jeudi, novembre 16, 2006

Bon alors en fait j’avais un post qui était tout prêt depuis mardi, mais il était nul alors j’ai décidé de le recommencer. En effet, obtenir une mauvaise critique dans Le Monde alors que ma brillante carrière de blogueur acclamé démarre n’aurait pas été très judicieux. Mais bon, faisons fi de tous ces états d’âmes qui obscurcissent notre quotidien et parlons plus tôt de ce qui nous rassemble tous sur ces pages : ma vie.

Commençons tout d’abord par la fin : aujourd’hui, je suis en grandes vacances. Et oui, c’est l’été et les petits australiens ont 3 mois de vacances pour fêter Noël au soleil. Alors, moi je vous avoue, je n’y crois pas une seconde que Noël c’est dans 1 mois et demi. Le mercure commence à monter en flèche et imaginer un sapin de Noël sous ce soleil me déprimerait profondément (ceci dit on commence à voir les décos de Noël dans les magasins, notamment des faux sapins). En parlant de beau temps, aujourd’hui, pour mon dernier partiel, j’ai décidé de me la jouer maxi-touriste : pas de sac à dos, juste un stylo dans la poche (mais Mont-Blanc s’il vous plaît – de cette façon, je rassure ma Maman en insinuant par une pirouette littéraire très subtile que je ne l’ai pas perdu), un t-shirt, un short, des lunettes de soleil, des tongs et mon Ipod (que je ne me suis toujours pas fait voler non plus). Bref, j’avais le look du genre de gars qu’on prend au sérieux quand il rentre dans une salle d’examen, sauf que cette fois je ne suis pas parti au bout d’une heure et demie, durée minimale pendant laquelle on doit rester dans la salle. Et oui, j’ai bien dû y rester 2h20 ! (sur 3 heures). Au partiel d’avant, j’étais parti au bout d’une heure et demie pile, mais bon, je n’avais besoin que de 4/50 pour valider (trop de stress) grâce à mes amis chinois qui m’ont fait avoir des super notes aux deux dossiers qu’on ils avaient rendu (87,5/100 et 95/100).

Enfin bref, c’est les vacances, et pour fêter ça avant l’heure, je suis parti le week-end dernier à Byron Bay avec Sandra, Isabelle et Felipe. Byron Bay, c’est dans le New South Wales (Nouvelles Galles du Sud pour les grenouilles) et c’est le deuxième endroit le plus touristique de cet Etat après Sydney. Pour tout vous dire, Byron Bay, c’est à au moins 2 heures de voiture de Brisbane et 1 heure de décalage horaire. Un truc de taré quoi ! Et puis Byron Bay, c’est à une heure (je crois) de Nimbin – la ville hippie de l’Australie où, étonnamment, les vaillantes forces de l’ordre australiennes ont l’air de fermer les yeux sur la consommation de substances illicites. Je ne suis pas allé à Nimbin, mais il paraît que c’est marrant parce qu’il n’y a que des hippies défoncés et de toutes les couleurs (et j’imagine que quand on est défoncé et qu’on voit des hippies défoncés de toutes les couleurs, ça doit être encore plus drôle). D’ailleurs, beaucoup de « backpackers » (les routards en quelque sorte) passent à Nimbin et y restent beaucoup plus longtemps que prévu : parce qu’ils sont tout le temps stone, ils n’arrivent plus à décoller. Mais bon, en même temps, ce sont des backpackers, pas des membres de l’élite intellectuelle mondiale. Parce que les auberges de jeunesse, au début, on trouve ça sympa. C’est plein de jeunes qui partent à la conquête de l’immensité du territoire australien, et l’Australie est le pays qui a le plus d’auberges de jeunesse. Mais à la longue, les backpackers, ça saoule parce que finalement, les conversations y sont rarement intéressantes et les rencontres, la plupart du temps superficielles – on se comporte avec quelqu’un comme si c’était son meilleur porte alors que quelques jours plus tard on lui dira adieu sans trop de regrets. Voici, une scène typique prenant place dans une auberge de jeunesse. Pour planter le décor (pour mes lecteurs du troisième âge), il faut préciser que tout jeune qui se respecte, et nous le savons à l’INT, doit en permanence avoir de l’alcool à portée de main. Donc dans les auberges de jeunesse, tout le monde a des bières pour passer le temps le soir.

- « Hey salut, j’peux me poser avec vous pour quelques bières ? »

[Interlude culturelle : il me semble important de préciser que la personne est à ce moment là équipée d’une magnifique glacière bleue contenant sans doute plusieurs dizaines de bières. De plus, le mot bière est un mot fondamental de la langue anglaise, à tel point qu’on l’omet souvent. Par exemple, ici, notre nouveau camarade nous a dit « Can I join you to share a few ». La présence du mot « beer » étant tout à fait facultative. De la même manière, nous dirons « Yeah, I’ll just go there and have a few », mais retournons plutôt à la suite de notre récit]

- « Ouais, bien sûr ! [d’un ton faussement enthousiaste] »

- « Alors vous venez d’où »

- « De tels pays, et toi ? »

- « De ce pays »

Alors là deux, solutions, soit on connaît la géographie du pays et on se risque à demander d’où exactement vient la personne pour lui faire croire qu’on s’intéresse à elle, sinon on réponds juste OK

- « Ok »

- « Et vous avez fait quoi en Australie »

- « Bah en fait, on est étudiants, blablalbla »

- « Ah ouais, c’est cool »

A ce moment là s’installe un silence embarrassant qui nous force à poser la question :

- « Et toi tu as fait quoi ? »

- « Alors moi je suis allé là, et puis là et puis là et puis là et puis là et là »

- « Ah bah c’est bien »

- « Ouais »

- « … »

- « Bon, bah les gars, passez une bonne soirée et à plus tard »

- « Ouais ciao »

Et la personne reprend sa glacière, et s’en va recommencer la même conversation avec d’autres gens.

Bref, en fait les backpackers contrairement à ce qu’on pourrait croire, sont tous des clones. C’est ce qu’on se disait à Byron Bay. Et puis sincèrement, ils gueulent tout le temps, sans aucun respect pour les autres gens qui pourraient par exemple avoir l’étrange idée de dormir à 4 heures du matin. Enfin bref, on est loin de l’image de la personne qui part à l’aventure dans les coins reculés du monde. Plus des jeunes beaufs qui picolent jusqu’à tard et ensuite passent leur journée dans la salle télé de l’auberge de jeunesse alors qu’il fait un temps superbe (bon d’accord je caricature à donf, mais sinon c’est pas marrant).

Une plage de surf de Byron Bay

Le beau temps de Byron Bay

Nous sommes donc restés trois jours à Byron Bay. Le soleil tapait sérieusement, je pense que je n’ai jamais vu ça. L’indice UV devait être de 13. L’échelle monte jusqu’à 15. J’avais ma crème solaire Nivea Sun en Spray indice 30. J’en ai mis toutes les 20 minutes sinon je brûlais. Vous auriez du voir la pauvre Isabelle qui s’était contentée d’une application par heure. Et pourtant, Isabelle, c’est le genre de personne qui est tellement blanche qu’elle devrait réfléchir les rayons du soleil au lieu de les absorber. Et pourtant, Isabelle est passée du navet à la tomate. Mais pas moi, parce que je suis responsable. Donc oui, on s’est fait une journée plage, vous comprenez, on avait une heure de décalage horaire dans les pattes et un voyage exténuant, il fallait donc bien qu’on se repose. Toutefois, quelques baignades quelque peu agitées à cause de la force des vagues et surtout des nombreux requins qu’il faut courageusement combattre et abattre toutes les 30 secondes, agrémentèrent notre journée bien remplie. J’ai aussi accompli quelque chose de fondamental en Australie qui va enfin me permettre de parfaitement m’intégrer à la population : j’ai acheté des tongs (flip-flops en anglais) ! En Australie (enfin en tous cas dans le Queensland), les tongs, sont les chaussures les plus répandues. Même à Brisbane, qui n’est pas au bord de la mer, on va faire ses courses en tongs, on va en cours en tong, bref, on a la tong attitude. Et bah moi je ne l’avais pas jusqu’à ce jour, où j’ai enfin décidé d’acheter ces précieux accessoires de mode. Ce sont des Flojos (l’homologue australien des Fluchos ? – private joke). Elles sont noires, profilées et très élégantes, fini les « Non tu ne peux pas rentrer, tu portes des baskets ! ».

En ce qui concerne les soirées, ce n’était pas la grosse teuf. Enfin si un soir c’était blindé, mais nous n’étions pas en grande forme, nous avons préféré aller dormir. A 3 heures du matin, nos charmants « colocataires » ricains avec qui nous partagions les salles communes de notre modeste « appartement » sont rentrés complètement torchés et on beuglé jusqu’à 5 heures, j’étais aux anges. Le lendemain, nous sommes tout de même allés faire un tour du côté du phare de Byron Bay (qui aurait aussi pu être le phare de Disney Land) et notamment du point le plus à l’est de l’Australie. C’était un moment magique. On sent vraiment qu’on est à l’Est, sans doute à cause de l’atmosphère très « est » qui y règne. Alors pour donner un peu d’intérêt au point le plus à l’est de l’Australie, je me suis dit que c’était quelque part le point d’Australie le plus éloigné de la France (après faut nager), mais non, dans le Sud de l’Australie, on est plus loin. Donc le point le plus à l’Est de l’Australie est parfaitement sans intérêt.

Le point le plus à l'est de l'Australie

Les merveilles qu'on trouve au point le plus à l'est de l'Australie

Mais à Byron Bay, il y a aussi des gens trop coool ! On sent que Nimbin n'est pas loin...

Sinon, je réalise que je vous ai laissé sans nouvelle de mon dernier mystère de la disparition de deux shorts, une chemise et un jean. Ils ont tout simplement été volés pendant qu’ils séchaient sur la corde à linge. En effet, il semblerait que des personnes pénètrent dans notre jardin la nuit (la porte étant ouverte). Thorsten s’est fait chourer son maillot de bain et Sandra, plus embêtant, son vélo ! Nous avons donc rappelé l’agence pour les sommer de nous fournir la télécommande permettant de contrôler la porte du jardin, ce que nous avaient jusqu’à présent refusé les proprios, mais maintenant, on est énervé. Bref, j’ai plus qu’un short et vu les montées de température, il va falloir que j’en rachète (quoiqu’il parait qu’une vague de froid monte vers le nord – il a neigé dans le Queensland pour la première fois depuis 65 ans - et c'est l'été ici, et le Queensland c'est ze "sunshine state", c'est d'ailleurs là où je suis mais chez moi ça va plutôt bien pourl'instant).

Et oui, même s'il y a des endroits où il fait très froid en ce moment en Australie, moi ça va (avec joli coup de soleil dans le dos)

Et voici une grenouille qui nous a divertis pendant toute une soirée. On ne voit pas bien, mais elle a deux glandes à poison sur la tête (des boursouflures sur les côtés) et quand les autres animaux la mangent, ils meurent (source : Felipe, expert en crapeaux et présent sur cette photo). Comprenez le risque pour un français, réputé pour manger des grenouilles.

Autre événement important de ces derniers jours, le départ d’Alistair. La collocation descend donc à 5 personnes (Hakon non compris). Prochain départ jeudi prochain, celui de Felipe et Isabelle à la toute fin de ce mois. La fin de 4 mois et demie de collocation approche, ce n’est franchement pas rigolo : bientôt, nous ne pourrons plus jouer au Risk.

Enfin, nous devrions la semaine prochaine partir à Surfers Paradise. En effet, en Australie, à la fin des cours, tous les étudiants vont sur la Gold Coast et font la méga teuf pendant 10 jours. D’après la télé 50 000 étudiants sont attendus à Surfers Paradise. Un départ pour Fraser Island est également en préparation pour la fin de la semaine prochaine et je devrais finalement avoir plus d’infos sur un éventuel stage lundi.

Sinon, pour parler des relations franco-australiennes, ce n’est pas la grosse joie. Figurez-vous, que Villepin a franchement énervé les australiens avec ses histoires de taxer les produits venant de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto (ce qui est le cas de l’Australie dont le premier ministre, bien que 80% de la population australienne souhaite la ratification du traité, à encore réaffirmé suite au dossier de l’anglais sur le réchauffement climatique et l’économie, que cela n’avait aucun sens pour l’économie australienne – exactement comme Bush dont il est le petit chien comme Blair). Du coup, les journaux australiens étaient pas mal remontés hier. Il y avait un titre qui se terminait par « Back Off, Frogs ». En fait, ce qui les énerve surtout, c’est qu’on ait fait des essais nucléaires pendant 30 ans à côté de l’Australie et qu’on vienne la ramener en matière d’écologie.

Enfin, pour terminer ce post qui est déjà trop long, je tenais à rendre hommage et à remercier les personnes qui continuent à entretenir ma mémoire en France, je veux parler de celles et ceux qui étaient présents à l’anniversaire de Sarah et qui ont pu se recueillir autour de ma photo dressée sur la table. Bref, une mise en scène mortuaire comme je les aime, à tel point que le serveur aurait demandé « C’est en la mémoire de Monsieur ? », donc merci beaucoup pour ça. Et puis au-delà de ça, chers amis de Courbevoie et autres cités malfamées du 92, ça m’a vraiment fait super plaisir de voir des photos de vous, bande d’égoïstes qui ne tenez pas de blog. Donc je n’étais pas là physiquement, mais ma photo y était et vous avez pu la vénérer et vous savez combien ça compte pour moi, aspirant dictateur et futur empereur de France, de savoir qu’il y a déjà des gens dans le monde qui se recueillent autour de ma photo.

Me voilà élevé au rang d'une divinité

Ma photo tronant au milieu de la table. Si tout le monde faisait ça, le monde irait mieux.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'ai entendu dire que Kim Jong Il souffrait d'un diabète de type 2 qui a tendance à fortement s'aggraver ces derniers temps. Tu devrais envoyer ton CV :-)

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