mercredi, octobre 11, 2006

Bon, après l’interlude nécessaire de la semaine dernière, revenons maintenant à ce qui vous intéresse tous. Ce pour quoi vous venez chaque jour de plus en plus nombreux sur ce blog et y laissez vos milliers de commentaires en réponses à mes écrits provocateurs qui suscitent réflexions et débats, je veux bien sûr parler de ma passionnante vie à Brisbane !

Alors, comme vous l’avez sûrement compris (enfin je l’espère pour vous), je suis rentré sain et sauf de vacances mardi (vacances sans intérêt, puisque je n’ai pas vu de crocodile ou de casoar – c’est la traduction pour cassowary, merci Maman). A mon retour, une jolie lettre de notre nouvelle agence de location m’attendait et m’exhortait de payer mon loyer, ce que je n’avais pas fait depuis le 19 septembre (nous étions le 3 octobre). Ma première grande action de mon retour à Brisbane fût donc de les appeler pour leur dire qu’ils étaient mignons tout plein avec leur lettre, que ça m’avait beaucoup touché, mais que je ne les connaissais pas et que donc, s’ils voulaient que je les paye, il fallait qu’ils me disent comment faire. Toutes mes tentatives désespérées de trouver un moyen de les payer sans me déplacer échouèrent et je décidai donc de m’y rendre le vendredi.

Jeudi, j’ai vu mes amis chinois de mon groupe de travail pour un cours où on a un truc super chiant à rendre. Ils étaient ravis, parce qu’on a eu 87,5/100 à notre premier dossier, dossier dont ils sont les principaux auteurs. Mais jeudi était aussi la dernière soirée de Nadine à Brisbane et nous nous devions donc de sortir. Nous sommes allés au Victory, un bar qui commence un peu à me saouler. C’était bondé en bas, et en haut la musique était naze et trop forte, le genre d’endroit où on fait un bond d’un mètre de haut à chaque fois qu’une basse retentit (heureusement, ils ont fixé le plafond à 3 mètres du sol). J’en ai donc eu marre, et j’ai décidé de rentrer plus tôt. N’ayant pas envie de payer un taxi tout seul, je suis rentré à pied jusqu’à chez moi, ce qui a pris 45 minutes. Arrivé à la maison, je me suis rendu compte que j’avais oublié mes clés (en fait normalement je ne les prends jamais mais je rentre toujours avec les autres). J’avais bien 3 collocs qui étaient à la maison et qui dormaient (dont le fameux et inquiétant norvégien) mais je n’avais pas envie de les réveiller. J’ai donc fait le tour de notre vaste propriété et ai essayé chaque porte. Visiblement, ce n’était pas mon jour de chance, elles étaient toutes fermées (je n’ai pas essayé celle qui donne de dehors à la chambre de l’épouvantail norvégien). J’ai donc refait un tour en essayant toutes les fenêtres, mais là encore, elles étaient toutes fermées… sauf celle de la salle de bain d’en bas, une toute petite fenêtre à plus d’un mètre du sol. Mon seul espoir. C’est une petite fenêtre qui s’ouvre en glissant vers le haut, sauf que celle-ci n’avait pas de petit loquet pour la laisser ouverte. Qu’à cela ne tienne, je monte sur un truc surélevé et commence à rentrer la tête la première. J’ai une vu plongeante sur la salle de bain, c’est tout à fait magnifique. Mon buste est à l’intérieur, mes pieds à l’extérieur, la fenêtre est refermée sur mon dos. Je me dis juste qu’heureusement personne n’est là pour me prendre en photo. Je redoute en même temps de voir surgir Hakon, le très troublant norvégien, avec un fusil, décidé à protéger sa propriété des cambrioleurs. Je continue ma descente, je pose une main sur le rebord de la baignoire, l’autre sur le lavabo. La fenêtre râpe mon dos. Je fais rentrer un pied à l’intérieur que j’arrive à poser sur le sol. C’est très acrobatique, j’ai l’impression de jouer à twister. J’arrive finalement à rentrer. Je suis très fier de moi. Je monte sur la terrasse et décide d’ouvrir une bière pour fêter ça. A ce moment là, mes collocs rentrent à la maison.

Et enfin nous arrivons à vendredi, la journée la plus exceptionnelle de la semaine. Je me réveille prend mon café et m’enferme dans ma chambre, la vie en collocation m’ayant rendu de très mauvais poil le matin. Un peu plus tard, une fois mes esprits retrouvés et entendant du bruit sur la terrasse, je me décide à faire une première sortie. Je ne fus pas déçu. Le gars des travaux étaient en train de nous installer un nouveau barbecue sur la terrasse ! Enfin nos multiples coups de gueules avaient porté leurs fruits. Je m’empresse donc d’aller répandre la nouvelle aux différents étages, puis vais voir le courrier. Deuxième bonne nouvelle, ma carte bleue est arrivée. D’une humeur éclatante, je file donc prendre ma douche pour passer au bureau de poste. J’enjambe le vélo de Sandra (le mien étant au magasin et venant d’être réparé), mets mon magnifique casque qui me donne cet air intello que j’affectionne tant, et m’en vais. Je descends donc Longlands Street, une rue en pente, à toute vitesse, lorsque tout à coup, Vlan !

Non, je ne suis pas tombé (haha, vous êtes déçus hein ?) mais ai reçu un coup sur le casque. Je me demande ce que c’est et me retourne. Je me rends compte que je suis pris en chasse par un oiseau plus grand qu’un pigeon. Celui-ci est revenu 5 fois à la charge. Toujours la même chose : je me retourne, le vois, je regarde la route, j’entends FFLLL FLLL FLL, et CHPOK ! sur le casque. Il m’a bien suivi sur 200 mètres. Bien que parfaitement indolore, c’est assez désagréable d’être attaqué comme ça par un oiseau. Surtout que franchement, lui, c’était un acharné de la vie. Très probablement un vieil oiseau aigri passant son temps à faire souffrir les autres pour oublier ses propres échecs (c’est ça ou boire). Enfin bon, il a fini par partir. Au début, je me demandais si ce n’était pas une feinte et s’il n’allait pas surgir d’une boite aux lettres, mais non, visiblement il s’était découragé.

Sur le chemin du retour, je l’ai cherché mais pas trouvé, j’étais pourtant bien décidé à l’éclater. Parce que si y’a bien un truc qui m’énerve, ce sont les animaux qui se la pètent. Qui est-ce qui détruit la nature ? Qui est responsable de l’extinction d’un très grands nombre d’espèces chaque année ? Le réchauffement climatique, c’est qui ? Et ben malgré ça, ce petit piaf ridicule a osé se mesurer à moi. Donc sur le chemin du retour, j’avais décidé d’appliquer le principe « tolérance zéro » et passer l’oiseau au karcher. Je pense qu’il a senti ma rage et n’a pas osé me reprovoquer.

Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive en Australie. Une autre fois un autre tout petit oiseau m’avait aussi attaqué, mais cette fois j’étais immobile, il m’a attaqué 3 fois et a arrêté (je devais baisser la tête pour l’esquiver). En fait, ce sont des oiseaux qui protègent leur nid, mais ils ont un peu trop la confiance.

Pendant l’après midi, nous sommes allés à Highgate Hill, là où se trouve notre nouvelle agence de location, après avoir récupéré nos vélos réparés (quand je vous dis que c’était une journée extraordinaire). Ce qu’il faut savoir, c’est que Highgate Hill est à Brisbane, ce que l’Everest est au monde (sisi). Nous sommes donc arrivés là bas complètement en sueur (en plus il faisait super chaud) et avons fait une entrée triomphale dans l’agence. Genre, puant la transpi, mouillant le sol et haletant comme des porcs. La nana de l’accueil s’est cachée derrière son bureau. Un gars est venu nous accueillir en se bouchant le nez.

- Bonjour ! On vient payer notre loyer

- D’accord

- Je peux payer par carte bleue ?

- Non

- Ah, il y a un distributeur dans le coin ?

- Non, le plus proche est en bas de Highgate Hill

- Euh, tu déconnes papi ?

- Non, mais vous pouvez payer dans n’importe quelle banque Westpac, comme celle qui est à côté de chez vous.

- Ah bon, bon bah au revoir.

Le soir, j’ai perdu au Monopoly face à Isabelle qui avait le pion en forme de koala, mais dans mon cœur, je sais que j’ai gagné.

Autre grand événement de cette semaine pleine de rebondissements, la sortie du samedi soir. L’objectif était de nous rendre à Caxton Street, juste à côté du stade où de jouait le match de foot Australie-Paraguay. Depuis la coupe du monde, le foot est en train de devenir de plus en plus populaire, et à la télé, ce stade de 50000 personnes avait l’air plein. Mes collocs voulaient donc aller là bas pour profiter de l’ambiance tristement beauf qui y régnait. Je n’ai donc pas eu d’autre choix que de les suivre. Nous sommes arrivés dans une espèce de grand endroit, visiblement réputé pour être le bar où les gens vont après les matchs. Tous les gens portaient des maillots australiens ou paraguayens, voire brésilien pour ceux qui avaient du mal en géographie. D’ailleurs, en parlant avec une australienne ce soir là, celle-ci disait « Le Paraguay ? Mais pourquoi on joue contre eux ? Pourquoi ils viennent à Brisbane ? Ils ne savent même pas où c’est ! Et nous, on ne sait pas où c’est le Paraguay ! ». J’ai trouvé cette phrase très belle et pleine de courage. A la fin de la soirée, nous avons décidé que nous avions besoin d’un drapeau d’une marque de bière pour décorer notre maison. Nous avons donc, en toute subtilité, quand le gars qui décrochait les drapeaux pour les ranger eut le dos tourné, subtilisé ce splendide drapeau XXXX bitter (je précise pour Christophe que XXXX, c’est une bière locale, pas un signe ayant un quelconque caractère pornographique, et que bitter signifie « amer »). Nous aurons tout de même une pensée pour l’homme aux drapeaux qui s’est sûrement fait licencier depuis.




Lundi, j’ai finalement racheté un téléphone portable. Je suis donc de retour dans le monde des vivants et vais même pouvoir commencer à envoyer des CV.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je te trouve bien trop injuste avec les oiseaux, l'Australie te change beaucoup !

Arnaud a dit…

Injuste ? Et mon droit de circuler librement ? Cet oiseau était un oiseau nazi, c'est tout.