quelques jours plus tôt et que c’était bien. Nous avons donc commencé notre journée par le visitor center afin de nous renseigner sur les différentes stations et comment y accéder. J’ai également acheté quelques cartes postales (que personne ne recevra vu que je les ai perdues quelques jours plus tard) et suis ensuite parti en quête d’un bonnet, afin de parfaire mon look sur les pistes. Julie et Quentin, qui étaient restés un peu plus longtemps dans le camping-car, car subjugués par la vue sur le parking sont également passés par le visitor center. Apparemment la personne que l’on avait vue avec Loïc nous avait caché bien des choses (la bougresse), puisque selon Julie et Quentin, seulement trois pistes étaient ouvertes, ce qui, vous l’admettrez est un peu juste pour acheter un forfait demie journée + louer du matériel de ski. Abattus par cette nouvelle terrible et surtout moi, dégoûté de ne pas pouvoir me pavaner avec mon nouveau bonnet sur les pistes, nous sommes allés nous prendre un chocolat chaud avant de commencer une nouvelle balade et d’aller du coup visiter la ville. Nous avons fini en haut d’une colline accessible par télésiège et qui amène le touriste dans un centre spécialement conçu pour lui avec boutique souvenir du meilleur gout, restaurant, toilettes tout confort, saut a l’élastique, départs en parapente. Nous nous sommes contentés de la luge à roulettes que Loïc n’hésitera pas un instant à qualifier plus tard d’activité extrême, mais bon, après tout, on a les références qu'on a.

Et pour finir, une petite photo de groupe où seuls sont dans la lumière ceux qui le méritent. Vous noterez au passage mon beau bonnet.