mercredi, août 22, 2007

Prenons notre courage à deux mains et essayons donc de nous plonger dans la rédaction de ces dernières vacances (vous c'est le courage de se plonger dans la lecture, chacun sa croix). Si tout se passe bien, ca devrait être torché en 2 parties.


Je suis donc parti avec Quentin, l'autre stagiaire français de ma boîte dans le Top End, région appelée ainsi car elle se situe tout au nord de l'Australie. Pour prolonger quelque peu cette partie "géographique" dont tout le monde se fout mais sans qui ce blog ne pourrait plus être qualifé de culturel, il conviendrait de rajouter que le Top End se situe dans l'Etat du Nothern Territory. Il est tout a fait possible de discuter la pertinence d'une telle appellation étant donné que cet Etat se prolonge jusqu'au centre du pays (là où y'a le gros cailloux), mais bon s'embarquer dans un débat si épineux avec des novices de l'Australie comme vous ne serait pas une sage décision.

Donc graphiquement, le Top End c'est en haut de la partie rose

Le Nothern Territory s'étale sur 1 346 000 km² et possède le nombre étourdissant de 192 898 habitants, soit 1% de la population australienne. Par contre, 29% de la population aborigène y vit et d'ailleurs la deuxième langue la plus parlée après l’anglais est le Djambarrpuyngu (le fameux) suivi par l’Arrernte, le Grec ( ? ), le Kriol et le Warlpiri. Dès qu'il y a du soleil, ceux-là, on ne peut plus les arrêter. Ca fait quand même 40 000 ans qu'ils squattent là. Mais la vraie statistique à retenir et qui, je le sais, passionnera une grande partie de mon (immense) lectorat, c'est que cet endroit a l'un des plus hauts taux de consommation d'alcool au monde avec un très joli et respectable 1120 verres par an et par personne (ha la la, ces aborigènes, incorrigibles...).

Un petit zoom pour voir où se situent les 3 regions qu'on a fait : Darwin, Kakadu et Katherine.

Passons maintenant à la partie épique de notre récit. Nous sommes partis un lundi, après un bon week end de repos. Les dates ont été dictées par les prix des billets d'avion. J'étais d'ailleurs content, mon patron ayant tardé à me donner son accord, les billets qu'on visait ont été vendus et j’ai donc réussi à obtenir quelques jours supplémentaires pour retomber sur des prix raisonnables. Ce que je ne savais pas, individu naïf que je suis, c'est que mes vacances n'allaient pas m'être payées...

Après 4h de vol au lieu de 4h45 car, comme l'a si bien dit le pilote, le vent nous était favorable, nous avons donc atteint Darwin, capitale du Nothern Territory visitable en 3 heures. Nous n'avions pas vraiment de plan. Nous avions juste réservé une voiture que nous devions récupérer le lendemain et une première nuit dans une auberge de jeunesse très crade. Tout s'est donc décidé très vite le lendemain matin, après que nous ayons récupéré notre splendide Hyundai Getz jaune (la dame de l'agence nous a dit que comme ça, on ne la perdra pas). Vu que nous étions censés partir pour les parcs nationaux, nous nous sommes dit que le camping ne serait pas forcément une mauvaise idée. Le problème, c'était que nous n'avions aucun matériel. Heureusement, nous avons trouvé cet australien qui tenait cette petite boutique de location à la carte de matos de camping et qui nous a bien sauvé la mise. Après une série de :
- "Alors, on a besoin d'une tente"
- "Too easy !"
- "on a besoin de sacs de couchages"
- "Too easy !"
- "on a besoin d'un réchaud"
- "Too easy !"
etc...
nous étions partis pour les contrées paumées et déconnectées de ce pays paumé et déconnecté. Mais nous ne sommes pas partis sans précautions. En effet, notre ami fournisseur de matériel de camping nous avait prévenu :

-"Surtout, n'oubliez pas d'acheter les bières !"
-"C'est bon on fera ça sur place "
- "Mais vous êtes fous ??, on ne peut pas acheter d'alcool là bas ! Et y'a même pas de pub !! Vous imaginez ?? Pas de pub ! Ah non non, il faut que vous achetiez l'alcool avant de partir, sinon vous êtes foutus. Vous n'imaginez pas le nombre de personnes qui se font avoir quand elles decouvrent l'absence complète d'alcool"

Sa mine horrifée d'Australien typique qui nous implorait de prévoir notre alcool avant de partir pour kakadu, comme on implorerait un inconscient de prendre de l'eau avant une traversée du Sahara avait suffit à nous convaincre et un nouveau stop s'imposait. Il nous avait aussi fortement conseillé le spray anti-moustiques.

Ces derniers préparatifs effectués, nous étions enfin en route pour le Kakadu National Park (toute personne à qui une blague foireuse est passée par la tête en lisant le nom du lieu devrait grandir un peu).


Nos premiers instants avec notre Hyundai Getz

3 heures de route. Et genre des routes toutes droites sur des kilomètres. C'est tellement plat et y'a tellement pas grand chose qu'ils ne se sont pas vraiment pris la tête pour les construire.

C'est donc bien droit

Nous avons fait une halte en route, pour voir les fameuses termitières. Des trucs énormes qui peuvent mesurer 4 à 5 mètres de haut et qui, je n’ai pas trop compris comment, sont censés pointer vers le nord pour des raisons de température intérieure mais bon, pour moi, elle avait plutôt l’air de pointer vers le ciel. Nous flânions donc, rêveurs, entre les termitières lorsque, tout a coup, un bruit dans les broussailles fit bondir Quentin, qui ne put en même temps s'empêcher de lâcher un petit cri appeuré. Il s’agissait tout simplement de notre premier kangourou sauvage ! Et oui, après un an en Australie et en ayant tout de même pas trop mal voyagé dans ce pays, j’ai enfin vu mon premier kangourou autre part que dans un zoo. Je n’ai pas eu le temps de dégainer mon appareil photo pour immortaliser cet événement historique car il faut avouer que ça court vite ces bestioles. Plus tard, nous apprendrons d’ailleurs qu’en plus, ça n’a aucun odorat et que c’est franchement con.

Ca calme quand meme de se dire que ces petites saloperies construisent des trucs pareil

Arrivés dans le parc, nous avons repéré une petite route en terre sur le côté et nous nous sommes dit que ça serait une merveilleuse idée que de la prendre vu que le contrat spécifiait clairement qu'il était interdit de conduire sur des routes non goudronnées. En fait le seul problème, c'était que les vilains 4x4 qui étaient passés par là avant avaient fait des marques dans la terre, plein de petites bosses. Du coup, on avait un peu l'impression d'être dans un vibromasseur. Bien que ça mettait Quentin dans des états d'excitation pas possibles, nous nous sommes dit que ce n'était pas une très bonne idée pour les suspensions du bolide et nous avons rebroussé chemin.

No comment. Juste pour le style.

Il nous fallait par conséquent trouver une nouvelle occupation pour l’après midi. Il y avait sur le chemin une petite balade à faire au bord d’un billabong (nom qualifiant une petite étendue d'eau). Apparemment c’est un endroit vachement bien pour observer les oiseaux. Bon le truc, c’est qu'on s’en foutait un peu des oiseaux, mais bon, il fallait bien rentabiliser notre journée. Nous avons donc regardé les oiseaux pendant 15 minutes avant de nous lancer dans la petite balade qu’il y avait également à faire. Notre grand problème c’était que nous étions en pleine saison sèche. Alors c’est très bien niveau climat, paysages et tout et tout, mais le truc embêtant c’est que les crocodiles d’eau de mer (les plus dangereux, le genre de machin qui, quand ça commence à te gnacker, y’a assez peu de chance de s’en sortir) ne sont plus dans les billabongs parce qu’il n’y a plus assez d’eau. Bref, en d’autres termes, il n’y a vraiment que des oiseaux. Nous avons tout de même effectué notre marche, quand, Ô surprise, nous aperçûmes au loin un groupe de quelques kangourous en train de se délecter de quelques succulentes pousses d'herbes cramées par le soleil. Pour vous, nous avons donc préparé un plan diabolique afin de les faire fuir et de les filmer en même temps (bon alors, c'est des petits).



Nous avions donc vu, dès notre premier jour 4 kangourous et avons estimé que notre journée avait été suffisamment remplie et que nous pouvions nous diriger vers le camping. Nous sommes arrivés sur Jabiru, village le plus important de Kakadu (qui possède un commissariat, une bibliothèque et même un petit tribunal). En fait on avait prévu de n'y arriver que le lendemain. Nous avions donc pris une sacrée avance sur notre planning.

L'objectif du lendemain était alors de se rendre à Oenpelli, un village aborigène pour lequel il faut un permis afin de pouvoir y aller. Nous avions envoyé la demande pour le permis 2 semaines plus tôt, mais pas pour la bonne date, et il nous fallait donc essayer de la changer. A notre grande surprise, ceci se fit sans aucun problème. A partir du moment où ils ramassaient leur argent (et oui le permit est payant), ils s'en fichaient. Autre problème, la route était en terre sur 15 km. Nous étions donc tiraillés entre d'un côté notre contrat de location, et de l'autre les panneaux disant qu'un 4x4 n'était pas nécessaire pour se rendre là bas. Assoiffés d'aventure, nous avons donc choisi d'y aller. Autre charmante petite particularité, avant que la route ne soit plus goudronnée, il y a un petit cours d'eau à traverser : la Alligator River (ces imbéciles d'européens, quand ils sont arrivés, ont cru que c'était des alligators alors que ce sont des crocos - pfff...). Et puis on ne peut pas le traverser tout le temps puisque son niveau dépend de la marée. Là aussi, beaucoup d'hésitation, et puis, après avoir observé de nombreuses autres voitures passer (et il faut l'avouer, surtout des 4x4), nous avons décidé de nous jeter à l'eau (pardonnez ce mauvais jeu de mot). La encore, petite vidéo sans intérêt majeur…

La route pour Oenpelli

C'est donc passé sans aucun problème et nous étions sur la route pour Oenpelli. La route était vraiment superbe. De la belle terre rouge comme sur les photos et un superbe paysage pour aller avec. Et puis en plus elle était largement praticable. Nous sommes donc arrivés facilement dans le village. Seulement, notre permis précisait qu'il était absolument interdit de s'y arrêter, sauf à l'Art Center... En effet, le seul endroit où il était possible de faire halte était un endroit pour touristes, une boutique d'art aborigène. La raison invoquée, et qui est compréhensible, est de protéger les villages aborigènes des ravages du tourisme. Ce que l'on comprend moins bien du coup, c'est comment ils justifient le permis. On tombe dans un système, qui finalement est assez fréquent dans ce pays, qui est de payer afin de pouvoir acheter : on doit payer pour avoir le droit d'aller dans une boutique. Mais bon, il faut admettre que contrairement à ce que l'on peut voir dans la majorité des boutiques souvenirs en Australie, ces peintures aborigènes étaient de bien meilleure qualité et vraiment authentiques. Du coup, on a effectivement repayé après avoir payé... Il faut dire que nous avions du temps. La marée étant remontée, nous avions 2 heures à tuer avant de pouvoir retraverser la rivière.

On n'avait pas la classe franchement ?

D'ailleurs, grâce à la Hyundai Getz, Quentin a réussi à séduire une petite australienne qu'il va ramener en France.

Ca on pouvait juste le voir, pas le droit d'y aller sinon on était hors la loi. Terre aborigène. ils ne se font pas chier quand même dans les endroits qu'ils choisissent. Ah bah c'est sûr qu'ils ne sont pas allés s'installer en Roumanie (mes excuses à mon potentiel lectorat roumain).

Nous sommes ensuite allés à Ubirr. Un endroit plein de rochers avec des peintures datant de plusieurs dizaines de milliers d'années et une superbe vue sur le parc. Nous nous y sommes donc baladés une bonne heure et avons ensuite repris la voiture pour Nourlangie, autre site connu pour ses peintures mais dont nous nous souviendrons surtout pour ses mouches insupportables qui agressent les touristes en permanence et leur fait écourter leurs visites, ceux-ci ne rêvant plus que de courrir se réfugier dans leur bagnole à l'abris de ces insectes détestables.


Ouais bah un rocher quoi...

Un rocher + de l'eau, attention, on monte en gamme

Des rochers + Arnaud. Le must.

Après cette journée très culturelle, nous nous sommes finalement dirigés vers notre camping du soir. Nous voulions, le lendemain, aller voir des chutes d'eau très connues en Australie. Seulement, là, nous n'avions aucun doute sur la capacité de notre Hyundai Getz jaune 5 portes à nous y mener. Nous n'avions pas le choix et il nous fallait réserver un tour organisé pour la journée afin de nous y rendre. La mauvaise surprise du soir fût que tous les tours étaient complets pour le lendemain. Tant pis, nous allions perdre notre avance et trouver une occupation pour la journée en attendant le tour du surlendemain. Malheureusement, parce que l'on n’est jamais assez bête dans une vie, nous avons attendu le lendemain pour réserver et bien sûr, entre temps, toutes les places avaient été prises. Nous n'avions plus d'alternatives, nous allions donc faire une croix sur les Jim Jim et les Twin Falls.

Nourlangie Rock un endroit reputé pour ses peintures aborigènes. Nous apprécierons notamment ce petit billabong très sympathique.

Bon alors au début c'est mignon. Ca découvre la peinture et ça fait des traces de mains.

Et puis après, comme d'habitude, ça verse dans l'obscenité

Nous sommes néanmoins allés voir le “Highlight” de Kakadu : sa mine d’uranium à ciel ouvert ! Pour cela, il nous a fallu remonter jusqu'à Jabiru. Nous en avons d’ailleurs profité pour y faire quelques courses.

La mine d’uranium de Kakadu est très controversée, et ce pour 3 raisons principales. Premièrement, Kakadu est un parc naturel considéré comme un des « joyaux » de l’Australie, autant vous dire que ce gros truc moche et radioactif fait un peu tâche. Deuxièmement, les australiens ne sont généralement pas super fans du nucléaire, mais bon, disons quand même qu’ils tolèrent les mines, toute la production étant destinée a l’exportation (l’Australie ne possède qu’une seule centrale nucléaire) et le prix de l’uranium ne cessant de grimper (le gars expliquait d’ailleurs qu’ils faisaient un peu exprès de creuser lentement car plus ils attendaient, plus ils pouvaient revendre leur truc cher) ça fait quand même de l’argent facile pour le pays. La troisième et dernière raison vient encore une fois de ces trouble-fêtes d’aborigènes (qui pourtant picolent). Alors visiblement, ces chieurs n’aiment pas trop l’idée qu’une multinationale fasse des grands trous dans la terre de leurs ancêtres à coups de dynamite et ils pensent qu’un terrible malheur va s’abattre sur la région parce que les esprits ne seront pas contents, du coup ils vivent un peu dans une peur constante. Heureusement, notre guide nous a dit que la mine respectait parfaitement les croyances aborigènes. Tu m’étonnes, un cratère radioactif de 3 km de diamètre en plein milieu d’une région où les aborigènes chassent le kangourou et titillent le crocodile depuis 40 000 ans, si ça ce n’est pas du respect…

Parfait exemple de respect des croyances aborigènes.

Mais bon c’était rigolo. Sauf quand on est rentré dans le site. Là s’était à base de "à votre droite, la centrale électrique, à votre gauche, les bâtiments administratifs, re à votre droite, là ou on stock le manganèse, etc..". Quentin s’est d’ailleurs endormi pendant 30 minutes. Moi je suis resté éveillé au cas ou un truc intéressant se passait, mais non, pas de chance.

La mine fut donc notre vraie seule activité de la journée. Nous sommes quand même allés faire la photo clichée avec le panneau "traversée de kangourous" (et c'est vrai que des kangourous éclatés, on en voit partout au bord des routes, on a d'ailleurs failli s'en faire un) et nous étions partis pour un long trajet. Nous allions rejoindre Katherine et son parc naturel, le Nitimiluk National Park et ses Gorges.

Bon, on a fait plus de la moitié là. Donc l'objectif des 2 parties devrait logiquement être atteint.

6 commentaires:

Mum a dit…

De retour à Bécon...toujours autant de plaisir à lire ta prose !! et à voir les photos
En revanche, je note le faible nombre de commentaires, y compris dans un contexte où tu es supposé t'être fait de nouveaux amis.
Bises

Sarah a dit…

Très intéressant tout ça, mais je note que tu es moins ironique que d'habitude, je suis donc tout de même un peu déçue.
J'espre que le prochain post sera donc meilleur.

Arnaud a dit…

Maman, mes amis ne sont que virtuels, ils sont sur Facebook, voila pourquoi les commentaires sont si peu nombreux.

Sarah, je t'emmerde. Et ce n'est pas ironique non plus.

Anonyme a dit…

J'aime votre voiture, on sent que pour toi c'est un petit être. Pour le prochain post j'aimerai que tu mettes plus de photos d'Arnaud en camping car j'aime bien Arnaud en camping, c'est là qu'il donne le meilleur de lui même. Sacré Arnaud hahahaha ...

Julien a dit…

Merveilleux compte rendu d'un merveileux voyage... Je me manifeste principalement pour grossir le nombre de tes amis reels...
En attendant la merveilleuse suite

Arnaud a dit…

Antoine, puisque c'est demandé si gentimement, je vais faire mon possible pour le prochain. Mais ca ne sera pas évident. Je n'ai que peu de photos de camping (par contre de la Hyundai Getz j'en ai a la pelle)

Julien, tu n'imagines pas à quel point je suis touché par ta déclaration d'amitié réelle. En plus je ne t'ai même pas sur Facebook...
Sinon content de voir ton commentaire, ca veut dire que ton bureau athénien est équipé d'extincteurs, ce qui est un plus non négligeable face à ces tragiques événements qui touchent le Pénopolèse (quoique l'information a disparu du site du Monde, ça a du s'éteindre d'un coup - par contre la fin du monopole est annoncée sur les courses hippiques et les utilisateurs de Facebook dont, dois-je le rappeler, je fais partie, s'enflamment pour Velib'). Voila un esprit aventurier, C'est sûr que ça n'aurait pas été en restant sur Paris cet été que tu te serais retrouvé au milieu des flammes.