mercredi, novembre 29, 2006

Et oui, vous le savez sans doute, c’est la saison des départs, alors, en hommage à ces quelques mois de joyeuse collocation, nous avons décidé avec les collocs survivants, c'est-à-dire Sandra, Isabelle, Thorsten et moi (Hakon étant considéré comme un colloc mort-vivant) de partir pour un dernier week-end, à Fraser Island, la plus grande île de sable du monde (Tin Tin !). Deux intrus allemands nous ont néanmoins rejoints : Julia (à prononcer Youlia) et Christian (à prononcer comme le féminin du prénom en français). L’objectif du voyage : partir passer 3 jours et 2 nuits sur cette île, au milieu de la nature, en camping et avec un 4x4 (seul moyen de locomotion sur l’île).


Mon instant cowboy solitaire

Jeudi, nous avons donc pris un bus en début d’après midi afin de rejoindre Harvey Bay, l’endroit où nous attendait le ferry pour nous rendre sur l’île. Là encore, alors que le trajet doit prendre grosso modo 3 heures en voiture, il nous a fallu 7 heures pour y arriver en bus. Nous avons donc passé une nuit dans une auberge de jeunesse avant de nous lever le lendemain matin à 6 heures afin d’être fin prêt pour aller voir la vidéo de 6h50 qui nous expliquait comment agir sur l’île, comment y conduire, et surtout, comment se protéger des redoutables dingos, les chiens sauvages australiens pouvant être agressifs et ayant déjà tué quelques enfants sur l’île. La cassette nous expliquait donc qu’il fallait être « Dingo aware » et « Dingo smart » en ne leur donnant pas à manger, en ne nous déplaçant jamais seul sur l’île et en croisant les bras si on en rencontrait un sur notre chemin (ce dernier point ayant été brillamment illustré par deux actrices talentueuses dont l’interprétation de la peur puis du soulagement était tout à fait saisissante). Nous avons également récupéré tout le matériel de camping et avons donc embarqué sur le ferry avec notre 4x4 10 personnes pour nous 6.

Un redoutable dingo sanguinaire mangeur d'enfants.

Une méduse échouée, c'est pour Tof, je sais qu'il est amateur.

Mais qu’y a-t-il à faire à Fraser me direz-vous ? Globalement, une journée à Fraser consiste à aller se baigner dans les lacs, se promener avec le 4x4 et camper au milieu de la forêt tropicale ou sur la plage. Et surtout, on passe beaucoup de temps à sortir et ranger le matériel de camping. Tu veux te faire griller un, steak ? Et ben c’est simple, tu décharges tout parce que la grille est rangée tout au fond. Pourquoi ne pas la ranger à un autre endroit ? Parce qu’une seule disposition permet de faire tenir tout le matos dans un petit espace et celle-ci impose de mettre la grille au fond. Je ne vous raconte pas les matinées sympas, genre réveil à 6h ou 4h pour la deuxième nuit et hop, on nettoie, on remballe, on charge pendant une heure, tout en se sentant sale car pas de douche à proximité, pas de petit dej, et une irrésistible envie de retourner se coucher dans un vrai lit. Ceci dit, maintenant, ça fait un excellent souvenir, sur le coup c'est moins drôle.

Première nuit : camping dans la forêt.

Lever de soleil à 5h après une nuit sur la plage.

Le Lac Mc Kenzee, avec de l'eau très chaude.

Et puis j’ai conduit le 4x4 aussi. C’était la première fois que je conduisais depuis 5 mois, la première fois que le volant était à droite, le levier de vitesse dans la main gauche, et aussi la première fois que je conduisais sans moniteur à côté de moi. Je n’ai bien sûr pas manqué de rappeler tous ces points à mes 5 compagnons de voyage qui, je ne comprends pas pourquoi, n’avaient pas l’air très enthousiastes à l’idée de me laisser conduire. Mais il fallait plus que des réticences pour m’arrêter dans mon élan et j’ai donc démarré la voiture dans nuage de poussière digne d’un grand pilote de rallye.

Notre 4x4 pour polluer l'île.

Non, je déconne, j’ai callé. Et puis j’ai recallé. Et puis j’ai réussi à démarrer. Mais quand j’ai voulu passer la troisième, je me suis planté et j’ai passé la première. La tronche de mes passagers ne cessait de s’assombrir. Mais bon, une minute plus tard, tout allait bien, et je me suis donc bien amusé à conduire ce gros truc dans les bosses et à traverser les petits ruisseaux qui se jettent dans la mer, tout en générant des gerbes d’eau qui venaient mouiller les passagers qui avaient laissé leur fenêtre ouverte. Ca change quand même de la conduite à Evry et Ris Orangis. Rien qu’au niveau du paysage, entre rouler dans la zone industrielle de Corbeil-Essonnes et sur la plage entre l’océan pacifique et la forêt, on sent la différence. Enfin j’ai quand même encore du mal avec le fait de doubler ou de me faire doubler par la droite, genre « Oh la voiture qui était derrière moi a disparu ! ». Heureusement à aucun moment je n’ai tenté de tourner à droite pour me jeter dans l’océan, donc pas de souci.

Me voila au volant et sans accident.

Voila à quoi ça ressemble quand on conduit à l'intérieur de l'île.

L'équipe presque au complet, il manque Isabelle, la photographe.

A part ça, au moment où je vous parle, nous ne sommes plus que 2 dans la maison. Le matin même de notre départ pour Fraser, à 4h, Felipe est parti et nous avons perdu Thorsten en rentrant. Il a continué sa route vers le nord alors qu’Isabelle, Sandra et moi sommes tristement rentrés à Brisbane. Ca devient franchement pas drôle. Et le plus triste, c’est sans doute qu’Hakon, le psychologiquement dérangé norvégien dont le dernier grand exploit pendant notre absence de la maison pour notre voyage à Fraser fut de sortir une poêle électrique dans un coin du jardin, de la laisser retournée et pourrir afin de laisser des petits vers blancs naître dedans est parti sans nous dire au revoir. Je me suis senti trahi. Une telle amitié ruinée par une personne qui s’en va lâchement sans dire au revoir aux personnes qu’elle aimait tant… Non mais sans déconner, c’est tout de même incroyable. Ca fait quand même 5 mois qu’on vit dans la même maison (même si mises bout à bout, la longueur de mes conversations avec lui n’ont pas dû excéder 5 minutes, ce qui fait tout de même une bonne moyenne d’1 minute par mois) et le gars se barre sans dire au revoir. En même temps, il aura été fidèle à lui-même jusqu’au bout.

Bref, l’équation « nombre de personnes < nombre de salles de bain » est devenue vraie ce matin lorsque Isabelle a quitté la maison à 6 heures du matin et que j’avais mal réglé mon réveil (6h45 au lieu de 5h45). Heureusement, elle n’a pas hésité à me réveiller (Isabelle a un don pour réveiller les gens, notamment grâce à sa voix de Barry White). Enfin là j’ai franchement pas compris tout ce qu’il se passait. J’avais la tête dans le cul et le taxi était déjà là, en 3 minutes elle était partie et je suis retourné aller me coucher. Je fais donc publiquement mes excuses à Isabelle pour ce départ foiré. Sandra quant à elle se prépare son voyage à Melbourne et en Tasmanie et moi je serai de retour à Paris le 9 décembre à 6h25 du matin. Franchement, il est temps de partir parce que là, c’est un peu glauque. Je pense que je vais aller voir Borat ce soir ça me fera une bonne activité de soirée, ma coiffeuse m’ayant recommandé ce film.

Aucun commentaire: