lundi, septembre 11, 2006

Bon, j'ai encore du lourd pour vous cette semaine.

Tout d'avord, pour faire plaisir à Gaëlle-Anne, qui s'était montrée particulièrement enthousiaste lorsque j'ai mis le truc des toilettes, revoici une petite vidéo pédagogique très intéressante. En fait, c'est mon émission préférée à la télé australienne, voire la seule émission que j'aime bien. C'est une émission qui me permet d'apprendre des nouveaux mots de façon ludique. Je l'ai filmée pour vous...

Bon alors en fait, ce passage raconte l'histoire de la naissance du papillon. J'ai coupé une bonne partie du truc, mais l'essentiel est là. Pour ceux qui auraient du mal ça raconte l'histoire d'une chenille (the little caterpillar) qui bien qu'elle aime son arbre, regrette de ne pas avoir d'ailes pour pouvoir aller jouer avec son amie l'abeille (en fait, y'a d'autres insectes qui viennent lui rendre visite mais je les ai zappés). A la fin (et c'est là mon passage préféré), la chenille se transforme en papillon (j'espere ne pas vous avoir bouffé le suspens).

Voici une fenêtre youtube (et oui, je me suis dit que ça serait bien si le monde entier pouvait en profiter - n'empeche, déjà 6 personnes l'on vues alors que je ne l'ai pas encore postée), mais pour les exigeants qui veulent une bonne qualité, vous pouvez télécharger la vidéo ici (clic droit, "enregstrer la cible du lien sous")



Pour ceux, qui voudraient absolument la réponse à la grande question posée à la fin, à savoir si les chèvres ont des ailes. La réponse est non : le gars part vérifier et, après une inspection minutieuse de l'animal, il conclut qu'une chèvre n'a pas d'ailes, mais 4 pattes.



Ensuite, comme chaque jeudi, pour fêter le week-end, après mes 12 heures de cours hebdomadaires, je suis allez au bottle shop, et j'ai acheté du vin français. Ce vin, je l'avais repéré la semaine dernière et l'étiquette m'avait plutôt fait rire. L'Arrogant Frog, doit être le vin français qui se vend le plus. Il est en tête de gondole à plusieurs endroits dans le magasin et est décliné en rosé et en blanc. Il est plutôt cher et plutôt dégueulasse aussi. Ce vin m'a surtout rappelé mon mémoire d'économie industrielle de cette année (d'ailleurs, peut-être qu'un de mes collègues pour ce travail et qui est actuellement en Nouvelle Zélande a trouvé le même). Les vins français sont chers et moins bon que la concurrence étrangère et notamment australienne. Nos exportations de vin se cassent la gueule, mais grâce à un marketing adequat, on peut relancer la machine. Ce vin reste cher et mauvais, mais parce qu'il y a cette grenouille arrogante et franchouillarde dessus, il séduit la clientèle et ça marche... enfin pour l'instant. A côté de ça, il y avait aussi des vins français classiques et complètement hors de prix par rapport à ce qui se fait ici. Pas étonnant qu'on se ramasse.

Bon, je vous mets l'étiquette de derrière aussi, pour ses deux dernières lignes, mais aussi parce qu'ils osent se défendre d'avoir réellement un bon vin qui reflète le savoir-faire français.



Enfin, ce bottle shop est un endroit marrant. Ils nous ont même fait une bonne blague il y a quelques semaines, qui, ma foi, reflète bien le mode de fonctionnement australien, voire anglo-saxon.

C'était un vendredi soir et nous allions, avec mes collocs allemands, acheter quelques bouteilles pour notre soirée à notre bottle shop habituel (le plus grand de Brisbane, le moins cher, et juste à côté de chez nous - vous comprenez maintenant comment j'ai choisi mon logement). A l'entrée, un gars, visiblement récemment embauché, vérifiait les cartes d'identité pour s'assurer qu'aucun mineur ne pénètre dans ce biture-land. Malheureusement, Sandra avait oublié son 18+ card (la carte qu'on achète car elle est la seule, avec le passeport, à faire foie - vous noterez au passage le jeu de mot subtil) et n'avait sur elle que sa carte d'étudiante, ce qui a bien sûr été rejeté par le "videur". Thorsten et moi, qui étions déjà rentrés à l'intérieur, demandâmes donc à Sandra, qui était de l'autre côté de la barrière, ce qu'elle voulait afin de lui éviter de faire un aller-retour. Une fois en possession de la liste complète (Sandra boit beaucoup) nous sommes donc partis faire nos petites courses, quand, 3 minutes plus tard, notre ami videur débile vint nous voir, et nous annonça, en baissant les yeux, qu'il était navré, mais qu'il ne pouvait pas nous servir, "because of that girl". En gros, parce qu'on avait demandé à Sandra ce qu'elle voulait devant le videur, et qu'elle n'avait pas prouvé qu'elle était majeure, le magasin refusait de nous servir nous deux, qui avions notre carte sur nous. Quand il m'a dit ça, j'ai bien sûr éclaté de rire et lui ai demandé :
-"Is that a joke ???"
- "I'm afraid not sir, I'm sorry, I've just asked to my manager, and..."

Donc voila comment ça s'est passé dans sa tête :

1. Demander carte d'identité.
2. Si carte = passeport ou carte = 18+ card, dire "cheers" et laisser passer. Sinon, se mettre en travers de la porte

Et alors ce qui s'est passé ensuite est d'un autre niveau. Quand on a demandé à Sandra ce qu'elle voulait, le gars n'a pas bronché. Mais dans sa tête, il devait se dire "Non mais attends, ils sont en train de me feinter là ! Et puis je veux bien faire mon travail". Du coup, il est parti voir son manager et est revenu vers nous tout penaud car sachant qu'il allait dire une connerie. Parce que bien sûr, la réponse qui vient ensuite, c'est "Mais si on avait discuté de ça à l'extérieur ou si Thorsten lui avait demandé en allemand, vous n'auriez rien pu dire". La réponse dans ce cas là est prévisible et fataliste : "désolé, c'est le réglement". On a dû retourner chez nous chercher la 18+ card de Sandra pour pouvoir finalement acheter quelque chose.

Autant, cette organisation et cette manière de prévoir tout ce qu'il peut se passer avec un règlement assez stricte peut être diablement efficace. Je prends juste l'exemple de l'université ici, et ben je suis sidéré par leur efficacité. Ils ont un SI gigantesque et des gens bien formés qui savent exactement quelles tâches ils ont à effectuer. Je vous assure, c'est d'un autre niveau que Merlier, Camilleri ou la logistique (et encore, je n'ose pas comparer avec ce que j'ai entendu des facs françaises), mais alors quand ça bug, ça bug. Pas moyen de faire une exception ou de se débrouiller intelligemment : la tâche a effectuer n'avait pas clairement été définie par la procedure donc dans ce cas là, on verouille.

Enfin voila pour la petite anecdote pseudo révélatrice du bottle-shop.

A part ça, en parlant d'alcool, la semaine dernière, nous sommes allés au casino. Mila, notre colloc singapourienne, n'arrêtait pas de nous en parler (même si avant hier soir, alors que nous étions en soirée à un autre endroit, elle nous a sorti "I hate the casino, I just go there because of my friends"). Là encore, expérience culturelle intéressante. La moyenne d'âge est bien sûr plus élevée que dans des boîtes normales, mais ce qui est intéressant, c'est le nombre d'adultes de plus de 40 ans qui viennent se mettre des races. Parce que leur concept du casino est moins classe que le notre, et certains y viennent juste pour se mettre une mine au bar. Nous avons d'ailleurs fait une rencontre intéressante ce soir là.

Ce qu'il faut savoir avant tout, c'est que les australiens peuvent vous débaler leur vie sans problème. Il n'est pas rare, en attendant le bus qu'un australien que vous ne connaissez pas, vienne vous raconter les détails de sa journée (à quelle heure il s'est levé, si il s'est lavé les fesses (spécial dédicasse), etc.). Bref, ce soir là, nous avons rencontré une australienne bourrée de 34 ans, mariée à 19 ans, ayant 3 enfants et larguée par son mari (ce connard) depuis 5 mois - ce fut après que Mila eut parlé avec une nana qui avait largué son mari parce qu'il la battait (je vous, dis, ils n'ont aucun problème pour raconter leur vie). La conversation s'est naturellement engagée après qu'elle ait renversé son vers de vodka sur mon jean. Elle a commencé par nous expliqué fièrement qu'elle avait bu les deux tiers d'une bouteille de vodka et qu'elle était complètement ravagée (ça on s'en était douté). Puis, elle nous a demandé d'où on venait, mais je n'ai pas répondu (c'est chiant à chaque fois de dire que untel vient de là, untel de là, etc.) donc elle a cru que j'étais allemand, et après, elle nous a expliqué qu'elle n'aimait pas les français, car ils étaient arrogants. Je lui ai alors dit que j'étais français et elle s'est encore une fois excusé, comme pour mon jean. Elle nous a alors dit que elle, elle n'avait jamais foutu les pieds en dehors d'Australie à cause de ses putain de gamins qui l'empechaient de bouger. Puis, je ne sais pas pourquoi, elle a voulu nous montrer sa photo d'identité qui se trouvait dans son portefeuille, qui lui se trouvait, chose intéressante, dans son soutien gorge... (elle avait 34 ans, mais paraissait 45 ans clocharde et alcoolique). En fait elle n'avait pas de sac à main ni de poches, juste un soutien gorge (et oui, elle pouvait être sûr que personne n'allait rien lui piquer comme ça). Enfin bref, ensuite elle a buggé et répétait en boucle "Enjoy life! Me, I'm old now, but I'm enjoying life", genre "moi j'ai gaché ma vie en me mariant à 19 ans, tout ça pour me faire plaquer et me retrouver avec des gamins et ne pas pouvoir voyager, du coup je me met des mines en ayant l'impression que je rattrape le temps perdu, alors qu'au fond de moi je sais très bien que non". Moi j'imaginais juste la discussion des gamins avec la nourrisse :
- "Elle est où Maman ?"
- "Maman se met une grosse race au casino comme tous les vendredis soir"
- "Elle rentre quand ?"
- "Vers 6 heures, mais ne vous inquiétez pas, vous serez reveillés par son haleine quand elle viendra vous faire un bisou avant d'aller se coucher".
Enfin de compte, c'était assez triste comme conversation.

Sinon, ce samedi, avec Thorsten, on a été chez Dominos Pizza. On aime bien y aller parce qu'on rigole toujours là bas, je ne sais pas trop pourquoi. Je ne sais pas comment c'est en France (car, à l'INT on se payait le luxe de se les faire livrer gratuitement), mais ici, ils ont un écran qui affiche l'ensemble des commandes, avec le nom du client et le temps à attendre avant que la pizza ne soit prête. Alors au début, le grand jeu (vous verrez, c'est drôle), c'est de faire genre "Oh tiens, regarde, Nicole vient chercher sa pizza comme chaque samedi soir", "Oh, voila Trent et son chien" etc. Puis, nous avons trouvé un nouveau jeu, dont je ne suis pas peu fier car j'en suis le vrai inventeur. Cela consiste tout simplement à donner un faux nom. La dernère fois, par exemple, j'étais "Ducon". Alors, forcément, déjà, on rigole comme des demeurés quand on voit le nom sur l'écran, mais le plus drôle (tout est relatif me direz vous) c'est quand la pizza est prête et que le gars arrive:
- "Eh Ducon, is that you ?"
- "Yes it's me !"
Enfin voila, on s'occupe comme on peu, on a quand même 8 minutes à attendre...

Dans le genre plus sérieux et studieux ("I'm a nerd"), j'ai fait ma présentation devant ma classe d'australiens de 40 ans. Je suis passé en tout dernier, après qu'ils aient chacun joué leur fayot en faisant des supers powerpoints et en parlant très vite et avec beaucoup d'aisance, comme si c'était la seule langue qu'il parlait depuis 40 ans. Moi, j'avais fait un truc tout pourri, et j'en étais conscient, mais j'avais ma technique: parler avec un super accent français et un powerpoint bourré de fautes d'orthographe (enfin j'imagine). Bien sûr, auparavant, j'avais bien fait attention de harceler le prof par mail en lui disant que je n'étais qu'un pauvre français débile et que c'était injuste que je sois tout seul à faire ce travail alors que les autres étaient en groupe (je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais mon binome australien m'a laché). Et ben ça a vachement bien marché. L'accent français (qu'en fait je n'avais pas trop accentué, vu que je me sentais super mal à l'aise dans cette situation et que dans ce cas, l'accent se fait naturellement très prononcé) a fait apparaître un grand sourire de compassion, du style "Oh regardez comme il est tout mignon et tout con !", et du coup, à la fin j'ai eu le droit à des applaudissements (bon, ils font ça pour tout le monde, comme en France, mais mon prof avait l'air particulièrement convaincu). Donc ça, c'est validé.

Et voila pour "mes palpitantes aventures de cette semaine". "C'était vraiment très intéressant".

Quelques autres pensées en vrac :

  • Il a fait un temps de merde aujourd'hui, je vais demander à l'INT de rembourser le billet d'avion
  • Hakon, le norvégien bizarre qui sort avec des rouleaux de PQ a finalement décidé de rester (je pense que l'agence de location l'a envoyé péter car il a signé pour 6 mois). Du coup il se sent un peu con et tente de se rendre un peu plus sociable. Je l'ai même vu sortir les poubelles vendredi.
  • On a enfin une carte de location de DVD pour pallier à la nullité de la télé. Malheureusement, ils n'ont pas grand chose de terrible terrible en stock.
  • Steve Irwin est toujours mort et passe toujours à la télé
  • j'ai fait un gratin de courgettes cette semaine
  • Je suis en vacances dans deux semaines et vous, vous reprenez bientôt les cours.
  • Voici une blague faite par un de mes profs : 2 pommes de terres se retrouvent dans un four. La première dit "Dis donc, il fait chaud ici !" et la deuxième répond "Putain, une pomme de terre qui parle !"
  • Mon vélo est en réparation. J'ai perdu une pédale. En fait c'est la deuxième fois que ça m'arrive, mais la première fois je l'avais fait réparer gratuitement chez les gens super sympas qui vendent des motos pas loin de chez nous. Malheureusement, la pédale est retombée trois jours plus tard. Le truc c'est qu'Alistair, qui a le même vélo que moi a également le même problème (pédale tombée, réparée, retombée). Nous sommes donc retournés au magasin avec nos vélos respectifs, la pédale à la main. La caissière a éclaté de rire. Enfin, ils ont renvoyé nos vélos à l'usine. Trois solutions : ils nous les réparent, ils nous les échangent, ils nous les remboursent. Suspens... On devrait les récupérer cette semaine (là encore, plus efficace que Decathlon).
  • Petit sondage intéressant vu à la télé aujourd'hui : 50% des Australiens pensent qu'il est bon de taper leurs enfants jusqu'à laisser une marque pour les corriger. 10% des Australiens utilisent des instruments, style ceinture ou bâton pour punir leurs gamins.
  • je suis en train de regarder une course de moto à la télé. Ca veut dire qu'il faut que j'aille me coucher

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ah ba voilà ! A force de me faire passer pour une obsédée des courgettes c'est les autres qui s'y mettent. La honte...
Petit conseil d'ami : met de côté tes idées préconçues et tente les courgettes carbo accompagnées d'un petit vin australien, tu feras un tabac.
Nous, les abandonnés de l'INT, nous nous préparons à une rentrée de folie. Vous êtes vraiment tous des lâcheurs.