Series noires
Il y a certains moments où l’on est surpris par l’accumulation et la fréquence d’événements imprévisibles et agaçants. Ce genre d’accumulation qui vous amène au bord de la dépression nerveuse car on se dit que, décidément, Dieu existe et qu’il veut se venger du fait qu’on ne croit pas en lui. Et puis bien sûr ces petits trucs irritants arrivent au moment le moins opportun.
Et bien sachez que le dernier week-end fut un festival de malchance. Déjà, commençons par planter le décor afin de conférer relief et poésie à ce récit féerique. J’avais 3 « assignments » (ce que nous traduirons vulgairement par devoir ou dossier) à rendre, ce qui signifiait beaucoup, beaucoup de travail, sachant qu’il fallait également que je refasse mon CV anglais pour l’envoyer à quelqu’un à qui je l’avais promis pour lundi.
Bon, je dis que le week-end était atroce mais comprenez tout de même que mon week-end commence le jeudi. Et tout commença jeudi. J’avais cours de 17 à 20 heures, mais avais rendez-vous avec mes amis chinois à 16 heures. Je passais donc ma matinée et début d’après midi à travailler sur mon projet de base de données quant tout à coup une coupure de courant se produisit.
Rien de bien inquiétant me direz-vous. C’est ce que nous pensions. Bien sûr, nous connaissions l’existence du disjoncteur et allâmes vérifier que tous les fusibles étaient correctement positionnés. Ce qui était le cas. Nous conclûmes donc qu’il s’agissait d’une coupure générale. Cependant, amis lecteurs, vous me connaissez et savez pertinemment qu’une hypothèse basée sur du vent ne peut suffire à satisfaire mon esprit cartésien. J’enfilai ma paire de Converses qui ne ressemble plus trop à rien et partis à l’aventure, faire le tour du voisinage à l’affût de la moindre lumière ou preuve indiquant la présence d’électricité dans le quartier. Je n’eus pas à chercher bien loin. Le magasin qui vend des salles de bain et des toilettes et qui est situé à deux maisons de chez nous était tout éclairé. Cette découverte me remplit d’émoi et mon esprit semblait devenir fou «Comment se fait-il que ce magasin peut continuer à mettre en valeur ses magnifiques cabinets et leur conférer cet aspect imposant et magistral grâce à un éclairage judicieusement adapté alors que moi, je ne peux pas aller sur Internet et trouver les informations nécessaires à la parfaite réussite de mon dossier et que bientôt, mon ordi n’aura plus de batterie ».
Après de longues heures de débat, nous conclûmes que c’était très certainement le propriétaire (notre ennemi de toujours que nous ne connaissons pas) et qui avait très certainement oublié de payer l’électricité. En effet, pensâmes-nous, que pouvaient donc être toutes ces lettres qui arrivaient au nom du propriétaire et qui ressemblaient aux genre d’enveloppes qui contiennent des factures. Et puis d’ailleurs, n’avions-nous pas décidé d’ouvrir la dernière en date ? Et qu’indiquait-elle ? Et bien que le proprio n’avait pas payé le gaz ! Nous étions dans une rage totale. Felipe qui devait partir à Darwin le soir hésitait même à rester pour combattre avec nous l’agresseur arrogant. Tout comme
Notre réponse fut donc à la mesure de l’agression : nous appelâmes l’agence de location. Tina, la manageuse de notre somptueuse villa, décrocha. Nous lui expliquâmes notre énervement et notre haine de la société et lui dîmes que nous étions prêts brûler la maison si rien n’était fait dans les plus brefs délais. Paralysée par la peur, elle nous déclara qu’elle allait appeler la compagnie d’électricité et qu’elle nous rappellerait dans les plus brefs délais, ce qu’elle ne fit évidemment pas. Malheureusement, j’avais rendez-vous avec mes amis chinois et ne puis aider mes colocataires à préparer notre révolution.
Arrivé à mon rendez-vous, je décidai d’allumer mon ordinateur afin d’expliquer les difficultés que je rencontrais dans l’avancement de mon travail. Cependant, mon ordinateur ne démarra pas. Tout ce qu’il se passa fut cet étrange bruit émanant du disque dur au moment de l’affichage du sublime écran Windows : RRRR RRR RRR. Et puis boum ! Il redémarrait. Bon normalement mon cher ordinateur me faisait ça une fois par semaine mais il finissait toujours par démarrer au bout de la 20e ou 30e tentative. Pas cette fois. Je dû donc quitter mes camarades sans que ce rendez-vous ne me soit d’une quelconque utilité (leur partie du travail était beaucoup plus compliquée que la mienne et j’étais donc parfaitement inutile dans les débats).
Rentré à la maison, l’électricité n’était pas de retour. Nous avons essayé de rappeler la voluptueuse Tina, mais celle-ci ne décrochait pas. Sans doute avait-elle toujours à l’esprit nos déclarations agressives et intimidantes formulées lors du précédant coup de fil. La nuit approchait (il était bientôt 6 heures !) et bientôt nous nous retrouverions dans le noir, sans bougie ni rien. Nous décidâmes donc d’appeler le numéro d’urgence, celui spécifié dans le contrat si on est en galère en dehors des heures d’ouverture de l’agence. La chose qui nous a beaucoup fait rire fut le message d’accueil : « Bonjour, bon alors on vous prévient tout de suite, si on envoie quelqu’un chez vous, ça sera 200$ la demie heure, enfin tarif dégressif quand même, on est sympa ». Bon, nous avons tout de même décidé d’appeler et nous disant que de toute façon Tina n’avait pas rappelé et que c’était notre seule solution de récupérer l’électricité (l’idée de passer une soirée sans musique nous terrifiait). La personne que nous avons eue au bout du fil, après avoir vérifié qu’il n’y avait aucun problème auprès de la compagnie d’électricité, nous dit qu’elle serait là dans l’heure. Nous raccrochâmes, forts satisfaits de nous même. C’est alors que la sulfureuse Tina nous rappela : « Pas de panique j’arrive ! ». Nous ne lui avions pas dit au téléphone que nous avions appelé le numéro d’urgence, nous voulions, comme au théâtre, un dénouement avec tous les personnage dans la même salle.
- « Mais peut-être que le propriétaire voulait appeler quelqu’un d’autre ! ».
- « Euh, on vous a appelé, on n’a pas eu de nouvelles. On a donc suivi les instructions spécifiées dans le contrat ».
- « … »
- « Vous avez le numéro de portable de la personne que vous avez appelée ? »
- « Oui, le voici »
- « Vous êtes où ? »
- « Oh, pas loin, je suis là dans 15 min ! »
- « Ah… A tout à l’heure alors… »
Enfin ceci dit, on a bien fait d’appeler ce numéro. Le problème se situait en fait sur le poteau à l’extérieur. Le fusible situé à
- « L’installation sur le poteau est complètement foutue, ça va recramer très bientôt. N’utilisez pas le four. Si ça déconne encore appelez ce numéro ».
Mais il est revenu quelques minutes plus tard en nous disant qu’il avait appelé la compagnie pour signaler le problème et que de nouvelles personnes allaient débarquer pour changer tout ça dans la même soirée et qu’ils allaient sûrement nous recouper le courant. Effectivement, 1 heure plus tard, vers 20h30, un camion grue a débarqué devant chez nous, a déplacé les voitures qui gênaient l’accès au poteau et nous a changé l’installation. Bon ça n’a pas duré longtemps, 15 minutes pas plus, mais c’était quand même marrant.
Le lendemain, je me suis donc levé tôt pour rattraper le boulot que je n’avais pas pu faire la veille. Seulement, mon ordinateur ne démarrait toujours pas.
--- Attention passage Geek---
J’ai donc tenté de le remettre en marche et ai essayé la merveilleuse fonction « fixboot » offerte par le CD d’installation de Windows. Et ben, ça a tout empiré. Mon ordi ne reconnaissait même plus la partition de Windows. Enfin il la voyait, mais disait qu’elle était en FAT32 alors que c’était du NTFS, et ne repérait pas qu’une version de Windows était déjà installée. Mes compétences en informatique ne me permettant pas de résoudre ce problème, j’ai dû formater et ai par conséquent perdu toutes mes données. Ce qui impliquait automatiquement que je devais refaire tout le travail que j’avais déjà fait. Comme si je n’avais que ça à faire, très franchement. Ma journée fût donc consacrée à la remise en marche de mon ordi, tout en sachant que mon disque dur était endommagé et que ça allait redéconner un jour. Je me disais cependant que je n’avais que deux jours pour rendre mes travaux et qu’il devrait tenir le coup. En milieu d’après midi, quand l’ordi semblait à peu près en état de marche, je me décidai alors à installer ce logiciel dont j’avais besoin pour rendre un de mes travaux. Malheureusement, ce logiciel nécessitait que le Service Pack 2 de Windows soit installé pour fonctionner : 3 nouvelles heures de téléchargement et d’installation. Une nouvelle journée était passée.
--- Fin du passage Geek, je m’excuse pour la gêne occasionnée ---
Dépité et démoralisé, je me décidai à sortir le soir avec mes collocs en me disant que j’avais bien mérité de sortir m’amuser un peu après toutes ces merdes. En effet, Sarah, une amie australienne de Felipe complètement givrée et très rigolote est passée à la maison avec son amie Mel. Son copain venait de la demander en mariage et elle était bien décidée à fêter ça. La soirée fut très sympathique, cependant, Thorsten ne se souvient pas de tout.
Le lendemain, réveil à 9 heures. Installation du fameux logiciel : 2 heures. Ma journée fut très studieuse. J’ai fini mon premier assignment que je devais rendre pour le jour même, samedi. Je suis allé à la fac et ai rendu mon truc. Bon c’est toujours pour le même cours avec les australiens de 40 ans. A chaque fois je fais des trucs tout pourris pour ce cours. A chaque fois je choppe la moyenne. C’est tout ce dont j’ai besoin, de toute façon ce cours me gave. Un de mes compères chinois m’a également appelé. On devait se retrouver le lendemain avec tout le groupe pour se répartir les tâches qu’il restait à faire. Je lui ai dit que j’étais dans l’impossibilité d’endosser plus de travail. Je lui ai décrit, certes plus brièvement, ce que je viens de vous raconter, et on a conclu que je ne viendrai pas à la réunion du lendemain. En plus, il est dans un autre de mes cours pour lesquels j’avais aussi un truc à rendre pour lundi, et on a convenu qu’on se répartirait le travail. Il ferait la troisième partie. Je ferai les deux premières. Je les avais déjà presque finies (enfin j’avais perdu les données, mais je m’en souvenais à peu près), j’étais soulagé. Je me suis par conséquent autorisé une petite soirée sur la terrasse.
Dimanche, j’ai encore rebossé toute la journée. J’avançais pas mal. Quand, cette fois, c’est internet qui nous a lâché. Je n’y croyais pas. Electricité, ordi, et maintenant internet. Etait-ce une caméra cachée ? En plus j’exécutais, habilement je dois bien le dire, une tâche nécessitant des recherches très poussées sur Internet. Impossible donc de continuer. J’ai tout de même pris soin d’avertir mes camarades chinois que mon internet était HS et que donc je ne pourrais pas les joindre. Grand bien m’en a pris puisque quand la connexion s’est remise en marche vers minuit, j’ai découvert cet email où l’un d’entre eux appelait à l’aide car il ne s’en sortait pas avec son boulot. J’ai pu ignorer ce mail. J’ai fini ma soirée vers 3 heures, mon CV refait et envoyé.
Lundi, je devais retrouver pour la dernière fois mon groupe de travail pour rendre le dossier. Je suis donc arrivé au rendez-vous une demie heure en retard. En effet, je n’étais pas censé consulter mes emails et donc, je n’ai appris que très tardivement le RDV de 2h (en fait, ils y étaient depuis midi). Je leur ai dit que je ne pourrai pas y être avant 2h30. J’avais tout le temps de boire mon café. Arrivé sur place, je me suis rendu compte qu’ils n’avaient pas fini leur part du travail (oui, je suis d’accord, c’est honteux). Je me suis donc senti très inutile et je leur ai dit que je reviendrai plus tard, après mon cours qui se finissait à 8 heures (et oui, ils avaient encore beaucoup de travail à faire). Je suis donc rentré chez moi, dégoûté de mon aller-retour inutile et ai commencé à effectuer des sauvegardes dans le but de remplacer le disque dur de mon ordi. Je suis ensuite allé à mon cours de 6 heures.
Sur le chemin, la pédale de mon vélo est une nouvelle fois tombée. J’étais vert de rage. Je venais de le récupérer depuis une ou deux semaines et il est retombé en rade pour le même problème que quand je l’avais amené en réparation. De plus nous arrivions à l’accumulation électricité + ordi + service pack 2 + Internet + vélo, ce qui n’aidait pas à maintenir ma jovialité naturelle et mon amour de la vie. J’ai donc du faire le chemin à pied, la pédale à la main. Les gens rigolaient sur mon chemin, je leur aurais fait bouffer la pédale.
J’ai tout de même assisté à mon dernier cours de Protocoles et services internet, c’était un grand moment d’émotion, j’ai presque versé une larme. J’ai ensuite poireauté 30 minutes, le temps que mon camarade finisse son travail, et nous avons imprimé et rendu notre dossier de 60 pages (je n’en ai écrit que 9 et ils m’ont félicité, je les adore). Vers 9 heures, je suis rentré chez moi, à pied. Il a commencé à pleuvoir beaucoup. J’étais trempé. Mon Ipod n’avait plus de batterie. Je me demandais pourquoi le monde s’acharnait contre moi.
Heureusement, le soir même, Charlotte, que l’on hébergeait depuis quelques jours et qui nous avait déjà ravis en nous préparant des steaks de kangourous au barbecue accompagnés de riz et d’abricots cuits, avait décidé se soir là, son ami hollandais l’ayant rejoint, de nous préparer un autre délicieux repas. J’étais apaisé. Tout était rentré dans l’ordre, le boulot fini, l’électricité fonctionnant toujours et l’internet aussi.
Mardi, j’ai changé le disque dur de mon portable. Il va très bien et vous remercie de l’intérêt que vous lui portez.
Et un autre post de 4 pages de torché !
6 commentaires:
Décidément tu enchaînes grave les emmerdes, ça sera quoi la prochaine fois ? Les sept plaies d'Egypte ? En tout cas j'attends impatiemment la suite, ça risque de pas être triste
++
En même temps, tu peux pas t'étonner,tu te moques vraiment du Bon Dieu des fois, il se venge, c'est tout!
Aller va prier
Sarah
Moi je constate que tu fais de l'exploitation de petits chinois donc je m'insurge!!!!! Bouddha te chatiera aussi!!
Oh François, le premier chinois que j'ai exploité, c'était toi pendant le Challenge et tu n'as rien dis. Alors ne fais pas l'hypocrite.
Es-tu bien sur de m'avoir exploité? A ton avis pourquoi on a pas gagné... C'est parce que en bon petit chinois, j'ai piqué toutes les info pour les revendre en chine et j'ai saboté le travail d'ici pour pas qu'on se rende compte que notre idée était bien!
Saleté de petit chinois, je comprends mieux pourquoi on a perdu...
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