mardi, juillet 03, 2007

Nouvelle-Zélande - Part 4

Suite et fin...

(enfin)

En quittant Queenstown...

Après un bon petit McDo pour nous dépayser un peu plus, nous étions repartis. L’objectif était de se rapprocher le plus possible du glacier Franz Joseph. Julie a d’ailleurs conduit une bonne partie du trajet sur une petite route qu’elle a visiblement adoré a tel point que lorsque l’on voulait s’arrêter, elle, refusait de lâcher le volant. Nous avons finalement réussi à la convaincre de se montrer raisonnable (c’est le problème avec Julie, lorsqu’elle boit et conduit en même temps, ce qui finalement arrive assez régulièrement, elle devient vite ingérable) et avons trouvé un point de chute au bord d’un lac (pour changer) où, au moins, nous disions nous, aucun employé municipal ne devrait venir nous saouler. Et nous avions raison puisque nous avons retrouvé nos grasses mat’ inutiles mais habituelles. Nous avons toutefois atteint le glacier dans des temps raisonnables puisque nous avons dû y arriver vers midi. Les panneaux nous avertissaient toutefois qu’il était fortement déconseillé de nous approcher du glacier et qu’il valait mieux nous contenter du lookout point (les lookout - a prononcer loucoute - font patie de la grande famille des outes, très commune en NZ, avec les roundabouts (rondaboute) et les washout (wachoute). Les lookouts sont faits pour voir, les roundabouts pour tourner et les washouts pour faire attention). Nous n’étions cependant pas du genre a prendre peur par un simple panneau ridicule et avons fait comme 95% des gens, nous avons continué.

Bon bah, voila le glacier.

L'opération : "Allons sous la cascade parce qu'on n'a rien de mieux à faire". Loïc à gauche, moi à droite.

Le glacier est peut être l’un des endroits que j’ai le plus apprécié pendant ces 10 jours. Le bon point c'est qu'on a vraiment l'impression d'y être seuls, et vu que c'est plutôt spacieux et joli, c'est assez sympa. La première activité de la journée fut donc de se placer sous une cascade. Etant données les températures proches de 0 degrés, il n’était pas très raisonnable d’envisager de s’y placer sans précautions préalables. Ainsi, Loïc (toujours lui), sponsor officiel en équipement en tout genre, avait (bizarrement) pensé à ramener sa salopette de voile, qui combinée avec son manteau – k-way et ses chaussures de rando étanches constituait une parfaite combinaison à cascade. Juste pour la blague, parce que je suis avant tout quelqu’un de drôle, j’avais mal mis la salopette par-dessus la chaussure gauche, donc du coup je lui ai rendu une chaussure trempée. Pendant que nous amusions, bêtement certes, à nous prendre en photo sous la cascade, Julie et Quentin nous attendaient sagement au glacier, se demandant pourquoi on ne les suivait plus. Lorsque nous avons repris notre marche vers le glacier, nous les avons croisés qui revenaient (ça a bien dû nous prendre 30 minutes cette affaire). Quentin, qui apparemment avait discuté avec des gens qui l’avaient prévenu de l’arrivée imminente de gitans en quête de camping-car a décidé de rentrer défendre notre maison mobile. Quant à Julie, Loïc et moi, nous sommes repartis nous balader du coté du glacier. Nous n’avons pas trop tardé néanmoins car il nous restait encore beaucoup de route a faire. Il fallait vraiment commencer à remonter vers le Nord plutôt rapidement. Nous étions vendredi et nous avion un ferry à prendre le dimanche au Nord de l’ile.

L'antre du glacier à l'intérieur duquel nous pouvions entendre de gros blocs de glaces s'effondrer.

Nous avons donc roulé jusqu'à Punakaiki, qui sous son nom rigolo cache en fait le lieu où se trouvent les très fameux, et non moins rigolotement nommés, Pancakes rocks, appelés ainsi car ils sont striés (comme une pile de pancakes, quoi) et apparemment les chercheurs les plus respectables se disputent encore sur l’origine mystérieuse d’une telle formation. Encore une fois, ce fut toute une aventure de trouver un endroit pour nous poser. Nous avons même terminé dans un cul de sac, un petit chemin non pavé dans les broussailles ou il était impossible de faire demi tour et où nous avons bien galèré pour nous en sortir, réveillant au passage tout le voisinage, qui était en fait un petit amas d’hôtels et d’auberges de jeunesse (Notre sublimissime camping-car faisait bip bip quand il reculait, ce qui, couplé au bruit du moteur de camion en marche arrière bloqué dans la végétation florissante donnait une petite mélodie que tout mécano qui se respecte saurait apprécier). Nous avons malgré tout trouvé un emplacement, au bord d’une rivière et étions donc fin prêt à passer notre avant dernière soirée dans notre palace roulant.

Les fameux Pancakes Rocks. Alors, maintenant qu'il y a la photo, l'appélation ne devient-elle pas évidente ?

Le lendemain, nous sommes bien évidemment allés voir les Pancakes, idéal pour le petit déjeuner (hahaha) et avons recommencé à rouler, l’objectif était de se rapprocher au maximum de Picton, là où notre ferry nous attendait et où nous devions rendre le camping-car. Nous commencions donc à nous diriger clairement vers le nord et avons d’ailleurs roulé une bonne partie de la journée. Nous avons fait un premier arrêt alors que nous avions vu un pont suspendu sur la route. Ca nous a amusé alors on s’y est arrêté et nous sommes baladés dans le coin. Notre deuxième arrêt fut beaucoup plus intéressant puisque nous nous sommes arrêtés dans la charmante petite ville paumée de Murchison. Notre objectif était d’y faire des courses, de déjeuner (bien que nous étions déjà en milieu d'après midi) et de recharger nos appareils photos respectifs. Pour déjeuner, nous sommes allés dans le pub de la ville et nous ne fûmes pas déçus. En effet, plus le temps passait et plus la soirée approchait (17 heures dans cette région du globe), plus le nombre de clients augmentait - et quels clients ! Que des caricatures de familles fermières néo-zélandaises. A la fin, c’était toute la ville qui était là, même les enfants. Certains en short, t-shirt et bottes, comme le veut la vraie tradition et mode Néo-Zélandaise, et ce, même si (voire surtout si) il fait 0 degré. Bref on a eu le droit à un vrai petit défilé de tous les habitants, qui, pour verser encore plus dans la caricature, s'étaient en fait déplacer pour pouvoir suivre le match de rugby du soir.

Après avoir observé cette scène pittoresque pendant quelques temps (on a mit du temps à s'en lasser), fait nos courses, refait le plein d’essence et d’eau, nous partions pour notre dernier gros bout de route du trajet. Nous avions fait l’erreur de faire confiance à Loïc qui nous avait indiqué un endroit où l’on pourrait s’arrêter pour la nuit et qui nous permettrait le lendemain de grimper en haut d’un sommet afin de bénéficier d’une bien sympathique vue sur Marlborough Sounds. L’idée était de récupérer une petite route qui parcourait une sorte de presqu’île, jusqu’à une espèce de montagne (pour être précis). Malheureusement, cette route était beaucoup plus sinueuse que ce que Loïc avait prévu (en étant gentil et en supposant qu’il avait prévu quelque chose) et alors qu’il nous avait annoncé un temps de parcours de 40 minutes, nous n’avions fait, en une heure, que le quart. Nous avons finalement arrêté le camping-car à mi-chemin, à Portage, ayant eu largement notre dose de route pour la journée, mais aussi devant penser au timing du lendemain pour rendre le camping-car avant 17h et prendre le ferry. Ce fut une bonne idée, puisque nous avons réalisé le lendemain que la suite de la route était non goudronnée. Or, d’une, ça nous aurait pris un temps infini d’arriver jusqu’au bout, et de deux, nous n’étions pas autorisés à conduire notre bel engin sur une telle route.

C’était notre dernière soirée dans le camping-car, mais nous étions tous plutôt épuisés par toute la route que nous avions faite. Parmis les moments forts de cette soirée, la prise de photos ridicules de certaines personnes (enfin pas moi quand même) que je ne publierai pas ici afin de ne pas porter atteinte au concept de dignité humaine.

Nous avons pensé, à un moment, de décaler notre ferry et la remise du camping-car d’un jour afin d’avoir le temps de faire la randonnée en haut du sommet. Mais tout ceci allait dépendre du temps qu’il allait faire le lendemain, et bien sur, le temps fut un peu pourri donc nous avons décidé de conserver nos plans d’origine. Nous avons toutefois fait une petite balade, Quentin, toujours aussi parano, nous ayant encore une fois abandonné à la moitié du trajet. Le paysage était très joli mais le temps qu’il faisait a un peu ruiné les photos.

Un paysage, nuageux, de Marlborough Sounds

Il nous fallait ensuite retourner jusqu'à Picton, ville d’où partent les navettes faisant la liaison entre l’île du Sud et l’île du Nord. Nous avons passé une heure et demie à Picton, le temps de refaire tous nos bagages (le camping-car avait atteint un niveau de bordel ambiant assez élevé), de refaire le plein d’essence et de vider l’eau du camping car. Nous sommes arrivés avec une demie heure de retard à l’agence de location, chacun espérant secrêtement que l'agence serait fermée et que nous pourrions ainsi conserver notre camping-car, le 5e compagnon du voyage. Mais il n'en fut rien et l’employée de l'agence était tout sourriante, appréciant visiblement les heures supplémentaires. Les adieux au camping-car furent très difficiles et il est pour moi assez pénible de revenir là dessus étant données les violentes émotions que je ressens et surtout les inévitables sanglots qui m'envahissent à chaque fois que j'essaye de revenir sur cette épisode sensible de ma vie. Le lecteur comprendra ainsi que je ne souhaite pas m'y attarder.

La dame des camping-cars nous a alors conduit jusqu’au ferry qui, en un peu plus de 3 heures nous a amené jusqu'à Wellington, capitale de la NZ. Nous sommes ensuite, Julie Quentin et moi, directement allés nous coucher dans une auberge de jeunesse choisie au hasard (hasard limité tout de même puisqu’il s’agissait de la chaîne de backpackers la plus célèbre) et Loïc est sagement rentré chez lui.

Le lendemain matin, Julie et moi nous sommes levés relativement tôt, pendant que cette feignasse de Quentin continuait tranquillement sa nuit et, après un petit déjeuner bien copieux, nous sommes allés nous acquitter de notre devoir culturel du voyage en allant faire un tour du coté du musée de Wellington au nom rigolo (Te Papa museum) et avons profondément enrichi notre connaissance de la culture Maori ainsi et de l’histoire de l’immigration européenne en NZ (ce fut également l'occasion, sans doute unique dans une vie, d'admirer un possum focilisé dans le tarmac d'une route, fierté du musée qui cherchait par là à rendre hommage à tous ces possums victimes de l'incivilité au volant. Ceci nous a fait un petit pincement au coeur vu que nous nous en étions aussi faits quelques uns sur la route et avons également contribué à la fossilisation de centaines d'autres). Nous sommes ensuite allés rejoindre Quentin, qui s’était fait sortir de son lit par le staff de l’auberge, et Loïc, qui avait réussi à obtenir une pause déjeuner bien méritée après être arrivé une heure en retard au bureau et navigué sur Internet toute la matinée (y croyez-vous ? être en stage et n’avoir rien à faire, un comble…). Une fois la pause déjeuner terminée, Loïc est retourné sillonner l’Internet et Julie, Quentin et moi sommes partis visiter un peu le centre ville. Plus tard, Julie et moi sommes allés (en bus) au sommet du Mont Victoria où nous étions supposés avoir une belle vue sur Wellington sauf que le temps que nous arrivions en haut, il faisait très moche.

Une déclinaison de la Place de la Boule de Nanterre.

Nous sommes ensuite allés récupérer nos bagages à l’auberge de jeunesse afin de nous diriger vers chez Loïc. En effet, notre avion décollait à 6 heures du matin, et vu qu’il s’agissait d’un vol international, il fallait être à l’aéroport à 4 heures. Or, nous avions prévu le soir de se faire un restau et de sortir un peu pour notre dernière soirée de vacances et nous sommes donc arrivés à la conclusion que ça ne valait pas le coup de payer une nuit d’auberge de jeunesse pour seulement quelques heures. Par conséquent, par soucis d’économies, et aussi pour embêter un peu une dernière fois le maître de lieux, il a été convenu que nous squatterions chez Loïc jusqu’à 4 heures (tant pis, nous arriverions un peu en retard à l’aéroport) de telle sorte à ce que nous ne soyons pas, nous Sydneyiens, les seuls à arriver au boulot complètement décalqués le lendemain (ça c'est de la vraie solidarité de camping-carritstes). Ainsi, après un restaurant fort copieux, quelques bières et parties de billard dans un pub et une soirée à lutter pour rester éveillés chez Loïc et à regarder en boucle la vidéo de Sarko bourré (ou "content comme un petit garçon dans la cour des grands" si vous préférez), nous étions dans le taxi, direction l’aéroport. Puis ce fut l’attente interminable pour l’enregistrement des bagages, puis l’attente tout court à cause du retard, puis finalement le décollage et l’arrivée à Sydney vers 8h – 8h15 heure locale (il y a 2 heures de décalage horaire entre la NZ et l’Australie), puis une longue journée de comatage au bureau.

Et c'est ici que nous avons dû abandonner Loïc (oui, je sais, elle est facile)

Pour finir sur une petite touche poétique, une photo d'un bel arc en ciel sur un paysage nettement moins beau.

Et voici enfin, amis lecteurs, la fin de ce récit sur notre voyage en NZ. Je vous félicite, vous qui n’avez pas triché et vraiment tout lu, pour votre endurance et votre patience.

Pour ceux que ça intéresse, et je ne me fais pas d'illusions là dessus, moi et mes collocs ne sommes finalement plus virés de chez nous. Les nouveaux propriétaires veulent bien nous laisser jusqu'à Mai 2007 pour bouger. Bon, on n'a encore rien signé donc ça doit pouvoir encore changer.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Et bien crois le ou non mais ici à Courbevoie, on était tous très inquiets de ne pas savoir où tu allais loger vu que tu étais sensé te faire virer de ton chez toi avec tes colloc' (en fait je devais être le seul à ne pas savoir, toujours tenu à l'écart, mais je si je dis "tous très inquiets" c'est pour l'emphase dramatique).
Bon en tout cas ça à l'air bien la "NZ" tu me donneras des adresses vu que je compte y aller en 2011 pour la coupe du monde de rugby (on ne se refait pas).

Ps : belle place de la boule, c'est criant de vraissemblance ! Quelles vives émotions tu as dû ressentir devant untel spectacle !

Arnaud a dit…

Je me vois dédolé que tu aies été tenu à l'écart de mes soucis de logement. Avant mon départ j'avais pourtant fait promettre aux autres d'être un peu plus sympas avec toi et de mieux t'intégrer, même s'ils n'en avaient pas forcément très envie.

En ce qui concerne la NZ, je pourrais te faire un palmares des toilettes publiques (celles avec chasse d'eau + savon, le luxe).

PS : dans mon coeur, il n'y a qu'une seule place de la boule, et c'est celle de Nanterre.