mercredi, novembre 29, 2006

Et oui, vous le savez sans doute, c’est la saison des départs, alors, en hommage à ces quelques mois de joyeuse collocation, nous avons décidé avec les collocs survivants, c'est-à-dire Sandra, Isabelle, Thorsten et moi (Hakon étant considéré comme un colloc mort-vivant) de partir pour un dernier week-end, à Fraser Island, la plus grande île de sable du monde (Tin Tin !). Deux intrus allemands nous ont néanmoins rejoints : Julia (à prononcer Youlia) et Christian (à prononcer comme le féminin du prénom en français). L’objectif du voyage : partir passer 3 jours et 2 nuits sur cette île, au milieu de la nature, en camping et avec un 4x4 (seul moyen de locomotion sur l’île).


Mon instant cowboy solitaire

Jeudi, nous avons donc pris un bus en début d’après midi afin de rejoindre Harvey Bay, l’endroit où nous attendait le ferry pour nous rendre sur l’île. Là encore, alors que le trajet doit prendre grosso modo 3 heures en voiture, il nous a fallu 7 heures pour y arriver en bus. Nous avons donc passé une nuit dans une auberge de jeunesse avant de nous lever le lendemain matin à 6 heures afin d’être fin prêt pour aller voir la vidéo de 6h50 qui nous expliquait comment agir sur l’île, comment y conduire, et surtout, comment se protéger des redoutables dingos, les chiens sauvages australiens pouvant être agressifs et ayant déjà tué quelques enfants sur l’île. La cassette nous expliquait donc qu’il fallait être « Dingo aware » et « Dingo smart » en ne leur donnant pas à manger, en ne nous déplaçant jamais seul sur l’île et en croisant les bras si on en rencontrait un sur notre chemin (ce dernier point ayant été brillamment illustré par deux actrices talentueuses dont l’interprétation de la peur puis du soulagement était tout à fait saisissante). Nous avons également récupéré tout le matériel de camping et avons donc embarqué sur le ferry avec notre 4x4 10 personnes pour nous 6.

Un redoutable dingo sanguinaire mangeur d'enfants.

Une méduse échouée, c'est pour Tof, je sais qu'il est amateur.

Mais qu’y a-t-il à faire à Fraser me direz-vous ? Globalement, une journée à Fraser consiste à aller se baigner dans les lacs, se promener avec le 4x4 et camper au milieu de la forêt tropicale ou sur la plage. Et surtout, on passe beaucoup de temps à sortir et ranger le matériel de camping. Tu veux te faire griller un, steak ? Et ben c’est simple, tu décharges tout parce que la grille est rangée tout au fond. Pourquoi ne pas la ranger à un autre endroit ? Parce qu’une seule disposition permet de faire tenir tout le matos dans un petit espace et celle-ci impose de mettre la grille au fond. Je ne vous raconte pas les matinées sympas, genre réveil à 6h ou 4h pour la deuxième nuit et hop, on nettoie, on remballe, on charge pendant une heure, tout en se sentant sale car pas de douche à proximité, pas de petit dej, et une irrésistible envie de retourner se coucher dans un vrai lit. Ceci dit, maintenant, ça fait un excellent souvenir, sur le coup c'est moins drôle.

Première nuit : camping dans la forêt.

Lever de soleil à 5h après une nuit sur la plage.

Le Lac Mc Kenzee, avec de l'eau très chaude.

Et puis j’ai conduit le 4x4 aussi. C’était la première fois que je conduisais depuis 5 mois, la première fois que le volant était à droite, le levier de vitesse dans la main gauche, et aussi la première fois que je conduisais sans moniteur à côté de moi. Je n’ai bien sûr pas manqué de rappeler tous ces points à mes 5 compagnons de voyage qui, je ne comprends pas pourquoi, n’avaient pas l’air très enthousiastes à l’idée de me laisser conduire. Mais il fallait plus que des réticences pour m’arrêter dans mon élan et j’ai donc démarré la voiture dans nuage de poussière digne d’un grand pilote de rallye.

Notre 4x4 pour polluer l'île.

Non, je déconne, j’ai callé. Et puis j’ai recallé. Et puis j’ai réussi à démarrer. Mais quand j’ai voulu passer la troisième, je me suis planté et j’ai passé la première. La tronche de mes passagers ne cessait de s’assombrir. Mais bon, une minute plus tard, tout allait bien, et je me suis donc bien amusé à conduire ce gros truc dans les bosses et à traverser les petits ruisseaux qui se jettent dans la mer, tout en générant des gerbes d’eau qui venaient mouiller les passagers qui avaient laissé leur fenêtre ouverte. Ca change quand même de la conduite à Evry et Ris Orangis. Rien qu’au niveau du paysage, entre rouler dans la zone industrielle de Corbeil-Essonnes et sur la plage entre l’océan pacifique et la forêt, on sent la différence. Enfin j’ai quand même encore du mal avec le fait de doubler ou de me faire doubler par la droite, genre « Oh la voiture qui était derrière moi a disparu ! ». Heureusement à aucun moment je n’ai tenté de tourner à droite pour me jeter dans l’océan, donc pas de souci.

Me voila au volant et sans accident.

Voila à quoi ça ressemble quand on conduit à l'intérieur de l'île.

L'équipe presque au complet, il manque Isabelle, la photographe.

A part ça, au moment où je vous parle, nous ne sommes plus que 2 dans la maison. Le matin même de notre départ pour Fraser, à 4h, Felipe est parti et nous avons perdu Thorsten en rentrant. Il a continué sa route vers le nord alors qu’Isabelle, Sandra et moi sommes tristement rentrés à Brisbane. Ca devient franchement pas drôle. Et le plus triste, c’est sans doute qu’Hakon, le psychologiquement dérangé norvégien dont le dernier grand exploit pendant notre absence de la maison pour notre voyage à Fraser fut de sortir une poêle électrique dans un coin du jardin, de la laisser retournée et pourrir afin de laisser des petits vers blancs naître dedans est parti sans nous dire au revoir. Je me suis senti trahi. Une telle amitié ruinée par une personne qui s’en va lâchement sans dire au revoir aux personnes qu’elle aimait tant… Non mais sans déconner, c’est tout de même incroyable. Ca fait quand même 5 mois qu’on vit dans la même maison (même si mises bout à bout, la longueur de mes conversations avec lui n’ont pas dû excéder 5 minutes, ce qui fait tout de même une bonne moyenne d’1 minute par mois) et le gars se barre sans dire au revoir. En même temps, il aura été fidèle à lui-même jusqu’au bout.

Bref, l’équation « nombre de personnes < nombre de salles de bain » est devenue vraie ce matin lorsque Isabelle a quitté la maison à 6 heures du matin et que j’avais mal réglé mon réveil (6h45 au lieu de 5h45). Heureusement, elle n’a pas hésité à me réveiller (Isabelle a un don pour réveiller les gens, notamment grâce à sa voix de Barry White). Enfin là j’ai franchement pas compris tout ce qu’il se passait. J’avais la tête dans le cul et le taxi était déjà là, en 3 minutes elle était partie et je suis retourné aller me coucher. Je fais donc publiquement mes excuses à Isabelle pour ce départ foiré. Sandra quant à elle se prépare son voyage à Melbourne et en Tasmanie et moi je serai de retour à Paris le 9 décembre à 6h25 du matin. Franchement, il est temps de partir parce que là, c’est un peu glauque. Je pense que je vais aller voir Borat ce soir ça me fera une bonne activité de soirée, ma coiffeuse m’ayant recommandé ce film.

jeudi, novembre 16, 2006

Bon alors en fait j’avais un post qui était tout prêt depuis mardi, mais il était nul alors j’ai décidé de le recommencer. En effet, obtenir une mauvaise critique dans Le Monde alors que ma brillante carrière de blogueur acclamé démarre n’aurait pas été très judicieux. Mais bon, faisons fi de tous ces états d’âmes qui obscurcissent notre quotidien et parlons plus tôt de ce qui nous rassemble tous sur ces pages : ma vie.

Commençons tout d’abord par la fin : aujourd’hui, je suis en grandes vacances. Et oui, c’est l’été et les petits australiens ont 3 mois de vacances pour fêter Noël au soleil. Alors, moi je vous avoue, je n’y crois pas une seconde que Noël c’est dans 1 mois et demi. Le mercure commence à monter en flèche et imaginer un sapin de Noël sous ce soleil me déprimerait profondément (ceci dit on commence à voir les décos de Noël dans les magasins, notamment des faux sapins). En parlant de beau temps, aujourd’hui, pour mon dernier partiel, j’ai décidé de me la jouer maxi-touriste : pas de sac à dos, juste un stylo dans la poche (mais Mont-Blanc s’il vous plaît – de cette façon, je rassure ma Maman en insinuant par une pirouette littéraire très subtile que je ne l’ai pas perdu), un t-shirt, un short, des lunettes de soleil, des tongs et mon Ipod (que je ne me suis toujours pas fait voler non plus). Bref, j’avais le look du genre de gars qu’on prend au sérieux quand il rentre dans une salle d’examen, sauf que cette fois je ne suis pas parti au bout d’une heure et demie, durée minimale pendant laquelle on doit rester dans la salle. Et oui, j’ai bien dû y rester 2h20 ! (sur 3 heures). Au partiel d’avant, j’étais parti au bout d’une heure et demie pile, mais bon, je n’avais besoin que de 4/50 pour valider (trop de stress) grâce à mes amis chinois qui m’ont fait avoir des super notes aux deux dossiers qu’on ils avaient rendu (87,5/100 et 95/100).

Enfin bref, c’est les vacances, et pour fêter ça avant l’heure, je suis parti le week-end dernier à Byron Bay avec Sandra, Isabelle et Felipe. Byron Bay, c’est dans le New South Wales (Nouvelles Galles du Sud pour les grenouilles) et c’est le deuxième endroit le plus touristique de cet Etat après Sydney. Pour tout vous dire, Byron Bay, c’est à au moins 2 heures de voiture de Brisbane et 1 heure de décalage horaire. Un truc de taré quoi ! Et puis Byron Bay, c’est à une heure (je crois) de Nimbin – la ville hippie de l’Australie où, étonnamment, les vaillantes forces de l’ordre australiennes ont l’air de fermer les yeux sur la consommation de substances illicites. Je ne suis pas allé à Nimbin, mais il paraît que c’est marrant parce qu’il n’y a que des hippies défoncés et de toutes les couleurs (et j’imagine que quand on est défoncé et qu’on voit des hippies défoncés de toutes les couleurs, ça doit être encore plus drôle). D’ailleurs, beaucoup de « backpackers » (les routards en quelque sorte) passent à Nimbin et y restent beaucoup plus longtemps que prévu : parce qu’ils sont tout le temps stone, ils n’arrivent plus à décoller. Mais bon, en même temps, ce sont des backpackers, pas des membres de l’élite intellectuelle mondiale. Parce que les auberges de jeunesse, au début, on trouve ça sympa. C’est plein de jeunes qui partent à la conquête de l’immensité du territoire australien, et l’Australie est le pays qui a le plus d’auberges de jeunesse. Mais à la longue, les backpackers, ça saoule parce que finalement, les conversations y sont rarement intéressantes et les rencontres, la plupart du temps superficielles – on se comporte avec quelqu’un comme si c’était son meilleur porte alors que quelques jours plus tard on lui dira adieu sans trop de regrets. Voici, une scène typique prenant place dans une auberge de jeunesse. Pour planter le décor (pour mes lecteurs du troisième âge), il faut préciser que tout jeune qui se respecte, et nous le savons à l’INT, doit en permanence avoir de l’alcool à portée de main. Donc dans les auberges de jeunesse, tout le monde a des bières pour passer le temps le soir.

- « Hey salut, j’peux me poser avec vous pour quelques bières ? »

[Interlude culturelle : il me semble important de préciser que la personne est à ce moment là équipée d’une magnifique glacière bleue contenant sans doute plusieurs dizaines de bières. De plus, le mot bière est un mot fondamental de la langue anglaise, à tel point qu’on l’omet souvent. Par exemple, ici, notre nouveau camarade nous a dit « Can I join you to share a few ». La présence du mot « beer » étant tout à fait facultative. De la même manière, nous dirons « Yeah, I’ll just go there and have a few », mais retournons plutôt à la suite de notre récit]

- « Ouais, bien sûr ! [d’un ton faussement enthousiaste] »

- « Alors vous venez d’où »

- « De tels pays, et toi ? »

- « De ce pays »

Alors là deux, solutions, soit on connaît la géographie du pays et on se risque à demander d’où exactement vient la personne pour lui faire croire qu’on s’intéresse à elle, sinon on réponds juste OK

- « Ok »

- « Et vous avez fait quoi en Australie »

- « Bah en fait, on est étudiants, blablalbla »

- « Ah ouais, c’est cool »

A ce moment là s’installe un silence embarrassant qui nous force à poser la question :

- « Et toi tu as fait quoi ? »

- « Alors moi je suis allé là, et puis là et puis là et puis là et puis là et là »

- « Ah bah c’est bien »

- « Ouais »

- « … »

- « Bon, bah les gars, passez une bonne soirée et à plus tard »

- « Ouais ciao »

Et la personne reprend sa glacière, et s’en va recommencer la même conversation avec d’autres gens.

Bref, en fait les backpackers contrairement à ce qu’on pourrait croire, sont tous des clones. C’est ce qu’on se disait à Byron Bay. Et puis sincèrement, ils gueulent tout le temps, sans aucun respect pour les autres gens qui pourraient par exemple avoir l’étrange idée de dormir à 4 heures du matin. Enfin bref, on est loin de l’image de la personne qui part à l’aventure dans les coins reculés du monde. Plus des jeunes beaufs qui picolent jusqu’à tard et ensuite passent leur journée dans la salle télé de l’auberge de jeunesse alors qu’il fait un temps superbe (bon d’accord je caricature à donf, mais sinon c’est pas marrant).

Une plage de surf de Byron Bay

Le beau temps de Byron Bay

Nous sommes donc restés trois jours à Byron Bay. Le soleil tapait sérieusement, je pense que je n’ai jamais vu ça. L’indice UV devait être de 13. L’échelle monte jusqu’à 15. J’avais ma crème solaire Nivea Sun en Spray indice 30. J’en ai mis toutes les 20 minutes sinon je brûlais. Vous auriez du voir la pauvre Isabelle qui s’était contentée d’une application par heure. Et pourtant, Isabelle, c’est le genre de personne qui est tellement blanche qu’elle devrait réfléchir les rayons du soleil au lieu de les absorber. Et pourtant, Isabelle est passée du navet à la tomate. Mais pas moi, parce que je suis responsable. Donc oui, on s’est fait une journée plage, vous comprenez, on avait une heure de décalage horaire dans les pattes et un voyage exténuant, il fallait donc bien qu’on se repose. Toutefois, quelques baignades quelque peu agitées à cause de la force des vagues et surtout des nombreux requins qu’il faut courageusement combattre et abattre toutes les 30 secondes, agrémentèrent notre journée bien remplie. J’ai aussi accompli quelque chose de fondamental en Australie qui va enfin me permettre de parfaitement m’intégrer à la population : j’ai acheté des tongs (flip-flops en anglais) ! En Australie (enfin en tous cas dans le Queensland), les tongs, sont les chaussures les plus répandues. Même à Brisbane, qui n’est pas au bord de la mer, on va faire ses courses en tongs, on va en cours en tong, bref, on a la tong attitude. Et bah moi je ne l’avais pas jusqu’à ce jour, où j’ai enfin décidé d’acheter ces précieux accessoires de mode. Ce sont des Flojos (l’homologue australien des Fluchos ? – private joke). Elles sont noires, profilées et très élégantes, fini les « Non tu ne peux pas rentrer, tu portes des baskets ! ».

En ce qui concerne les soirées, ce n’était pas la grosse teuf. Enfin si un soir c’était blindé, mais nous n’étions pas en grande forme, nous avons préféré aller dormir. A 3 heures du matin, nos charmants « colocataires » ricains avec qui nous partagions les salles communes de notre modeste « appartement » sont rentrés complètement torchés et on beuglé jusqu’à 5 heures, j’étais aux anges. Le lendemain, nous sommes tout de même allés faire un tour du côté du phare de Byron Bay (qui aurait aussi pu être le phare de Disney Land) et notamment du point le plus à l’est de l’Australie. C’était un moment magique. On sent vraiment qu’on est à l’Est, sans doute à cause de l’atmosphère très « est » qui y règne. Alors pour donner un peu d’intérêt au point le plus à l’est de l’Australie, je me suis dit que c’était quelque part le point d’Australie le plus éloigné de la France (après faut nager), mais non, dans le Sud de l’Australie, on est plus loin. Donc le point le plus à l’Est de l’Australie est parfaitement sans intérêt.

Le point le plus à l'est de l'Australie

Les merveilles qu'on trouve au point le plus à l'est de l'Australie

Mais à Byron Bay, il y a aussi des gens trop coool ! On sent que Nimbin n'est pas loin...

Sinon, je réalise que je vous ai laissé sans nouvelle de mon dernier mystère de la disparition de deux shorts, une chemise et un jean. Ils ont tout simplement été volés pendant qu’ils séchaient sur la corde à linge. En effet, il semblerait que des personnes pénètrent dans notre jardin la nuit (la porte étant ouverte). Thorsten s’est fait chourer son maillot de bain et Sandra, plus embêtant, son vélo ! Nous avons donc rappelé l’agence pour les sommer de nous fournir la télécommande permettant de contrôler la porte du jardin, ce que nous avaient jusqu’à présent refusé les proprios, mais maintenant, on est énervé. Bref, j’ai plus qu’un short et vu les montées de température, il va falloir que j’en rachète (quoiqu’il parait qu’une vague de froid monte vers le nord – il a neigé dans le Queensland pour la première fois depuis 65 ans - et c'est l'été ici, et le Queensland c'est ze "sunshine state", c'est d'ailleurs là où je suis mais chez moi ça va plutôt bien pourl'instant).

Et oui, même s'il y a des endroits où il fait très froid en ce moment en Australie, moi ça va (avec joli coup de soleil dans le dos)

Et voici une grenouille qui nous a divertis pendant toute une soirée. On ne voit pas bien, mais elle a deux glandes à poison sur la tête (des boursouflures sur les côtés) et quand les autres animaux la mangent, ils meurent (source : Felipe, expert en crapeaux et présent sur cette photo). Comprenez le risque pour un français, réputé pour manger des grenouilles.

Autre événement important de ces derniers jours, le départ d’Alistair. La collocation descend donc à 5 personnes (Hakon non compris). Prochain départ jeudi prochain, celui de Felipe et Isabelle à la toute fin de ce mois. La fin de 4 mois et demie de collocation approche, ce n’est franchement pas rigolo : bientôt, nous ne pourrons plus jouer au Risk.

Enfin, nous devrions la semaine prochaine partir à Surfers Paradise. En effet, en Australie, à la fin des cours, tous les étudiants vont sur la Gold Coast et font la méga teuf pendant 10 jours. D’après la télé 50 000 étudiants sont attendus à Surfers Paradise. Un départ pour Fraser Island est également en préparation pour la fin de la semaine prochaine et je devrais finalement avoir plus d’infos sur un éventuel stage lundi.

Sinon, pour parler des relations franco-australiennes, ce n’est pas la grosse joie. Figurez-vous, que Villepin a franchement énervé les australiens avec ses histoires de taxer les produits venant de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto (ce qui est le cas de l’Australie dont le premier ministre, bien que 80% de la population australienne souhaite la ratification du traité, à encore réaffirmé suite au dossier de l’anglais sur le réchauffement climatique et l’économie, que cela n’avait aucun sens pour l’économie australienne – exactement comme Bush dont il est le petit chien comme Blair). Du coup, les journaux australiens étaient pas mal remontés hier. Il y avait un titre qui se terminait par « Back Off, Frogs ». En fait, ce qui les énerve surtout, c’est qu’on ait fait des essais nucléaires pendant 30 ans à côté de l’Australie et qu’on vienne la ramener en matière d’écologie.

Enfin, pour terminer ce post qui est déjà trop long, je tenais à rendre hommage et à remercier les personnes qui continuent à entretenir ma mémoire en France, je veux parler de celles et ceux qui étaient présents à l’anniversaire de Sarah et qui ont pu se recueillir autour de ma photo dressée sur la table. Bref, une mise en scène mortuaire comme je les aime, à tel point que le serveur aurait demandé « C’est en la mémoire de Monsieur ? », donc merci beaucoup pour ça. Et puis au-delà de ça, chers amis de Courbevoie et autres cités malfamées du 92, ça m’a vraiment fait super plaisir de voir des photos de vous, bande d’égoïstes qui ne tenez pas de blog. Donc je n’étais pas là physiquement, mais ma photo y était et vous avez pu la vénérer et vous savez combien ça compte pour moi, aspirant dictateur et futur empereur de France, de savoir qu’il y a déjà des gens dans le monde qui se recueillent autour de ma photo.

Me voilà élevé au rang d'une divinité

Ma photo tronant au milieu de la table. Si tout le monde faisait ça, le monde irait mieux.

dimanche, novembre 05, 2006

Encore une fois, sous la pression des milliers de lettres que je reçois chaque jour, je reposte à nouveau, pour votre plus grand plaisir.

Malheureusement, il ne s’est pas passé grand-chose ces derniers jours. Pas vraiment de quoi refaire un poste égocentrique où j’explique comment c’est incroyable de vivre en Australie, comment on se fait attaquer par des oiseaux, comment on enterre sa carte bleue sous l’opéra de Sydney ou encore, comment on vit constamment dans la peur de se faire égorger la nuit par un norvégien instable. Enfin bref, le genre de post où j’explique à quel point c’est complètement démodé et un brin pathétique de vivre en France.

Je vais tout de même essayer de rendre ça intéressant grâce à de nombreux effets de style littéraires dont j’ai le secret et qui masquent efficacement la pauvreté d’un récit.

Bon et bien en gros, je suis en période de partiel, et c’est génial. Ça s’étale sur plus de deux semaines et je n’ai que 4 exams. La moitié de mes collocs (norvégien non compris) est en vacances et moi je dois poireauter jusqu’au 16. Pendant ce temps là, mes collocs me foutent la rage, genre :

- « Et Arnaud, ça te dit de sortir ce soir ? On va trop faire la fête et vomir partout, ça va être génial !»

- « Euh non merci, il me reste encore 10 powerpoints de 80 slides à apprendre par cœur pour mon partiel de demain »

Et oui, pour le moment, c’est mon expérience des partiels. Une seule solution pour cartonner : tout apprendre par cœur. Le seul problème, et pas le moindre, c’est la motivation. Surtout pour les matières pipo.

Bon parce que nous, en France, on a aussi des matières pipo (Marie-Noëlle ! Marie-Noëlle !). Des cours où tout ce que l’on nous sort, c’est du vent même pas rafraîchissant. Mais en France, au moins, on peut répondre à du vent par du vent (une variante à « combattre le feu par le feu »). C'est-à-dire qu’on peut se pointer en partiel et raconter toutes les conneries qu’on veut. Comme le but de la matière, c’est de ne rien dire autour d’un sujet flou, on peut marquer n’importe quoi au partiel, à partir du moment où on ne raconte rien.

Mais en Australie, ce n’est pas pareil. En effet, on ne peut pas se permettre de sortir le vent qu’on veut. Le vent est déterminé par avance par le cours, et ce de manière très précise.

Prenons un exemple, celui de mon cours intitulé « Architecture d’Entreprise ». Bon, rien qu’au nom on sait que c’est du pet de kangourou. Alors dans ce cours, on va vous expliquer que l’architecture d’entreprise (dont on prendra soin de ne jamais définir clairement ce que c’est de manière à ce que l’élève puisse s’imaginer indifféremment qu’il s’agit d’un type de maçonnerie particulier ou d’un concept révolutionnaire qui va permettre à toutes les entreprises d’éclater la gueule de ses concurrents) est composée de 4 domaines : l’architecture du business, l’architecture des applications, l’architecture de l’information et l’architecture des technologies.

Bon, jusque là rien de choquant, ce n’est que du vent. Par exemple, en France, pas besoin d’avoir lu le cours pour répondre à la question « qu’est-ce que l’architecture de l’information ? ». Tout individu étant doté d’au moins deux neurones (et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça fait du monde), est capable de bidouiller une réponse du genre « c’est le fait de structurer l’information nécessaire à l’atteinte des objectifs stratégiques et financiers de l’entreprise et d’assurer sa bonne transmission entre ses différentes entités, l’entreprise étant avant tout un corps hétérogènes formée d’hommes provenant de divers horizons et organisés aux seins de processus métier », ou toute autre connerie dans le genre. En tous cas, en France, l’élève peut laisser libre cours à son imagination et raconter l’histoire qu’il veut, permettant par la même occasion au correcteur de continuer à voyager au fur et à mesure qu’il corrige des copies sans tomber dans la monotonie déprimante de la lecture définitions qui se suivent et se ressemblent.

En Australie, donc, il en va tout autrement. Pas question de répondre n’importe quoi à une question qui bien que parfaitement venteuse, n’en demeure pas moins très précise. En effet, ici, à la même question que celle citée précédemment on ne peut imaginer d’autres réponses que : « L’architecture de l’information est le résultat de la modélisation de l’information nécessaire au soutient des processus métiers et des fonctions de l’entreprise ». Bon alors là aussi, c’est du gros vent. On pourrait même dire du vent limite niveau Katrina. Et bien oui, peut être, mais c’est du vent homologué ! En Australie, on a donc le droit, et même le devoir de raconter du vent, mais attention, ce vent dois être présent dans le cours. En Australie, du vent oui, mais du vent en boîte !

Je vous laisse donc imaginer à quel point je passe des moments agréables à lire et relire mes powerpoints. Parce que c’est ça qui, à nous français, nous pose problème : en France, on n’a pas besoin d’apprendre du vent. En Australie, il faut l’apprendre. Mais avez-vous déjà essayé d’apprendre par cœur un truc qui ne veut rien dire ? Par exemple ce qui caractérise ce qu’ils appellent les « modèles référence », autre exemple ouraganesque de ce même cours. Je cite :

« Un modèle référence est basé sur un nombre réduit de concepts unificateurs. C’est une abstraction des concepts clés, de leurs relations et de leurs interfaces à la fois entre eux, mais également avec l’environnement extérieur. Il peut être utilisé comme une base à l’enseignement et servir à expliquer les standards aux non spécialistes ».

Bon alors évidemment, la première impression qu’on a, c’est la même pour tous, on se dit « Putain c’est grand ! ». Et oui, un gars a réussi à sortir ce truc là et a ensuite été repris dans des cours à l’université. Personnellement, j’adorerai pouvoir sortir des phrases comme ça que tout le monde répèterait ensuite. Surtout que la cerise sur le gâteau, c’est que cette phrase qui peut sembler anodine, ouvre en fait sur l’autre question que tout le monde se pose « Les systèmes de messages sont-ils de facto des modèles de référence ? ». Question à laquelle on meurt d’envie de répondre par l’autre non moins philosophique question : « et ta mère ! c’est un modèle de référence ? ».

Enfin bref, je ne vous raconte pas comment mon cerveau bugait pour apprendre ça. Je le sentais me dire (enfin se dire) : « Non mais t’es con, ça veut rien dire ton truc ». Bah oui, ça veut rien dire mais il faut que je l’apprenne quand même. C’est un peu un coup à devenir fou. Mais bon, ce partiel est passé (ce samedi matin 8h30, que du bonheur), plutôt même mieux que ce à quoi je m’attendais, mais je reste prudent. Je n’ai jamais senti cette matière.

Cependant, je tiens tout de même à préciser qu’en Australie, on n’apprend pas que du vent. On y apprend même des choses très concrètes qui nous servent au quotidien. Pour preuve, voici une photo d’une pancarte qui est affichée dans chacune des toilettes de ma fac. Je vous recommande de la lire attentivement, c’est très instructif. Bon, mon téléphone n'était pas en forme ce jour là et la photo est pas d'une définition à couper le souffle, je vous ai donc mis les sous-titres.


A part ça, Isabelle a acheté un Risk aujourd'hui (sans doute n'a t-elle pas supporter son humiliante défaite contre moi au Monopoly avant-hier soir). Souvenirs, souvenirs, des soirées à attaquer le Kamchatka en perspective ("tu sais ce qu'il t'attend au Kamchatka ? la MORT !" - private joke), comme au bon vieux temps. D'ailleurs, j'ai retrouvé des vieilles photos pour illustrer ça. Bouais, bon d'accord c'était avec la version Seigneur des Anneaux.



Autre grand événement de la journée, outre le fait qu'il a fait beau alors qu'on pensait qu'il allait pleuvoir : je me suis fait rembourser mon vélo. Enfin j'attends le chèque qu'ils vont m'envoyer. Mais du coup, c'est encore mieux que de le revendre en occaz : tu l'achètes, tu l'utilises, tu le casses et tu te le fais rembourser. Bon, j'exagère, c'était quand même vraiment de la merde ce vélo et c'était une honte qu'il était en libre vente.

Ah, et j'oubliais : j'ai un nouveau mystère ! J'ai deux shorts, un jean et une chemise qui ont disparu. Alors bon, encore un autre grand brainstorming hier soir, toujours pas de solution. Peut va t-il encore demander à qui vous savez. Peut-être qu'il me les a emprunté parce qu'il avait fait un truc "embarrassing" et "dirty" avec les siens. Enfin bon, quand même, ça ne me rassure pas.